Système onusien de lutte contre le terrorisme : l’Algérie pour une réforme profonde

Les «Principes directeurs d’Alger sur la prévention du financement du terrorisme via les nouvelles technologies», ont été adoptés à l’unanimité par les 15 membres du Conseil de sécurité le 12 janvier 2025.

L’Algérie a appelé, depuis le siège des Nations unies à New York, à une réforme du système onusien de lutte contre le terrorisme, présentant des recommandations fondamentales pour l’avenir de ce mécanisme. Cet appel est intervenu lors d’un bilan présenté mercredi dernier, par le représentant permanent de l’Algérie auprès des Nations unies, l’ambassadeur Amar Bendjama, devant le Conseil de sécurité.

Comme il est d’usage en décembre depuis 2002, le Conseil de sécurité entend les exposés des présidents sortants de certains de ses organes subsidiaires. Pour l’Algérie, le bilan portait sur la présidence de trois organes du Conseil : le Comité des sanctions concernant la République centrafricaine (Comité 2745), le Comité contre le terrorisme (1373) et le Groupe de travail 1566. D’emblée, M. Bendjama a mis en lumière le succès de l’Algérie dans la conduite du processus d’adoption, à l’unanimité, des «Principes directeurs d’Alger sur la prévention du financement du terrorisme via les nouvelles technologies» ; un document devenu désormais une pièce officielle du Conseil de sécurité et une référence essentielle pour contrer l’exploitation des technologies financières émergentes par les groupes terroristes.

Ces principes ont été adoptés à l’unanimité par les 15 membres du Conseil de sécurité le 12 janvier 2025, après avoir été validés par le Comité contre le terrorisme sous l’impulsion de la présidence algérienne. Le diplomate a précisé que «cette adoption est l’aboutissement d’une année de négociations intenses entre les quinze membres du Conseil, incluant une coordination avec les services de sécurité, les institutions financières et les organismes de contrôle internationaux». Là, justement, il a lancé un appel fort au Conseil concernant le déséquilibre dans la répartition des ressources, soulignant que, «l’Afrique concentre 59 % des décès dus au terrorisme dans le monde».

Or, malgré ces chiffres effarants, «le continent souffre toujours d’un manque de visites d’évaluation du Comité contre le terrorisme et ne reçoit qu’une infime partie des ressources internationales dédiées à la lutte antiterroriste», a expliqué M. Bendjama. Pour y remédier, il a appelé à donner la priorité aux pays les plus touchés, notamment dans la région du Sahel. Concernant le Comité 2745, M. Bendjama a expliqué que l’Algérie a réalisé des progrès concrets, dont l’adoption à l’unanimité de la résolution 2745 en juillet 2024, qui a mis fin à quatre années de division au sein du Conseil et a permis la levée de l’embargo sur les armes pour le gouvernement de la République centrafricaine.

Sur le plan des réformes procédurales, M. Bendjama a noté que l’Algérie a obtenu des avancées notables via la révision de la Note 507, garantissant à tous les membres du Conseil, en particulier les membres élus, un accès égal aux documents relatifs aux organes subsidiaires. Enfin, l’ambassadeur a soulevé la question du retard dans la nomination des présidents des organes subsidiaires pour l’année 2025, expliquant que «ce retard a entravé la planification stratégique et créé des conflits de calendrier» et recommandant «le respect strict de la date du 1er janvier comme échéance finale pour les futures nominations».

Y. Y.

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Groupe A3+ : asseoir une coexistence pacifique en Syrie

S’exprimant au nom du groupe A3+ regroupant l’Algérie, la Somalie, la Sierra Leone et Guyana, lors d’une séance du Conseil de sécurité dédiée à la Syrie, l’ambassadeur Amar Bendjama a plaidé, avant-hier, pour la préservation de l’héritage syrien de «coexistence pacifique entre les communautés». Un an après le début d’un «nouveau chapitre de son histoire», le groupe A3+ a réitéré son soutien au processus de transition sous l’égide de l’ONU, soulignant que la récente visite du Conseil à Damas a permis de mieux «comprendre l’ampleur des défis à relever», a rapporté hier l’APS. M. Bendjama a insisté sur le caractère impératif de la réconciliation nationale, portée par le dialogue avec la société civile et le rôle «central des femmes et des jeunes», tout en «réaffirmant le soutien indéfectible du groupe A3+ à la souveraineté syrienne», et en «rejetant toute ingérence étrangère», martelant que «l’avenir du pays doit être décidé par les Syriens eux-mêmes».

Cela étant, sur le plan sécuritaire, le groupe A3+ a dénoncé les agressions répétées de l’entité sioniste, qui «demeure une source de déstabilisation en Syrie». Il a condamné les violations du droit international, notamment les attaques meurtrières à «Beit Jinn», ayant fait 13 morts, tout en rappelant que le Golan occupé demeure «une partie intégrante de la Syrie». Enfin, face aux destructions massives, l’Algérie et ses partenaires dans le groupe A3+, appellent à passer de l’urgence humanitaire au «développement durable». M. Bendjama a conclu en liant le retour des réfugiés à la «relance économique», exhortant les donateurs et le secteur privé à investir massivement pour garantir une stabilité pérenne en Syrie.

Y. Y. et APS

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