La recherche en orthophonie, seule Science qui croise les 03 Sciences de l’Homme (médecine, linguistique et psychologie) de façon conceptualisée en un modèle.
Un jeune adulte a été blessé à l’arme blanche qui lui a sectionné la corde vocale droite. Le chirurgien cervico-facial lui a fait perdre tout espoir de recouvrer la voix. Les orthophonistes, Dr Kacemi, maître de conférences à l’Université de Chlef, et Chaouche Hanaa, praticienne à la polyclinique de Ténès, ont présenté le protocole phoniatrique acoustico-physiologique mis en œuvre. Le résultat, contrôlé au logiciel physique-acoustique Praat, a été jugé spectaculaire par le médecin.
Nacira Zellal est fondatrice de la chaire du métier et de la recherche en orthophonie en Algérie. Elle dirige l’Unité de recherches neuroscientifiques de l’Université d’Alger 2, dont le LMD d’orthophonie a été exporté au Liban. Une première pour un laboratoire dans l’espace arabo-africain. Diplômée d’orthophonie de la faculté de médecine de Paris 6-UPMC en 1980 après un cursus en Algérie, elle est, en quelque sorte, la fondatrice de l'orthophonie en Algérie. Elle a arabisé, affirme-t-elle, une science médicale, l’orthophonie, alors qu’elle n’existe pas dans les pays arabes.
Son profil peut sembler rébarbatif et réservé aux initiés. Pourtant, cette discipline, essentielle pour expliquer et corriger les difficultés du langage, a été, dès l’origine, victime d’un rejet. Concept novateur en Algérie, les neurosciences cognitives sont créées par l’orthophonie, à travers des recherches scientifiques menées par cette universitaire dès son retour des universités de la Sorbonne où l’État «l’a envoyée avec une bourse d’excellence, afin de poursuivre en post-Licence de Langue et post-DEA Ancien régime algérien, de Linguistique».
Le sens commun (et même la doxa scientifique) a longtemps pensé que cette science relève des sciences humaines. Nacira Zellal affirme le contraire : «l’orthophonie est une branche des sciences médicales et non des sciences humaines.» On imagine dès lors la difficulté et les obstacles dressés sur la route de cette scientifique qui a osé quitter les évidences sociologiques pour emprunter les chemins de traverse et faire amarrer l’orthophonie à sa discipline mère.
Le IV° Congrès international de Neurosciences cognitives, sous l’intitulé «L’orthophonie en Sciences médicales, pour la mondialisation de l’enseignement de médecine en innovation en Algérie», s’est tenu en distanciel, à l’Unité de recherches Neurosciences cognitives - Orthophonie - Phoniatrie, URNOP de l’Université d’Alger 2 et à la SAOR, les 18 et 19 décembre 2021. Cinq continents y ont contribué dans leur mode d’enseignement de l’orthophonie, prolongé par ses applications cliniques. L’Afrique, l’Europe, l’Amérique, l’Océanie furent au rendez-vous et les échanges avec l’URNOP se poursuivent toujours, en vue du Ve Congrès. Deux numéros de la revue électronique Sciences de l’Homme, ont fait paraître la première partie des Proceedings, deux autres sont en cours de mise en forme pour la seconde partie. Ceci permet d’enrichir le site de l’URNOP, rangé en première position dans le site du ministère, car c’est la seule Bibliothèque nationale à l’international, en orthophonie en Algérie. En outre, c’est de la traçabilité et de la visibilité aux yeux du monde, du produit scientifique national, qu’il s’agit. Ceci, notamment dans ce secteur-innovation en santé publique, que l’Algérie ne peut pas importer.
À travers ce congrès fondateur, on a assisté à la mise à plat d’une approche comparative des enseignements de l’orthophonie dans le monde sous le triple objectif :
1) 42 ans de productions clinique, pédagogique et scientifique ont pu aboutir à la proposition d’un cursus d’enseignement de l’orthophonie, en Faculté de médecine, vu que son rattachement à la Faculté des Sciences sociales a largement atteint ses limites.
Deux cursus seront incessamment versés sur site de l’URNOP. Ils ont été proposés à l’habilitation ministérielle et dont il faut en parler en tant qu’innovation-création et non innovation-importation, en Algérie :
Cette création médicale est motivée par le fait que, socio-économiquement, il s’agit d’un soin, que l’Algérie ne peut pas importer, vu qu’il est pratiqué à l’aide de techniques cliniques étalonnées, au préalable de leur adaptation (à l’aide d’une méthodologie scientifique, enseignée et validée à l’international), aux systèmes linguistiques arabes oraux et kabyle, pour les troubles d’acquisition, et au système arabe écrit, pour les troubles d’apprentissage fonctionnels, organiques ou acquis.
