Placée sous le signe du lien et de la mémoire : la 18e édition du FNTP célèbre Abdellah Hamlaoui

Ph.:Wafa
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Quand le théâtre élève la voix, ce ne sont pas les murs qui vibrent, mais les distances qui s’effacent. C’est dans cet esprit que la 18ᵉ édition du Festival national du théâtre professionnel s’est dévoilée, hier, au Théâtre national algérien Mahieddine-Bachtarzi, lors d’une conférence de presse animée par son commissaire, Mohamed Yahiaoui.

Placée sous le slogan  «Quand le théâtre parle… les distances se réduisent…», cette édition se veut une réponse artistique à un monde fragmenté. «À une époque où les distances entre les êtres dépassent la simple géographie, le théâtre retrouve toute sa vitalité, unissant ce qui a été dispersé et reliant ce qui a été séparé», a affirmé le commissaire. Prévu du 22 du mois en cours au 1er janvier prochain à Alger, le festival investira le Théâtre national algérien et ses annexes, tout en s’ouvrant largement sur l’espace urbain à travers des performances de théâtre de rue programmées sur la place Mohamed-Touri. «La scène est un espace de passage entre les mondes, un lieu d’écoute avant la parole et de proximité avant la rencontre», a expliqué Mohamed Yahiaoui, soulignant la volonté de faire du FNTP un moment de partage entre artistes, public et ville.

Cette 18e édition rend hommage au comédien Abdellah Hamlaoui, figure marquante du théâtre algérien. «Il n’était pas seulement un acteur, mais une âme humaine incarnée sur scène», a rappelé le commissaire, évoquant un artiste capable de transformer la sobriété en force expressive et rendant hommage, à travers lui, à toute une génération qui a façonné la mémoire théâtrale nationale avec constance et humilité. Sur le plan de la programmation, Mohamed Yahiaoui a annoncé une compétition officielle réunissant dix-huit compagnies professionnelles issues des théâtres régionaux et de l’Institut supérieur des métiers du spectacle vivant, sélectionnées par un comité d’experts sur la base de critères artistiques exigeants, allant de la qualité du texte à l’innovation esthétique.

Le festival proposera également des ateliers de formation, des séminaires universitaires dédiés à l’analyse des spectacles, des rencontres intellectuelles, des performances de théâtre de rue et un espace consacré aux «laboratoires de textes théâtraux», pensé comme un lieu de recherche et d’expérimentation. «Nous ne considérons pas le théâtre comme un événement éphémère, mais comme une mémoire vivante et une responsabilité», a insisté Yahiaoui. Les distinctions, couvrant l’ensemble des métiers de la scène, récompenseront la meilleure production théâtrale, l’écriture, la mise en scène, l’interprétation féminine et masculine, la scénographie, la création musicale ainsi qu’un prix du jury.

Concluant son intervention, Mohamed Yahiaoui a rappelé que «soutenir le professionnalisme théâtral demeure un engagement ferme», exprimant sa gratitude au ministère de la Culture et des Arts, aux artistes, aux équipes techniques, aux médias et à un public fidèle, «sans lesquels ce festival ne serait pas ce lieu rare où les âmes se rencontrent avant les corps et où l’on écoute, ensemble, l’appel du théâtre», a-t-il conclu.

S. O.

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