Le commerce électronique, connu aussi sous l’appellation e-commerce, est pratiqué en Algérie, mais pas avec le rythme et la densité souhaités par l’Etat.
C’est le constat fait par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, au cours du Conseil des ministres qui a eu lieu dimanche, l’amenant à ordonner d’offrir davantage de facilités pour développer ce secteur, qui constitue un objectif économique important. Ces facilités peuvent prendre plusieurs formes. Pour identifier les facilités plausibles susceptibles d’être offertes pour généraliser davantage le commerce électronique, il faudrait recenser et vulgariser les avantages de cette pratique.
Les avantages sont multiples, le plus marquant étant la rapidité de l’achat. En effet, la personne intéressée par l’achat d’un produit ou d’un service peut le faire de suite d’un clic après visualisation et sélection du produit ou service concerné, et ce de n’importe quel endroit où il se trouve, pour peu qu’il ait un appareil électronique connecté (smartphone, laptop, ordinateur de bureau, tablette et même un téléviseur doté d’un écran smart) : de chez lui, de son bureau, de sa voiture ou même en marchant dans la rue, sans avoir à se déplacer à l’adresse physique du vendeur ou du fournisseur de service. S’il s’agit d’un produit physique, il n’aura plus qu’à attendre la livraison. S’il s’agit d’un service, la mise à disposition est immédiate.
La plus grande facilité qu’on puisse octroyer pour garantir cette rapidité tant recherchée serait d’améliorer la vitesse du traitement des opérations électroniques et, donc, d’améliorer le débit Internet et cela se constate à travers la généralisation de l’utilisation de la fibre optique à domicile et dans les entreprises ainsi que dans le lancement récent de la 5G pour les smartphones. Reste à soutenir des offres commerciales attrayantes dans la fibre optique et la 5G à l’adresse des particuliers pour les encourager à privilégier le e-commerce. Autre avantage significatif : le fonctionnement 7 jours sur 7 et même 24 heures sur 24 des plateformes de e-commerce. Ainsi, si on a besoin d’acquérir un produit de nuit ou un jour de repos ou férié, il est possible de le faire, surtout pour certains produits comme la nourriture. Même pour d’autres produits dont la livraison est impossible de nuit ou lors d’un jour de repos ou férié, le fait de conclure leur achat par internet garantit leur livraison à la première heure du premier jour ouvrable suivant la commande, d’où un gain de temps certain.
Ce problème ne se pose nullement pour les services : l’acquisition se fait à n’importe quel moment, de jour comme de nuit. Exemple : lorsqu’un utilisateur de smartphone ou d’internet fixe se rend compte, en pleine nuit, que son crédit est épuisé, il peut recharger de suite par voie électronique via la plateforme numérique de son opérateur. Cependant, certains utilisateurs, guère habitués aux manipulations sur smartphone ou sur ordinateur, surtout lorsqu’il s’agit de payer, ont besoin d’assistance à distance.
La facilité qui peut leur être octroyée serait de rendre obligatoire, pour tous les fournisseurs de service de vente à distance, d’un service d’assistance téléphonique disponible 24 heures sur 24. La réduction des espaces physiques de vente (locaux, boutiques, espaces de vente...) constitue un autre avantage susceptible de faciliter et de booster le commerce en ligne. En effet, la location ou l’acquisition d’espaces de vente est une dépense qui se répercute sur le coût du produit car il faut payer le loyer (ou le prix de vente) ainsi que les frais inhérents (aménagement, énergies, eau, personnel...), alors que l’exemption de telles dépenses avec le commerce électronique réduit les coûts et, par conséquent, les prix des produits. C’est comme lorsqu’on paye des factures d’électricité ou de téléphone ou qu’on achète du crédit pour le téléphone ou du carburant : le paiement cash dans un endroit physique est plus cher que le paiement électronique car en payant cash, on paye un supplément représentant le timbre fiscal. La facilité qui peut être octroyée, en la matière, serait de soutenir les plateformes de vente en ligne à travers des réductions fiscales sur les investissements initiaux sur une période donnée.
Cela dit, l’instrument principal à fournir pour la réussite populaire du e-commerce est la carte de paiement électronique. Dans un souci de vulgarisation du e-commerce, les banques ont délivré à tous leurs clients des cartes interbancaires (CIB), même à ceux qui ne l’ont pas demandé. Idem pour Algérie Poste qui encourage ses clients particuliers à demander et à utiliser la carte de paiement postal Edahabia. Cependant, une large frange de la population ne possède pas ce type de cartes, surtout les jeunes et les personnes sans emploi ou exerçant des activités professionnelles précaires. Encourager ces catégories sociales à effectuer des achats en ligne contribuerait non seulement à ramener de nouveaux et nombreux «adhérents» à l’e-commerce, mais aussi à populariser cette pratique de manière à créer un effet boule-de-neige.
Algérie Poste a pris une initiative dans ce sens qui commence à porter ses fruits : la confection de cartes de paiement électronique pour les supporters du MC Alger aux couleurs du club pour leur permettre d’acheter les tickets de stade en ligne via la plateforme de vente dédiée à cet effet. Cette initiative est très intelligente puisqu’elle encourage lesdits supporters à acheter en ligne (des tickets de stade, mais aussi d’autres produits) tout en étant fiers de défendre, à travers cette carte, les couleurs du club. Elle devrait être élargie aux supporters des autres clubs, en particulier les plus emblématiques d’entre eux. En fait, la facilité à octroyer aux jeunes est de leur permettre, par des formules attractives, d’acquérir une carte de paiement électronique de manière volontaire. Pourquoi pas, par exemple, en rendant la consommation d’une partie de l’allocation- chômage obligatoire en ligne ? Pourquoi pas aussi de délivrer des cartes prépayées ? On peut imaginer plusieurs autres facilités pour inciter les citoyens à recourir aux paiements électroniques, mais elles ne seront jamais efficaces si la sécurité des transactions en ligne n’est pas garantie.
Lors du Conseil des ministres du 2 novembre dernier, un projet de loi définissant les règles générales relatives aux services de confiance des transactions électroniques et de l’identification électronique avait été examiné. La fiabilité des services de confiance est primordiale pour dissiper les craintes de nombreux citoyens quant au piratage de leurs données, plus particulièrement leurs coordonnées bancaires. Le président de la République l’a rappelé dimanche en donnant instruction de garantir la sécurité numérique.
F. A.