Le Théâtre national algérien Mahieddine-Bachtarzi a accueilli, jeudi soir, la comédie musicale Khatem Dzaïr , signée Chakir Bourahla et produite par l’association culturelle Ahl El Fen, à l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre le cancer.
Un rendez-vous artistique et citoyen a réuni un public nombreux, en présence de responsables locaux et de représentants de l’Association El Fedjr d’aide aux personnes atteintes de cancer. D’une durée de deux heures trente, le spectacle propose une immersion dans l’histoire, la mémoire et l’identité algérienne à travers une construction dramaturgique fondée sur la chanson, le jeu scénique et la narration musicale. La trame du récit s’appuie notamment sur des œuvres emblématiques telles que Dzaïr, Bahdja beida mat’houl, Ach eddani lech m’chit et Allô, Allô, revisitées dans une mise en scène contemporaine qui conjugue fidélité au patrimoine et modernité artistique. À travers ces tableaux successifs, Chakir Bourahla compose une fresque sensible où la musique devient un vecteur de transmission culturelle et un langage universel capable de toucher toutes les générations. Chaque chanson s’inscrit dans une narration globale, donnant au spectacle une cohérence dramaturgique et une profondeur émotionnelle remarquables. La performance des artistes constitue l’un des points forts de cette création. Portées par une interprétation sincère et maîtrisée, les voix se déploient avec justesse, soutenues par des chorégraphies harmonieuses et une scénographie épurée. L’ensemble offre un équilibre subtil entre exigence esthétique et accessibilité au grand public. Sur le plan institutionnel, Khatem Dzaïr est le fruit d’une collaboration entre l’association Ahl El Fen, la direction de la Jeunesse et de la promotion de la wilaya d’Alger, l’Agence algérienne pour le rayonnement culturel (AARC) et le Théâtre national algérien. Le spectacle a également bénéficié du parrainage de la ministre de la Culture et des Arts, Malika Bendouda, et du ministre de la Jeunesse, Mustapha Hidaoui, président du Conseil supérieur de la Jeunesse. Au-delà de sa dimension artistique, cette représentation s’inscrit dans une démarche de sensibilisation et de solidarité. Sa programmation à l’occasion de la journée mondiale du cancer témoigne de la volonté des organisateurs de faire du théâtre un espace de mobilisation sociale, en mettant en lumière le combat des personnes atteintes de cette maladie et le rôle essentiel des associations de soutien. L’émotion perceptible dans la salle, ponctuée de longs applaudissements, a confirmé l’adhésion du public à cette proposition artistique engagée. Khatem Dzaïr a su instaurer un véritable dialogue entre la scène et les spectateurs, transformant la soirée en un moment de partage et de réflexion collective. Avec cette comédie musicale ambitieuse, Chakir Bourahla et l’association Ahl El Fen réaffirment la place du spectacle vivant comme levier de préservation du patrimoine, d’expression citoyenne et de rayonnement culturel. Khatem Dzaïr s’impose ainsi comme une œuvre fédératrice, à la croisée de l’art, de la mémoire et de l’engagement.
S. O.