Protection des données personnelles : un enjeu de souveraineté nationale

Ph.: Ikessouléne
Ph.: Ikessouléne

La journée d’étude a été rehaussée par la présence des présidents du Conseil de la nation et de l’APN, des membres du gouvernement et des responsables des institutions constitutionnelles.

La protection des données personnelles est devenue l’un des enjeux majeurs de la souveraineté nationale et un domaine ou s’encroisent les droits et les libertés avec la technologie et l’économie, a indiqué hier à Alger, le président de l’Autorité nationale de la protection des données à caractère personnel (ANPDP), Samir Bourhil. Les données personnelles constituent une richesse réelle pour la numérisation. «Ce sont une ressource stratégique, un outil de prise de décision économique, administratif et sécuritaire d’où l’impératif de la protection de ces données voire une obligation légale, morale et sociétale reflétant le degré de respect des institutions et entreprises des droits du citoyen relatifs à la confidentialité et la sécurité des informations».

Dans son allocution à l’ouverture d’une journée d’étude, la première du genre, intitulée «les défis de la protection des données personnelles à l’ère numérique, la cybersécurité et l’Intelligence artificielle», M. Bourhil a mis l’accent sur les avantages et les risques de la transformation numérique. Pour lui, ce n’est pas juste une orientation technique ou un choix administratif pour l’amélioration du service public. «C’est une transformation structurelle qui touche le fondement de la relation entre l’Etat et le citoyen et la restructuration du pouvoir, la gouvernance, la souveraineté et la citoyenneté », affirme-t-il. La numérisation crée de nouveaux environnements de vie et d'interaction ainsi que de production mais aussi des risques croissants liés à l’atteinte à la vie privée, la violation de la confidentialité et le droit de la protection de l’identité numérique des personnes», a-t-il affirmé. Il a ajouté que les données personnelles sont la source la plus précieuse dans l’économie numérique mondiale. «La majorité des transactions et services reposent aujourd’hui sur la collecte, l’analyse et le traitement à des fins commerciaux, sanitaires, sécuritaires, électoraux et administratifs de ces données, ce qui laisse l’individu exposé sans précédent devant plusieurs parties qui peuvent utiliser ses données sans son consentement ou autorisation et sans même le respect de ses droits fondamentaux».

A l’occasion, il a rappelé l’amendement de la loi 18-07 visant «l’équilibre entre les exigences de la transformation numérique et la protection des droits fondamentaux des citoyens notamment le droit à la vie privée et le droit de maîtrise de leurs données personnelles ». M. Bourhil a tenu en ce sens, à préciser, que cette loi «encadre le traitement des données à caractère personnel avec une série de conditions et d’engagements dont le consentement exprès de la personne concernée qui est indispensable pour le traitement des données à caractère personnel». Aussi, la création de l’ANPDP en vertu de cette loi «illustre la volonté de l’Etat d’intégrer les données personnelles dans la politique générale globale pour la protection des droits et des libertés dans l’espace numérique», affirme-t-il. Le président de l’ANPDP a mis l’accent de l’importance pour le citoyen du traitement des données personnelles en toute responsabilité et n’est pas considéré comme un objet numérique dans un système algorithmique qui ne reconnait pas la confidentialité», insiste-t-il. La journée d’étude a été rehaussée par la présence des présidents du Conseil de la Nation et de l’APN, des membres du gouvernement et des responsables d’institutions constitutionnelles.

Pour le président de l’ANPDP, la présence de Nasri et Boughali est un message fort sur l’intérêt accordé par les institutions législatives à la question de la protection des données personnelles, rappelant leur rôle central dans l’adaptation des mutations numériques. Il a cité en ce sens, l’examen du projet d’amendement de la loi 18-07 «qui constitue une étape importante dans le processus de renforcement de la protection des données personnelles», affirme-t-il.Aussi la participation des ministres, confirme «la complémentarité entre le travail législatif et l’exécutif dans la mise en place d’un système national performant et efficace pour la protection des données personnelles», soutient M. Bourhil. Il a souligné, que ces secteurs constituent des piliers fondamentaux dans ce processus permettant la consolidation des capacités de notre pays pour face aux nouveaux défis et l’instauration d’un environnement numérique sécurisé qui protège la confidentialité et la dignité du citoyen et renforce sa confiance en ses institutions, une question à laquelle le président de la République Abdelmadjid Tebboune insiste à sa consolidation dans le cadre de la stratégie nationale de la transformation numérique».

Cette présence qualificative est une preuve d’une prise de conscience collective de l’importance de la protection de la vie privée face à la croissance de la numérisation et traduit également la volonté collective pour un débat profond et responsable sur l’équilibre entre les besoins numériques et le devoir de la protection des droits fondamentaux des citoyens. Enfin, le président de l’ANPDP a souligné, que l’objectif de l’organisation de cette journée d’étude est l’ouverte d’un débat académique et professionnel.

N. B.

 

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