Face aux recompositions géopolitiques, l’Algérie renforce sa position de partenaire stratégique privilégié de l’Europe.
Alger a accueilli de hauts dirigeants représentant deux nations qui comptent parmi les piliers de l’économie de l’Union européenne. Il s’agit, d’une part, de Mme Giorgia Meloni, présidente du Conseil des ministres italien, qui a effectué une visite de travail et d’amitié le 25 mars, et, d’autre part, de M. José Manuel Albares Bueno, ministre espagnol des Affaires étrangères, de l’Union européenne et de la Coopération, qui s’est rendu à Alger dès le lendemain. Ces deux visites, survenues dans un contexte international marqué par les incertitudes géopolitiques et les recompositions énergétiques, revêtent un cachet particulier, en ce sens qu’elles reflètent, non seulement la solidité, mais plus encore la constance et la crédibilité du partenariat unissant l’Algérie à ces deux pays du sud de l’Europe. Ce constat ne relève ni du chauvinisme de bas étage ni de la flatterie de mauvais goût. Il s’agit d’un témoignage sincère de responsables de deux puissances économiques européens qui reconnaissent le poids de l’Algérie dans l’espace euro-méditerranéen, mais aussi en Afrique, et qui savent pertinemment qu’ils ont affaire à un pays qui tient ses engagements en tout temps et en toute circonstance. La fiabilité de l’Algérie comme partenaire va au-delà de l’Espagne et de l’Italie. D’autres pays européens œuvrent, de leur côté, au renforcement de leur coopération multiforme avec l’Algérie. Il s’agit, notamment de la Serbie, dont le Premier ministre, M. Duro Macut, a effectué une visite de travail en Algérie, du 30 mars au 1er avril. Cette première économie des Balkans occidentaux en termes de PIB, qui affiche une croissance soutenue (environ 3,9% en 2024) rare sur le Vieux continent, veut élargir son champ de coopération avec l’Algérie, pour toucher des domaines qui font sa force, tels que les industries mécaniques, le matériel agricole, les industries manufacturières, le transfert de technologies, la numérisation, l’intelligence artificielle, les matériaux de construction et les industries textiles. La tournée faite, la semaine dernière, par le ministre des Affaires étrangères, de la Communauté nationale à l’étranger et des Affaires africaines, M. Ahmed Attaf, dans trois pays de l’UE, reflète également cette volonté européenne de consolider ses relations avec l’Algérie, puissance régionale et continentale, qui constitue une porte bien ouverte sur le marché africain, et qui s’impose comme un acteur clé dans la sécurité énergétique européenne. Le chef de la diplomatie a enchaîné des visites de travail en Croatie, en Belgique et en Suisse, couronnées par des accords de partenariats, une consolidation de la coopération dans divers domaines et une convergence de vue sur de nombreux dossiers régionaux et internationaux. Ainsi, l’Algérie, comme partenaire énergétique constant et stable, s’affirme davantage dans ce contexte international où certaines routes maritimes énergétiques névralgiques sont affectées par des guerres et des turbulences géopolitiques. Cette reconnaissance sonne comme une réponse cinglante aux lobbies néocolonialistes, qui reprennent du poil de la bête dans l’espace européen, en général, et en France, en particulier, qui voient aujourd’hui que leurs insistantes tentatives de ternir l’image de l’Algérie à l’international, à travers des campagnes médiatiques mensongères, s’avèrent finalement des coups d’épée dans l’eau. Car, malgré leurs pressions constantes au sein, notamment des instances de l’Union européenne, l’Algérie s’impose plus qu’auparavant comme un partenaire sérieux et fiable pour de nombreux pays européens, qui cherchent des relations mutuellement bénéfiques et une coopération gagnant-gagnant. En effet, forte de sa stabilité, de sa crédibilité diplomatique et de ses ressources stratégiques, l’Algérie consolide des relations bilatérales exemplaires avec plusieurs capitales européennes.
