L’Algérie unie dans le recueillement : Le dernier salut d’une nation reconnaissante

Dans le silence grave du Palais du peuple, alourdi par le deuil et la mémoire, les plus hautes autorités de l’État, des figures nationales et des moudjahidine se sont inclinés, hier après-midi, devant la dépouille de l’ancien président de la République, le moudjahid Liamine Zeroual, rappelé à Dieu la veille après une longue épreuve face à la maladie. Dans ce moment suspendu, chargé de dignité et de recueillement, le président du Conseil de la nation, M. Azouz Nasri, le président de l’Assemblée populaire nationale, M. Ibrahim Boughali, la présidente de la Cour constitutionnelle, Mme Leïla Aslaoui, le Premier ministre, M. Sifi Ghrieb, le directeur de Cabinet de la présidence de la République, M. BoualemBoualem, ainsi que des membres du gouvernement, se sont recueillis en silence, récitant la Fatiha à la mémoire du défunt.
Autour d’eux, dans une communion nationale empreinte de gravité, des officiers généraux et des cadres de l’Armée nationale populaire, des responsables politiques, des parlementaires, des moudjahidine et de nombreux citoyens ont défilé, unis dans un même élan de fidélité et de reconnaissance, pour saluer une dernière fois celui qui incarna une page essentielle de l’histoire contemporaine de l’Algérie. Des membres du corps diplomatique accrédité en Algérie ont également tenu à s’associer à cet hommage, témoignant, par leur présence, de la portée et du respect que suscitait la figure du défunt au-delà des frontières. Plus tôt dans la journée, la dépouille, drapée de l’emblème national, avait été portée avec solennité par des officiers de l’ANP jusqu’au Palais du peuple, comme pour inscrire dans la mémoire collective l’ultime adieu rendu à un homme de devoir, avant son inhumation prévue aujourd’hui après la prière du Dohr, dans sa ville natale de Batna. Né à Batna le 3 juillet 1941, Liamine Zeroual s’était engagé dès sa jeunesse dans les rangs de l’Armée de libération (ALN) nationale en 1957, prenant part avec détermination à la glorieuse Guerre de libération nationale, avant de poursuivre, après l’Indépendance, un parcours militaire marqué par l’exigence et l’excellence au sein de l’Armée nationale populaire.
Au fil des années, il s’était vu confier de hautes responsabilités, dirigeant notamment des institutions de formation stratégique telles que l’École militaire de Batna et l’Académie militaire de Cherchell, contribuant ainsi à façonner des générations de cadres et à consolider les fondements de l’institution militaire. Homme de terrain et de commandement, il avait également assumé des responsabilités majeures à la tête des 6e, 3e et 5e Régions militaires, avant d’être nommé commandant des forces terrestres en 1989, s’imposant comme l’un des artisans de la structuration et du renforcement de l’ANP. Appelé aux plus hautes charges de l’État, il accéda en 1994 à la fonction de chef de l’État, avant d’être élu président de la République en 1995, à une période charnière de l’histoire nationale où se jouait le destin du pays. Sa personnalité, faite de fermeté, de lucidité et de retenue, s’était révélée avec acuité dans la gestion des crises qui ont marqué les années 1990, où il fit preuve d’un sens aigu de l’État et d’une détermination constante à préserver l’unité nationale. Attaché à la souveraineté de la décision nationale, il avait également défendu avec constance des positions indépendantes sur la scène internationale et dans la conduite des politiques économiques, inscrivant son action dans une vision profondément ancrée dans l’intérêt supérieur du pays.
Parmi les actes les plus marquants de son parcours politique, demeure sa décision d’organiser une élection présidentielle anticipée en 1999, choix rare qui traduisait une conception exigeante du pouvoir et du devoir. Après avoir quitté la magistrature suprême, Liamine Zeroual s’était retiré dans la discrétion de sa ville natale, choisissant une vie simple, fidèle à son humilité et à une certaine idée de la responsabilité, laissant derrière lui l’empreinte d’un homme d’État dont la mémoire demeure inscrite dans la conscience nationale.

K. A.

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