«Je cite notre collaboration récente (qui se poursuit depuis le 23 mars 2021), dans le cadre du projet Tradaphasia, mené par l’orthophoniste-chercheuse au CNRS, Nicole Guinel, ayant trait à l’élaboration dans 60 langues, dont l’arabe, du matériel linguistique de démutisation des aphasiques post-AVC, au sein des services des Urgences cardio et neuro-vasculaires des CHUs Sainte-Anne et Salpêtrière, à Paris. Son site en indique le gain, outre de 02 prix, d’un trophée dans l’édition 2020 de l’Evènement Trophée-Patients. L’Urnop l’a mise en contact avec sa doctorante praticienne à Tizi Ouzou, Allem Thilelli, pour qu’y soit intégré le système linguistique kabyle.»
Système linguistique… se pose dès lors la question de la compréhension et de l’aire culturelle.
Ecoutons Nacira Zellal : «La prise en charge en France de patients algériens atteints de troubles orthophoniques n’est qu’un pur gaspillage, puisque même les troubles de l’adulte ou troubles d’apprentissage ne sont, épistémologiquement, compris et, donc, valablement rééduqués qu’en lien avec le processus cognitif d’Acquisition. Les premières résurgences en aphasie sont d’ailleurs produites en langue maternelle.»
«Lorsque le patient communiquera correctement, ses problèmes socio-relationnels seront résolus !»
En quoi l’orthophonie est une pratique médicale et non sociale ?
Nombreuses ont été, au cours de ce congrès, les communications dans des thèmes similaires très diversifiés, émanant du corps pédagogique même du LMD, proposés à débat : voix, langage, parole, neurodégénérescences, autisme abordé et par le psychologue clinicien et par l’orthophoniste, dans ses troubles relationnels, cognitifs et alimentaires, troubles de l’oralité fonctionnels, surdité, aphasie, fentes palatines, frénectomie. Dystonie abordée par le neurochirurgien, notion de stress abordée par le neurolinguiste et par le biologiste, les technologies comme l’IRMF, l’EEG et le digital… bref, l’arsenal est plutôt dans le médical si l’on suit la logique de cette énumération.
3) Actuellement, le MESRS entreprend la refonte de l’enseignement de la médecine dans l’optique de sa mondialisation. S’il est patent qu’il ne s’agit pas de produire de meilleurs médecins que ceux que l’Algérie a déjà, il est patent aussi que sa mondialisation consiste, tout simplement, en son intégration dans l’actualité internationale, à savoir les Neurosciences cognitives.
Le médecin, en Algérie aussi, se mettra au diapason lorsqu’il soignera et réfléchira sur le fonctionnement cognitif, des organes, dont il soigne la maladie, lorsqu’ils sont biologiquement atteints. Et, la E-Santé, dont l’idée a été lancée, en 2010, par le Magistère d’orthophonie, la E-Therapy sera alors son allié moderne.
La pluridisciplinarité fait l’actualité des Savoirs. La recherche en orthophonie, seule Science qui croise les trois Sciences de l’Homme (médecine, linguistique et psychologie) de façon conceptualisée en un modèle.
Il s’agit, donc, fondamentalement, d’humaniser la médecine de façon scientifique-clinique et, par là, pédagogique. Et ce pont Sciences humaines et sociales/ Sciences médicales, c’est bien l’orthophonie qui le construit depuis 45 ans et qui l’inaugure, à travers ces deux Offres de cursus médicaux, qui sont universellement rattachés aux Facultés de médecine. Les rares universités qui rattachent leur enseignement à la Faculté de Sciences humaines (et non sociales) —car le langage affère à l’idiolecte, à l’intelligence individuelle—, comme la Suisse et la Russie, ont des programmes très massifs de stages et de cours médicaux extrêmement réglementés.
Le Centre de recherche Neurosciences cognitives et Société soutiendra alors cette formation médicale en CSSO, de façon pérenne et logique avec un Centre de Recherche dans la thématique neuroscientifique. En effet, cette entité de recherche, qui n’existe pas en Algérie, ne peut être créée qu’à l’aide d’équipes spécialisées en Médecine/Sciences humaines et sociales/Sciences exactes et technologiques.
