- Cette déclaration a été faite par le chef de l’Etat, lors de l’inauguration de la 33e édition de la Foire de la production nationale
En inaugurant la 33e Foire de la production algérienne, le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a visité un certain nombre de stands qui représentent des fleurons de la production industrielle et agroalimentaire nationale. Parmi ces stands, celui de la start-up Electron Byke, spécialisée dans la fabrication de vélos électriques et de motos électriques, dirigée par un jeune entrepreneur diplômé de l’école d’informatique de Sidi Bel-Abbès, spécialité intelligence artificielle. Cette start-up produit 100 motos par mois, avec un taux d’intégration de 70 %. « Il faut être ambitieux. Ce taux d’intégration est déjà élevé en mécanique. Notre vision concernant les start-up était donc correcte », s’est félicité le chef de l’Etat. Il n’a pas manqué d’encenser les jeunes entrepreneurs qui vont au-devant de leurs ambitions : « Notre pays peut se développer, car nos jeunes sont très créatifs et ils ne rêvent pas, ils concrétisent. Il faut les aider.» Et de conclure par un chaleureux « Félicitations à vous et à nous ! »
Auparavant, le président de la République, accompagné par le Premier ministre, Sifi Ghrieb, du ministre délégué auprès du ministre de la Défense nationale, chef d'Etat-Major de l'Armée nationale populaire, le général d’Armée, Saïd Chanegriha, et de membres du gouvernement, avait visité le stand de l’Armée nationale populaire (ANP) dans lequel il s’est réjoui des avancées que connaît la production militaire, ne manquant pas de féliciter les cadres militaires des unités de production : « Vous constituez la locomotive parce que nous sommes sortis d’une pratique passée où on ramenait des kits, on mettait quelques points de soudure et on prétendait que c’était des produits algériens. Ce n’était pas des produits algériens. C’était peut-être un montage algérien, sans plus. Pour l’armée, nous constatons des évolutions à chaque foire. » La production militaire contribue même à l’essor de l’économie nationale, à l’exemple des explosifs. « Sans les explosifs produits par l’ANP, nous n’aurions pas pu avancer rapidement dans le projet de Gara-Djebilet. Cela nous a pris un an et demi au lieu de cinq ans », a affirmé le président, qui a exhorté, par ailleurs, les autorités militaires à collaborer avec les start-up issues des universités algériennes « pour augmenter le taux d’intégration ». Au rayon des fusils de chasse, le président de la République a annoncé qu’il a donné des instructions pour que « la Fédération nationale des chasseurs s’approvisionne en munitions auprès de l’armée », affirmant que « l’ANP ne doit traiter qu’avec la Fédération nationale des chasseurs, qui doit rendre des comptes sur les quantités utilisées et non utilisées ».
Au stand de Tosyali-Algérie, spécialisé dans l’acier et le fer, le président de la République s’est vu informer que tous les pays européens veulent acquérir l’acier algérien, mais que l’Union européenne impose des quotas pour son exportation vers 25 pays. Ce à quoi il a réagi en déclarant : « Nous n’imposons pas des quotas aux produits de l’Union européenne. Bien au contraire, nous leur accordons un traitement préférentiel. Notre acier est d’excellente qualité. Nous allons voir avec l’Union européenne. » Cela dit, il a insisté sur la nécessité, pour Tosyali, d’être prêt à exploiter le fer algérien qui sera acheminé de Gara Djebilet : « Fin janvier, le premier train de minerai doit arriver à Oran. Pour la première fois depuis notre indépendance, on ramène du minerai à Oran à partir de Gara-Djebilet sur presque 2.000 km. C’est historique. » Le président a également rappelé l’entreprise à ses engagements en matière de volume d’exportations : « Au départ, on avait parlé de 4 millions de tonnes, puis on est revenus à 2 millions. Maintenant, vous parlez d’un million... Il faut tenir vos engagements. »
Au stand d’un groupe spécialisé dans la production de céramique et exportateur de certains produits, le président de la République a promu encore une fois la production locale : « A un certain moment, l’importation était ouverte à tous vents, au détriment de notre production nationale. A présent, nous avons arrêté l’importation en expliquant à nos amis de l’Union européenne que nous ne pouvons pas importer de chez eux au risque de fermer nos usines. » Il n’a pas manqué de demander au groupe de passer à la production des sanitaires de luxe car « certains nous demandent des autorisations d’importation de ces produits pour les besoins d’hôtels haut de gamme, il y a donc un besoin qu’il faut satisfaire ».
