Cours de l'or noir : Bénéfices records pour les majors

La hausse des prix de l’or noir, tirée notamment par l'évolution de la situation en Ukraine, semble profiter aux géants pétroliers. En effet, les résultats de bénéfices du premier trimestre 2022 sont très appréciables, records pour certains. Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Le groupe BP, fort de son bénéfice de 6 milliards de dollars, a réalisé son meilleur trimestre depuis 10 ans, soit une hausse de 53%. Le groupe anglo-néerlandais Shell, a lui gagné un peu plus de 9 milliards de dollars. Outre cette envolée des cours qui ont bondi de 41% depuis janvier dernier, les experts expliquent ces prouesses des «mastodontes» pétroliers par les marges de raffinage, qui désignent l'activité de transformation du pétrole brut en carburant, lesquelles sont passées de 15 dollars au 1er avril à 45 dollars le 15 avril. De son côté, le géant pétrolier britannique Shell a publié un bénéfice net du groupe en hausse de 26% au premier trimestre, à 7,1 milliards de dollars. Pour la même période, son chiffre d'affaires a augmenté de 51%. Toutefois, ces bénéfices relancent les appels à une taxe exceptionnelle sur les géants pétroliers pour aider les ménages modestes à payer leurs factures d'énergie. «Une taxe sur ces bénéfices records serait la manière la plus rapide et la plus juste de soulager la pression (de l'inflation) sur les ménages et de réduire notre dépendance au pétrole et gaz, qui est à l'origine de la crise du coût de la vie», a commenté l'ONG écologiste Greenpeace dans un communiqué. Pour sa part, le groupe pétrolier espagnol Repsol a enregistré un bénéfice en forte hausse au premier trimestre, qui a atteint sur cette période 1,39 milliard d'euros, soit une hausse de 115% par rapport au chiffre des trois premiers mois de 2021. Au cours des trois premiers mois de l'année, le groupe public norvégien Equinor a dégagé un bénéfice net de 4,7 milliards de dollars, malgré une charge exceptionnelle de plus d'un milliard lié à son désengagement de Russie, selon son rapport trimestriel. Ainsi, les géants pétroliers passent à une autre étape qui leur permet d’espérer de meilleures perspectives. La crise du Covid-19 a frappé de plein fouet les seniors de l’industrie pétrolière. Le géant britannique des hydrocarbures BP a enregistré en 2020 une perte nette de plus de 20 milliards de dollars. L'américain ExxonMobil, lui, a subi la plus lourde perte annuelle de son histoire : environ 22,4 milliards de dollars. En effet, pulvérisée par la récession mondiale liée à la pandémie de Covid-19, la demande en pétrole avait plongé, entraînant avec elle le prix du baril de brut. Une chose est sûre : la fin du pétrole n'est pas pour tout de suite, même si son déclin relatif est déjà entamé. La réalité, commentait Francis Perrin, spécialiste des énergies, «c'est que le pétrole est aujourd'hui la seule énergie indispensable dans le monde. On ne sait pas le remplacer massivement et rapidement dans les transports routiers, aériens et maritimes, ainsi que dans la pétrochimie».

Fouad Irnatene

Le Brent à plus de 110 dollars

Les prix du pétrole fléchissaient hier, lestés par les craintes d'un ralentissement de la demande chinoise dû à la flambée épidémique que connaît actuellement le pays. Le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en juillet baissait de 2,11% à 110,02 dollars. Le baril de West Texas Intermediate (WTI) américain pour livraison en juin perdait quant à lui 2,25% à 107,30 dollars. «Les prix du pétrole sont sous pression (...) en raison des inquiétudes concernant l'économie mondiale à la suite de données commerciales chinoises plus faibles publiées cette nuit», ont commenté les analystes. Les exportations de la Chine ont connu en avril un tassement inédit depuis 2020, sur fond de confinement de Shanghai qui pénalise lourdement l'activité et de durcissement des restrictions sanitaires à Pékin. Des millions de Pékinois travaillent à domicile lundi à la suite d'un nouveau tour de vis des mesures anti-Covid, donnant à la capitale chinoise de 22 millions d'habitants des allures de ville fantôme. La Chine est confrontée depuis deux mois à sa pire vague épidémique depuis la flambée initiale de début 2020.

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