Atteindre l’excellence en matière de recherche scientifique et de développement technologique, tel est l’objectif du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, qui a mis en place des outils et des mécanismes visant à promouvoir ce concept.
Intervenant à la conférence nationale des établissements publics à caractère scientifique et technologique, tenue avant-hier, le directeur de la recherche scientifique au MESRS, relève la nécessité d’une évaluation plus rigoureuse des compétences. «Aujourd’hui nous sommes arrivés à un stade où la dynamique de production existe, la mobilisation des chercheurs universitaires existe, il faut passer du quantitatif au qualitatif et introduire le mérite et l’excellence», souligne le Pr. Abdelhafid Aourag qui a présenté la stratégie arrêtée par la tutelle en matière de développement.
Selon lui, la recherche scientifique donne à un pays la notoriété et la visibilité permettant de le classer parmi d’autres pays en fonction de la production scientifique. «Nous avons beaucoup de recherche académique, ce qui constitue un facteur d’attractivité à la coopération internationale, l’Algérie est aujourd’hui mieux classée en matière de recherche académique qui a atteint, en 2018, une croissance de production de 32 %. Comparativement aux autres pays, nous avons atteint un taux de croissance plus important que la France et les États-Unis qui se sont stabilisés en matière de production de savoir. L’évaluation d’une recherche scientifique se fait à travers les publications et les brevets pour la recherche technologique», indique-t-il. Pour inciter les chercheurs à la publication, la direction générale de la recherche procédera au financement du laboratoire ou de la structure de recherche à travers le nombre de publications, s’agissant notamment des revues catégorisées. «Nous avons déjà commencé et nous avons déjà enregistré un très grand nombre de laboratoires qui se sont distingués», souligne Aourag. Un décret est en cours d’élaboration pour l’institution d’une prime d’excellence qui sera octroyée aux chercheurs publiant dans certaines revenus. Il fera, également part de la création du statut de laboratoire d’excellence. «C’est un statut national alors que les autres laboratoires classiques ont un statut d’établissement», affirme-t-il.
Il a, par ailleurs, indiqué que le ministère est en train de revoir sa feuille de route dans le cursus des ingénieurs et des formations technologiques pour introduire le concept du Reverse Engineering qui sera obligatoire.
De ce fait, le département ministériel est appelé à développer des outils pour permettre aux ingénieurs, aux titulaires de Master et aux doctorants de développer leurs projets de recherche et de bénéficier d’un accompagnement. Il s’agit de la mise en place d’une nouvelle plate-forme numérique appelée «Ibtikar», à télécharger sur le téléphone mobile pour faire partie du programme national initiée par le ministère de l’Enseignement supérieur dans la maîtrise technologique. Elle offre la possibilité d’effectuer des stages et de bénéficier d’un accompagnement nécessaire pour mettre en place un projet de fin d’études. Les étudiants doivent s’inscrire sur la plate-forme pour avoir un identifiant national dans le domaine technologique. Une plate-forme de dépôt de brevet a été également créée pour les projets de fin d’études. «Ce sont des outils qui permettent d’encourager davantage la recherche scientifique et d’introduire la compétitivité dans le développement technologique», relève le Pr Aourag.
Kamélia Hadjib