Dans les recommandations de ce congrès, outre le Projet suggéré par le Liban et l’Afrique, par ailleurs, très bien reçu par l’Algérie, de créer un réseau d’Orthophonie et Neurosciences cognitives arabo-africain Sud/Sud, les proceedings seront soumis aux autorités, pour appuyer l’objet des 02 offres médicales novatrices, de l’URNOP d’Alger 2.
Nacira Zellal est fondatrice de la chaire du métier et de la recherche en orthophonie en Algérie. Elle dirige l’Unité de recherches neuroscientifiques de l’Université d’Alger 2, dont le LMD d’orthophonie a été exporté au Liban. Une première pour un laboratoire dans l’espace arabo-africain. Diplômée d’orthophonie de la faculté de médecine de Paris 6-UPMC en 1980 après un cursus en Algérie, elle est, en quelque sorte, la fondatrice de l'orthophonie en Algérie. Elle a arabisé, affirme-t-elle, une science médicale, l’orthophonie, alors qu’elle n’existe pas dans les pays arabes.
Son profil peut sembler rébarbatif et réservé aux initiés. Pourtant, cette discipline, essentielle pour expliquer et corriger les difficultés du langage, a été, dès l’origine, victime d’un rejet. Concept novateur en Algérie, les neurosciences cognitives sont créées par l’orthophonie, à travers des recherches scientifiques menées par cette universitaire dès son retour des universités de la Sorbonne où l’État «l’a envoyée avec une bourse d’excellence, afin de poursuivre en post-Licence de Langue et post-DEA Ancien régime algérien, de Linguistique».
Le sens commun (et même la doxa scientifique) a longtemps pensé que cette science relève des sciences humaines. Nacira Zellal affirme le contraire : «l’orthophonie est une branche des sciences médicales et non des sciences humaines.» On imagine dès lors la difficulté et les obstacles dressés sur la route de cette scientifique qui a osé quitter les évidences sociologiques pour emprunter les chemins de traverse et faire amarrer l’orthophonie à sa discipline mère.
Le IV° Congrès international de Neurosciences cognitives, sous l’intitulé «L’orthophonie en Sciences médicales, pour la mondialisation de l’enseignement de médecine en innovation en Algérie», s’est tenu en distanciel, à l’Unité de recherches Neurosciences cognitives - Orthophonie - Phoniatrie, URNOP de l’Université d’Alger 2 et à la SAOR, les 18 et 19 décembre 2021. Cinq continents y ont contribué dans leur mode d’enseignement de l’orthophonie, prolongé par ses applications cliniques. L’Afrique, l’Europe, l’Amérique, l’Océanie furent au rendez-vous et les échanges avec l’URNOP se poursuivent toujours, en vue du Ve Congrès. Deux numéros de la revue électronique Sciences de l’Homme, ont fait paraître la première partie des Proceedings, deux autres sont en cours de mise en forme pour la seconde partie. Ceci permet d’enrichir le site de l’URNOP, rangé en première position dans le site du ministère, car c’est la seule Bibliothèque nationale à l’international, en orthophonie en Algérie. En outre, c’est de la traçabilité et de la visibilité aux yeux du monde, du produit scientifique national, qu’il s’agit. Ceci, notamment dans ce secteur-innovation en santé publique, que l’Algérie ne peut pas importer.
À travers ce congrès fondateur, on a assisté à la mise à plat d’une approche comparative des enseignements de l’orthophonie dans le monde sous le triple objectif :
1) 42 ans de productions clinique, pédagogique et scientifique ont pu aboutir à la proposition d’un cursus d’enseignement de l’orthophonie, en Faculté de médecine, vu que son rattachement à la Faculté des Sciences sociales a largement atteint ses limites.
Deux cursus seront incessamment versés sur site de l’URNOP. Ils ont été proposés à l’habilitation ministérielle et dont il faut en parler en tant qu’innovation-création et non innovation-importation, en Algérie :
Cette création médicale est motivée par le fait que, socio-économiquement, il s’agit d’un soin, que l’Algérie ne peut pas importer, vu qu’il est pratiqué à l’aide de techniques cliniques étalonnées, au préalable de leur adaptation (à l’aide d’une méthodologie scientifique, enseignée et validée à l’international), aux systèmes linguistiques arabes oraux et kabyle, pour les troubles d’acquisition, et au système arabe écrit, pour les troubles d’apprentissage fonctionnels, organiques ou acquis.
