Cross-country : Championnat national 2021 : Une équipe, une épopée, une légende

Grâce à certaines commodités de vie dans les volets culturels hérités du colonialisme, cette jeunesse bénéficia d’une dynamique sportive pluridisciplinaire efficace. Elle conduisit à la réussite pour le bonheur et la joie de la population locale, notamment en matière de football.
Ils habitaient tous le village colonial de « Bidon-Deux », assimilé à une cité dortoir et étaient sans exception aucune, fils de mineurs donc provenant d’immigrés de l’intérieur et de l’extérieur de l’Algérie, sans disposer pour autant d’autre moyen de distraction que le sport.
Cette troisième génération d’athlètes émérites faisait preuve d’un potentiel tactique et physique déjà bien acquis grâce à l’école de la rue, à l’adhésion aux Scouts musulmans algériens, à leurs participations aux compétitions sportives scolaires (FASSU) et aux centres d’apprentissage. Ces athlètes avaient un moral d’acier, une forte détermination et un amour passionné pour le ballon. Circulant dans leurs veines, le football hantait leur esprit et constituait leur raison d’être. Animés par la rage de vaincre et la réussite, ils éprouvaient un immense plaisir à se divertir avec convivialité dans une région frappée par la désolation, l’aridité et l’hostilité contre toute forme de présence humaine. Ils considéraient le succès dans la pratique du sport.
L’USBD était une légende, une épopée, car elle a tant motivé les fantasmes de la jeunesse de cette époque et l’on redoutait cette équipe, car elle était quasiment invincible. Elle disposait d’un coach désigné parmi les enseignants et possédait son propre équipement sportif, son vestiaire et son terrain de jeu aménagé à proximité de l’école.
L’initiation des joueurs portait sur les règles tactiques, l’esprit de cohésion, la défense de zone et les prouesses techniques individuelles, par le biais d’un transfert d’expérience des vétérans aux jeunes. C’est à partir de 1962 que cette troisième génération sortie tout droit de l’école de rue puis de celle du primaire, a valu à l’USBD de ressusciter.
L’USBD devint alors un vivier où se forgèrent les compétences des athlètes, mais aussi des futurs administrateurs, des intellectuels, voire des humanistes.
Plusieurs formations locales les ont courtisés pour leur potentiel technique de qualité. Pourtant c’est à partir de 1966 que des footballeurs de talent courtisés par tous commencèrent à déserter l’USBD pour rejoindre d’autres clubs et que cette équipe commença à chavirer, en dépit de la ferveur et du soutien inconditionnel et incessant de ses fans. Aujourd’hui, l’USBD compte, avec son nouveau staff, redorer son blason et défendre son emblème, en tentant de retrouver sa place parmi les autres équipes qui se sont faits une place dans le monde du football local.
Ramdane Bezza

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