Les explosions qui ont frôlé des bâtiments sensibles du site n’ont pas généré d’augmentation du niveau de radiation, selon l’organe onusien de surveillance du nucléaire.
Les recherches pour retrouver le pilote d’un avion F-15E abattu par la défense antiaérienne iranienne se poursuivaient, hier dans la journée, mobilisant, à la fois les forces américaines et iraniennes, bien entendu avec des motivations diamétralement opposées. L’issue de cet épisode s’impose depuis la riposte fatale contre cet avion de suprématie aérienne, vendredi, vers le centre du territoire iranien, comme un des principaux enjeux immédiat de la guerre, qui entre désormais dans sa sixième semaine. Washington cherche absolument à s’éviter une capture du pilote par les forces iraniennes et une fort probable exploitation politique et médiatique des faits, qui amplifierait le retentissement d’un événement vécu comme un revers opérationnel et symbolique par la première puissance militaire mondiale. Téhéran, pour sa part, engrange un net avantage psychologique et voit là l’occasion de faire la démonstration de la résilience de son système défensif, et de ses capacités à faire face, après plus des dizaines de milliers de frappes américano-sionistes contre ses installations. L’enjeu est tellement perçu comme décisif, à Téhéran, qu’un appel solennel a été diffusé à la population, promettant «une récompense généreuse» à toute personne livrant le pilote recherché «vivant» aux autorités. Un autre appareil d’attaque aurait été, par ailleurs, touché et se serait écrasé dans les eaux du Golfe, selon les autorités iraniennes, durant la même journée, soit 48 heures après le discours de Donald Trump, mercredi, assurant, entre autres, avoir neutralisé les capacités défensives de la République islamique. Le Président américain, qui suit personnellement l’évolution des opérations de recherche, a relativisé l’impact de l’événement, affirmant que c’était le genre de risque encouru en toute guerre.
Hier, les échanges de frappes et de salves de missiles et de drones se sont poursuivis, avec une intensité renouvelée, débordant de nouveau sur des cibles dites stratégiques, dont des sites sensibles. Selon les médias iraniens, une frappe a touché, hier, le secteur de la centrale nucléaire de Bouchehr, dans le sud du pays, tuant un agent de sécurité sur place. Les installations n’ont cependant pas été endommagées, précisent les mêmes sources. Moscou a décidé, de suite, l’évacuation immédiate de 198 employés de la centrale. Les explosions qui ont frôlé des bâtiments de l’installation n’ont pas généré d’augmentation du niveau de radiation, selon l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), qui exprime, néanmoins, sa profonde inquiétude» devant les graves conséquences de ce genre d’incidents. Des médias internationaux font état, par ailleurs, d’une vague de frappes israéliennes sur des complexes industriels de transformation pétrochimiques, dans le sud-ouest du territoire iranien. Un terminal commercial du poste-frontière de Shalamcheh avec l’Irak a été également frappé, confirmant une option tactique vers le ciblage de l’infrastructure stratégique et économique. Le ministre iranien des Sciences soutient, d’autre part, qu’une trentaine d’établissements universitaires ont été ciblés les cinq dernières semaines. En face, le corps des Gardiens de la révolution de la République islamique affirme avoir lancé de nouveaux essaims de missiles, une centaine, sur des cibles israéliennes au cœur des territoires palestiniens occupés, dont les redoutables projectiles à fragmentation. Deux d’entre eux aurait atterri non loin du ministère de la défense sioniste. Au Bahreïn, des interceptions de projectiles iraniens auraient, par ailleurs, fait plusieurs blessés, tandis qu’à Dubaï, un immeuble abritant le siège de l’entreprise américaine Oracle, spécialisée dans les systèmes de gestion de données informatiques, aurait été ciblé et endommagé. D’autre part, un communiqué des forces iraniennes apprenait, hier, à la mi-journée qu’un navire commercial sioniste, «sous faux pavillon», a été ciblé du côté du détroit d’Ormuz, 48 heures après qu’un porte-conteneurs du groupe de transport maritime CMA CGM ait pu transiter sans encombres par le même passage.
M. S.