«Une vingtaine de laboratoires d’excellence seront créés au cours de cette année pour mieux répondre aux exigences nationales dans les différentes spécialités C’est une nouveauté qui vise à atteindre l’excellence en matière de projets de recherche», a annoncé, mercredi, le Pr Abdelhafid Aourag, directeur général de la recherche scientifique au ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique en marge d’une rencontre organisée au Centre de recherche sur l’information scientifique et technique (Cerist).
Ces laboratoires, qui seront indépendants des universités couvriront toutes les spécialités, permettront d’encourager les chercheurs qui se distinguent et de promouvoir la recherche scientifique dans le développement économique et social.
«La conjoncture actuelle a démontré plus que jamais le rôle de la recherche scientifique et pendant la pandémie de la Covid-19, l’Etat a trouvé les solutions au niveau des universités avec l’apport des centres de recherche dans le dépistage du coronavirus. Plusieurs universités ont déployé tout leur savoir-faire durant cette conjoncture exceptionnelle et plus de 70.000 tests de dépistage ont été effectués au profit de la population».
Pendant cette crise sanitaire, tous les chercheurs se sont mobilisés pour la production du gel hydro-alcoolique et des masques de protection au profit des étudiants. La pandémie a ainsi permis un rapprochement entre les laboratoires de recherche et les entreprises.
«Nous avons maintenant beaucoup de produits qui sont fabriqués par les industriels algériens avec une demande de l’étranger, notamment pour les équipements de désinfection. Il relève la nécessité de faire confiance aux produits de la recherche développés par les chercheurs algériens et l’importance d’une politique nationale pour booster la recherche au niveau des entreprises et du secteur économique, quasiment absente, excepté certains secteurs qui ont commencé à la développer citant les ministères de l’Agriculture et de la Pêche. «Ce sont les précurseurs de l’intégration de la recherche comme outil de développement dans leur secteur», a indiqué le Pr. Aourag, relevant la nécessité pour d’autres secteurs stratégiques de s’organiser pour développer ce créneau.
Il fera également part d’une forte adhésion de certains secteurs à savoir l’industrie de l’eau, le ministère des Energies et des Mines qui ont la volonté de développer la recherche au sein de l’entreprise.
Création d’un statut de Docteur dans l’entreprise
A ce sujet, la non-reconnaissance du statut du doctorat par l’entreprise pose problème. «Plus de 24.000 titulaires de doctorat sont sans emploi alors que dans tous les pays du monde 70% des doctorants sont recrutés par des entreprises, ce qui booste la recherche à ce niveau, la recherche scientifique constituant la locomotive du développement de toute entreprise. Pour ce faire, le ministère a mis en place un projet de décret visant à intégrer les doctorants au sein des entreprises et à créer un statut de Docteur, ce qui permettra de développer la culture de la recherche au sein de l’entreprise», a-t-il expliqué.
De son côté, Aïssa Mefedjekh, sous-directeur de la programmation, de la recherche et de la prospective au ministère de l’Enseignement supérieur relève l’importance de cette réunion par visioconférence qui regroupe les 69 membres de la commission sectorielle permanente et intervient dans un contexte particulier. Elle comporte des représentants des secteurs économique et social, des enseignants chercheurs et des compétences algériennes à l’intérieur du pays ou à l’étranger.
Au programme de la rencontre, la présentation du bilan annuel de la recherche scientifique, la création des infrastructures de recherche et de développement, à savoir les incubateurs. Il est, également, question de procéder à la sélection d’un certain nombre de laboratoires d’excellence dans plusieurs spécialités : sciences de l’ingénierie, chimie, physique, sciences appliquées et également, le domaine de la santé et des sciences de la vie. La commission sectorielle permanente va définir les critères de l’excellence sur la base de la compétence des chercheurs au niveau du laboratoire et l’évaluation de leurs travaux.
S’agissant du financement, l’Etat interviendra selon la demande conformément à un cahier des charges et l’objectif du projet de recherche.
«Ce financement différa d’un laboratoire à un autre selon la nature des travaux, recherche de développement ou formation des étudiants d’élite.»
Kamelia Hadjib