«Je cite notre collaboration récente (qui se poursuit depuis le 23 mars 2021), dans le cadre du projet Tradaphasia, mené par l’orthophoniste-chercheuse au CNRS, Nicole Guinel, ayant trait à l’élaboration dans 60 langues, dont l’arabe, du matériel linguistique de démutisation des aphasiques post-AVC, au sein des services des Urgences cardio et neuro-vasculaires des CHUs Sainte-Anne et Salpêtrière, à Paris. Son site en indique le gain, outre de 02 prix, d’un trophée dans l’édition 2020 de l’Evènement Trophée-Patients. L’Urnop l’a mise en contact avec sa doctorante praticienne à Tizi Ouzou, Allem Thilelli, pour qu’y soit intégré le système linguistique kabyle.»
Système linguistique… se pose dès lors la question de la compréhension et de l’aire culturelle.
Ecoutons Nacira Zellal : «La prise en charge en France de patients algériens atteints de troubles orthophoniques n’est qu’un pur gaspillage, puisque même les troubles de l’adulte ou troubles d’apprentissage ne sont, épistémologiquement, compris et, donc, valablement rééduqués qu’en lien avec le processus cognitif d’Acquisition. Les premières résurgences en aphasie sont d’ailleurs produites en langue maternelle.»
«Lorsque le patient communiquera correctement, ses problèmes socio-relationnels seront résolus !»
En quoi l’orthophonie est une pratique médicale et non sociale ?
Nombreuses ont été, au cours de ce congrès, les communications dans des thèmes similaires très diversifiés, émanant du corps pédagogique même du LMD, proposés à débat : voix, langage, parole, neurodégénérescences, autisme abordé et par le psychologue clinicien et par l’orthophoniste, dans ses troubles relationnels, cognitifs et alimentaires, troubles de l’oralité fonctionnels, surdité, aphasie, fentes palatines, frénectomie. Dystonie abordée par le neurochirurgien, notion de stress abordée par le neurolinguiste et par le biologiste, les technologies comme l’IRMF, l’EEG et le digital… bref, l’arsenal est plutôt dans le médical si l’on suit la logique de cette énumération.
3) Actuellement, le MESRS entreprend la refonte de l’enseignement de la médecine dans l’optique de sa mondialisation. S’il est patent qu’il ne s’agit pas de produire de meilleurs médecins que ceux que l’Algérie a déjà, il est patent aussi que sa mondialisation consiste, tout simplement, en son intégration dans l’actualité internationale, à savoir les Neurosciences cognitives.
Le médecin, en Algérie aussi, se mettra au diapason lorsqu’il soignera et réfléchira sur le fonctionnement cognitif, des organes, dont il soigne la maladie, lorsqu’ils sont biologiquement atteints. Et, la E-Santé, dont l’idée a été lancée, en 2010, par le Magistère d’orthophonie, la E-Therapy sera alors son allié moderne.
La pluridisciplinarité fait l’actualité des Savoirs. La recherche en orthophonie, seule Science qui croise les trois Sciences de l’Homme (médecine, linguistique et psychologie) de façon conceptualisée en un modèle.
Il s’agit, donc, fondamentalement, d’humaniser la médecine de façon scientifique-clinique et, par là, pédagogique. Et ce pont Sciences humaines et sociales/ Sciences médicales, c’est bien l’orthophonie qui le construit depuis 45 ans et qui l’inaugure, à travers ces deux Offres de cursus médicaux, qui sont universellement rattachés aux Facultés de médecine. Les rares universités qui rattachent leur enseignement à la Faculté de Sciences humaines (et non sociales) —car le langage affère à l’idiolecte, à l’intelligence individuelle—, comme la Suisse et la Russie, ont des programmes très massifs de stages et de cours médicaux extrêmement réglementés.
Le Centre de recherche Neurosciences cognitives et Société soutiendra alors cette formation médicale en CSSO, de façon pérenne et logique avec un Centre de Recherche dans la thématique neuroscientifique. En effet, cette entité de recherche, qui n’existe pas en Algérie, ne peut être créée qu’à l’aide d’équipes spécialisées en Médecine/Sciences humaines et sociales/Sciences exactes et technologiques.
Dans les recommandations de ce congrès, outre le Projet suggéré par le Liban et l’Afrique, par ailleurs, très bien reçu par l’Algérie, de créer un réseau d’Orthophonie et Neurosciences cognitives arabo-africain Sud/Sud, les proceedings seront soumis aux autorités, pour appuyer l’objet des 02 offres médicales novatrices, de l’URNOP d’Alger 2.