Les députés de l’Assemblée populaire nationale (APN) ont adopté, lors d’une séance plénière tenue ce lundi 9 mars 2026 et présidée par Brahim Boughali, président de l’Assemblée, le texte relatif à la criminalisation de la colonisation française en Algérie, objet de désaccord, pour ce qui est d’un nombre de ses dispositions, entre les deux chambres du Parlement.
La séance s’est déroulée en présence d’Abdelmalek Tacherifet, ministre des Moudjahidine et des Ayants droit, représentant le gouvernement, ainsi que de Mme Nadjiba Djilali, ministre des Relations avec le Parlement, et de membres du gouvernement.
Après avoir écouté la présentation faite par le représentant du gouvernement, Mohamed Faouzi Bendjaballah, rapporteur de la Commission paritaire et représentant de l’APN, a mis en avant les objectifs de ce texte, consistant à «instaurer une approche législative juste et équitable, préservant la dignité du peuple algérien et protégeant sa mémoire collective contre toute tentative d’effacement, de déformation, de falsification ou de manipulation», a indiqué un communiqué de l’Assemblée.
Le texte traduit également «la fidélité de l’État aux sacrifices de ses valeureux martyrs, de ses moudjahidine et de toutes les victimes, à travers les différentes étapes de la résistance populaire, du mouvement national et de la lutte de libération pour se libérer du joug du colonialisme et recouvrer la liberté et l’indépendance», a ajouté Bendjaballah qui a également évoqué «les lourdes tragédies humaines laissées par la période coloniale, marquée par des crimes atroces et des violations systématiques ayant touché tous les aspects de la vie».
«Ces politiques visaient l’anéantissement du peuple algérien et se sont traduites par des pratiques de répression, de persécution, de déplacements forcés, de spoliation des terres, d’appauvrissement, de tentative de conversion religieuse et d’ignorance imposée, ainsi que par l’effacement de l’identité culturelle et civilisationnelle du peuple algérien», a-t-il affirmé.
Le rapporteur de la Commission paritaire a conclu en soulignant que «la majorité des débats et délibérations ont accordé une attention particulière aux dispositions faisant l’objet de divergence, dans le but de consacrer la position souveraine de l’État algérien sur la question de la mémoire», le texte marquant ainsi «le passage de la revendication de reconnaissance officielle des crimes coloniaux d’un simple engagement moral ou symbolique vers un cadre juridique et institutionnel clair».