L’Algérie est en deuil. En ce 28 mars, le pays rend hommage à l’un de ses fils les plus loyaux. La présidence de la République a décrété trois jours de deuil national à la suite du décès de Liamine Zéroual, ancien chef de l’État et figure marquante de l’histoire nationale. Disparu à l’âge de 84 ans, il laisse l’image d’un homme de devoir, profondément attaché aux idéaux de Novembre et à la souveraineté de l’Algérie.
Né le 3 juillet 1941 à Batna, au cœur des Aurès, terre de résistance et berceau de la Révolution, le défunt rejoint très jeune les rangs de l’Armée de libération nationale. À seulement 16 ans, il s’engage dans le combat pour l’indépendance, contribuant, aux côtés de ses frères d’armes, à la libération du pays du joug colonial. Cette expérience fondatrice marquera durablement son parcours et sa vision de l’État.
Au lendemain de l’indépendance, Liamine Zéroual poursuit une formation militaire de haut niveau, en Algérie et à l’étranger, avant d’entamer une carrière remarquable au sein de l’Armée nationale populaire. Officier rigoureux et discipliné, il occupe plusieurs postes de commandement stratégiques, contribuant à la structuration et à la professionnalisation de l’institution militaire nationale.
Rappelé au service de la Nation à un moment critique de son histoire, il est nommé ministre de la Défense nationale en 1993, avant d’être appelé à assumer les plus hautes responsabilités de l’État en janvier 1994. L’Algérie traversait alors une période particulièrement difficile, marquée par de graves défis sécuritaires et politiques.
Avec un sens élevé des responsabilités et un attachement indéfectible à l’unité nationale, le président Liamine Zéroual œuvre à préserver les institutions de la République et à renforcer la cohésion nationale. Son engagement constant en faveur de la stabilité du pays et de la continuité de l’État a permis de consolider les fondements de la République dans un contexte difficile.
Élu président de la République en novembre 1995, lors du premier scrutin présidentiel pluraliste, il a contribué à l’ancrage du processus démocratique et à la consolidation de l’État de droit. La Constitution de 1996, adoptée sous son mandat, constitue l’une des pierres angulaires de l’édifice institutionnel contemporain de l’Algérie.
Attaché aux principes de dialogue et de réconciliation, le défunt président a œuvré, durant son mandat, à favoriser les conditions d’un retour progressif à la paix et à la stabilité. Son action s’inscrivait dans une vision stratégique visant à préserver l’unité du pays et à protéger les intérêts supérieurs de la Nation.
En 1999, fidèle à ses convictions et à sa conception de la responsabilité politique, il choisit de se retirer de la vie publique, ouvrant la voie à une nouvelle étape dans la vie politique nationale. Ce geste, empreint de sens de l’État, témoigne de sa hauteur de vue et de son attachement aux institutions.
Retiré depuis à Batna, il a mené une vie discrète, loin des projecteurs, demeurant fidèle à ses valeurs de modestie, de probité et de service désintéressé de la Nation.
En cette douloureuse circonstance, l’Algérie perd un moudjahid, un officier valeureux et un homme d’État qui aura consacré sa vie à la défense de l’indépendance, de la souveraineté et de l’unité nationale.
Que Dieu le Tout-Puissant lui accorde Sa sainte miséricorde et l’accueille en Son vaste paradis.