Dans le processus de l'investissement, le guichet unique est ce dispositif qui rassemble toutes les administrations concernées par l'attribution des visas pour l'investisseur, indique l'économiste Brahim Guendouzi, enseignant à l'université de Tizi-Ouzou.
Il énumère dans une déclaration à El Moudjahid certaines de ces administrations à l'apport, selon lui, important, entre autres, celle des impôts pour ce qui est des avantages fiscaux dont pourrait bénéficier l'investisseur, la direction de l'environnement tenue, quant à elle, de s'assurer que le projet soumis à l'examen ne comporte aucun risque d'ordre environnemental ou encore celle de l'Intérieur chargée de vérifier l'impact dudit projet sur l'ordre public. «Toutes ces administrations et d'autres encore seront donc réunies en un seul lieu qu'on appelle le guichet unique qui sert d'interface par excellence pour l'investisseur». « Ce dispositif qui joue un rôle fondamental», a-t-il poursuivi mettant en relief le fait que le nouveau projet de loi sur l'investissement examiné ce jeudi en réunion du Conseil du gouvernement prévoit la dotation du guichet unique de large prérogatives. «Eu égard à sa mission de facilitateur, il est en effet nécessaire d'octroyer au guichet unique un pouvoir décisionnel élargi afin que l’investisseur soit mis dans les meilleures conditions pour la réalisation de son projet». Préconisant par ailleurs l'utilité de doter le guichet unique d'antennes représentatives au niveau des 58 wilayas, notre interlocuteur se dit aussi convaincu que sa création en vertu du nouveau projet de loi cité plus haut permettra également de consolider la relation de confiance entre l'investisseur et l'administration et de concourir, de surcroît, à l'amélioration du climat des affaires. Mieux, selon Brahim Guendouzi, la mise en place du guichet unique devra aussi se traduire par l'élimination de toute sorte de passes-droit, de trafic d'influence, de népotisme, de corruption et de toutes autres de mauvaises pratiques aux conséquences néfastes sur le processus d'investissement. «Le principe de la transparence et le respect absolu des règles de la République doivent être hissés en règles d'or à faire valoir dans le fonctionnement du guichet unique», a-t-il soutenu. Il relève en outre que le projet de loi sur l'investissement conforte l'Algérie dans son ambition d'insuffler une nouvelle dynamique prometteuse dans ce domaine très porteur, au vu du potentiel en ressources diversifiées dont dispose l'Algérie. «Le projet en question devrait réaffirmer la suppression des verrous qui limitaient le champ de l'investissement, à savoir la règle 51/49 qui traite des IDE et qui n'est en vigueur que dans les secteurs stratégiques, le droit de préemption consacré par l’État en sus de la possibilité pour l'investisseur de financer lui-même son projet», a-t-il expliqué. Autres conditions élémentaires pour le succès de la nouvelle dynamique de l'investissement, celles traitant, d'une part, de la stabilité juridique et de l'attractivité de l'économie algérienne, d'autre part. «Un investisseur c'est un homme d'affaires guidé essentiellement par deux paramètres qui sont la rentabilité de son projet et les risques encourus. Il faudra donc le conforter par des mesures incitatives et lui accorder les avantages pouvant le convaincre de s'installer en Algérie et non pas de choisir une autre destination. Et là c'est une question d'attractivité en faveur de laquelle le gouvernement ne devrait ménager aucun effort» a conclu notre interlocuteur.
Karim Aoudia