Le meilleur exemple de ces relations est bien évidemment l’Italie et l’Espagne, deux pays avec lesquels l’Algérie est liée par un partenariat énergétique des plus solides, qui a bien résisté à l’épreuve du temps et n’a pas cessé de se renforcer au fil des ans.
En effet, la relation entre l’Algérie et l’Italie s’est hissée au rang de référence, en matière de coopération euro-méditerranéenne. Portée par une volonté politique affirmée au plus haut niveau, elle incarne un modèle abouti de partenariat gagnant-gagnant. La dynamique impulsée par le président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, et la présidente du Conseil des ministres italien, Mme Giorgia Meloni, a donné lieu à une intensification sans précédent des échanges. Déjà fournisseur majeur de gaz, l’Algérie s’est affirmée, au cours de ces dernières années, comme un pilier de la sécurité énergétique italienne, dans un contexte de diversification des approvisionnements européens. Mais la coopération algéro-italienne est loin d’être confinée aux hydrocarbures, car elle s’étend désormais à des secteurs d’avenir, tels que les énergies renouvelables, l’hydrogène vert, l’industrie et les infrastructures.
Les relations entre les deux pays se distinguent également par la densité des échanges politiques et économiques, illustrée par des visites croisées régulières et la signature d’accords d’une portée majeure pour les deux nations. L’Italie considère l’Algérie comme un partenaire stable et constant. De son côté, l’Algérie trouve en l’Italie un allié stratégique en Europe, capable de porter une vision pragmatique et équilibrée des relations euro-méditerranéennes. Après une période de tensions, les relations entre l’Algérie et l’Espagne connaissent, de leur côté, un net réchauffement, amorçant un retour à la normalité, dicté par des intérêts communs majeurs. Les échanges récents entre Alger et Madrid témoignent d’une volonté partagée de reconstruire une coopération solide, durable et mutuellement bénéfique. L’Espagne, historiquement liée à l’Algérie par des relations énergétiques et commerciales étroites, redécouvre l’importance stratégique de ce partenaire incontournable. Le gaz demeure un facteur clé dans l’équation énergétique espagnole, mais les perspectives de coopération vont bien au-delà, englobant le commerce, l’investissement et la sécurité régionale.
Dans ce contexte, Alger réaffirme sa doctrine constante reposant sur des partenariats fondés sur la réciprocité et le respect des engagements. Une ligne de conduite qui renforce sa crédibilité sur la scène internationale et rassure davantage ses partenaires européens. Il faut dire que l’Algérie, qui a mené d’importantes réformes politiques et économiques au cours de ces dernières années, a su transformer ses atouts multiples en leviers d’influence, en privilégiant une approche fondée sur l’équilibre des intérêts et la vision à long terme. Les relations qu’entretient l’Algérie avec plusieurs pays européens sont un modèle de partenariat qui pourrait aller au-delà des liens bilatéraux pour redéfinir les rapports entre l’Europe et le continent africain.
M. A. O.
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La publication américaine Foreign Policy l’affirme :
« L’Algérie en phase de devenir une puissance diplomatique et économique »
Foreign Policy, publication américaine spécialisée dans les affaires internationales, a souligné, dans un article paru il y a trois jours, que l’Algérie se positionne comme un acteur stratégique du gaz en Europe et en Afrique de l’Ouest. « Avec la deuxième plus grande réserve de gaz naturel d’Afrique, le pays couvre près de 30 % des besoins annuels en gaz de l’Italie et de l’Espagne via les pipelines TransMed et Medgaz, et négocie une hausse de 15 à 20 % du prix de ses exportations » affirme la publication. « Au-delà de l’énergie, l’Algérie renforce son influence régionale par des partenariats avec la Côte d’Ivoire, le Niger et le Burkina Faso (…). La maîtrise de ses ressources énergétiques devient ainsi un levier de puissance diplomatique et économique, consolidant son rôle sur la scène internationale.»