S’arrêtant au stand du groupe laitier Giplait, dont les 16 unités arrivent à satisfaire 52 % de la demande nationale et dont certains produits sont fabriqués avec du lait cru algérien, le président de la République en a profité pour insister sur la nécessité de lutter contre la spéculation sur les produits de large consommation : « Vous avez une mission de service public. Vous n’êtes pas juste une société de production. Vous avez une mission d’Etat. Cela ne veut pas dire que vous devez travailler sans vous soucier des profits car il faut que les travailleurs soient payés, mais il faut juste vous organiser. » Et d’ajouter : « Aujourd’hui, nous avons compris que la spéculation n’est pas due à un manque de production. La spéculation est parasitaire. Certains commerçants, qui ne craignent pas Dieu, vendent un quart de ce qui leur est livré et détournent le reste pour le vendre sous la table au double de son prix. Celui qu’on attrapera en train de pratiquer la spéculation sur des biens de consommation subventionnés va le regretter toute sa vie. Cependant, vous êtes tenus de jouer un rôle. Vous devez inonder le marché lorsqu’il y a des manques et on est là pour payer les compensations. »
F. A.
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« L’Algérie doit fournir des vaccins en Afrique »
Le président de la République a visité le stand du groupe Laboratoires de diagnostic maghrébins (LDM) qui produit plus de 100 médicaments.
Le président s’est vu présenter un médicament qui n’est produit que dans quatre laboratoires au monde, en Allemagne, en Espagne, en Chine et au Mexique... le cinquième étant celui de LDM à Constantine. « C’est une fierté partagée avec tous les Algériens que nous ayons atteint ce niveau en matière de fabrication de médicaments », a commenté le président de la République. « L’Algérie est un leader au niveau africain et même au niveau de certaines parties du monde comme l’Amérique latine. Nous espérons faire encore mieux. Je vous demande de prendre attache avec nos frères africains et de faire en sorte d’être un fournisseur de vaccins contre les maladies courantes en Afrique. » Et d’expliquer : « L’Afrique souffre aujourd’hui de certaines maladies particulières. Les laboratoires ne veulent pas s’intéresser à leurs remèdes car ils ne sont pas rentables. Notre responsabilité est d’être aux côtés de l’Afrique, sans prendre en considération la rentabilité. »
F. A.
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« L’argent détourné vers les paradis fiscaux sera récupéré »
En visitant le stand du groupe agro-alimentaire Agrodiv, le président de la République a évoqué l’opération de récupération de l’argent public détourné. « Après la catastrophe qu’a vécue le pays en matière de détournements de fonds publics et de surfacturations, il nous fallait récupérer l’argent public.
Un jour viendra où nous récupérerons aussi l’argent envoyé, à notre insu, vers les paradis fiscaux, mais les affaires connues vont permettre au Trésor public de récupérer une partie de milliers de milliards de dinars. » « Il faut rendre à César ce qui appartient à César. C’est le Premier ministre, lorsqu’il était ministre de l’Industrie, qui a récupéré la majorité des biens détournés », a-t-il témoigné, tout en exhortant les dirigeants de Agrodiv à se diriger vers la trituration de graines oléagineuses : « Nous tirerons bénéfice de la production de graines oléagineuses pour en extraire notre propre huile et produire de l’aliment de bétail. Notre vision doit être économique. La population algérienne augmente, nous serons bientôt 50 millions d’habitants, nous devons donc axer nos efforts sur la production de chaînes des valeurs afin de compenser ce que nous consommons localement. »
F. A.