Sommet du G20, Solidarité, développement durable et réforme du système financier international : le Plaidoyer du Président Tebboune

Le Président Abdelmadjid Tebboune a marqué le Sommet du G20 à Johannesburg par un discours fort, réaffirmant les principes de souveraineté, de solidarité et de responsabilité collective pour faire face aux conflits politiques et économiques contemporains.

Lors de la session consacrée à la solidarité, à l'égalité et au développement durable, le discours du Chef de l'État, lu en son nom par le Premier ministre Sifi Ghrieb, s’est distingué sur plusieurs points. Il a porté notamment sur une analyse critique du système financier international, d’une vision stratégique pour la paix et la prospérité en Afrique, soutenue par des chiffres et des actions concrètes, ainsi qu’un plaidoyer pour des réformes profondes afin d'alléger le fardeau de la dette souveraine. D’emblée, le président de la République s’est adressé directement au président sud-africain Matamela Cyril Ramaphosa « pour son aimable invitation adressée à Algérie, en tant qu'invité du G20, à participer à ce Sommet durant la présidence tournante de l'Afrique du Sud ». Abdelmadjid Tebboune a également salué les efforts déployés par la présidence sud-africaine pour la préparation du Sommet à travers, de nombreuses réunions ministérielles et d'experts qui ont abordé de nombreux sujets sensibles et importants liés aux priorités du G20  ». Le chef de l’Etat a ensuite planté le décor d’un monde en proie à des défis d'une extrême complexité, tant politiques qu'économiques. Selon lui, « la non-résolution de ces défis persistants menace la cohésion mondiale et projette ses ombres, directes et indirectes, sur toutes les nations sans distinction », ce qui exige, a-t-il insisté, un effort unifié nourri par des idées innovantes et des initiatives précises. Il a affirmé avec force qu’il était indéniable que « la pauvreté, le chômage, les inégalités et les disparités de développement, particulièrement en Afrique, conjugués aux crises nées du changement climatique, aux pénuries d'énergie, aux questions de sécurité alimentaire et aux niveaux d'endettement inédits, constituent des risques majeurs pour la communauté internationale ». Face à ces périls, il a appelé à poursuivre la réflexion sur des plans internationaux axés sur la solidarité pour obtenir des résultats concrets, répondant ainsi aux attentes des peuples les plus démunis. Le président de la République a constaté qu’en dépit des efforts des Nations unies, le chemin restait long pour atteindre les objectifs de développement, surtout pour les pays les plus pauvres. En ce sens, il a rappelé qu’à moins de cinq ans de l'échéance de 2030 pour les Objectifs de Développement Durable, ceux-ci demeurent largement hors de portée, avec seulement 12 % en cours de réalisation et la moitié confrontée à des difficultés requérant une mobilisation accrue. À cet égard, il a renouvelé ses éloges pour les priorités choisies par l'Afrique du Sud, visant à trouver des solutions réalistes aux défis actuels pour inaugurer une ère de partage de la croissance. Il a décrit le G20 « comme une locomotive pour les transformations globales et inclusives » et s'est dit « honoré que le Président Ramaphosa porte la voix de l'Afrique pour mobiliser les ressources et attirer l'attention sur le continent ». Il s’est dit convaincu en outre que l’augmentation du taux du développement en Afrique est intimement liée à la stabilité, à la paix et à une réduction de l’émigration, tout en passant par la résolution des conflits souvent engendrés par la pauvreté et la marginalisation. Il a aussi mis en avant les progrès significatifs de l’Algérie dans la réalisation des objectifs de développement et son soutien constant aux pays du Sahel via des projets de développement dotés d'un budget consistant. « L’Algérie n'a jamais manqué de tendre la main aux pays du Sahel africain dans le cadre de la coordination régionale et internationale, et à travers l’Agence Algérienne de Coopération et de Solidarité Internationale via des projets de développement, pour lesquels mon pays a alloué un budget substantiel », a souligné le Président Tebboune. Abordant par ailleurs les priorités inscrites au Sommet du G20, le chef de l’Etat a articulé sa position en quatre points essentiels. Il a d’abord associé l’Algérie à l'appel de l'Afrique du Sud pour un traitement urgent du fardeau de la dette de son service pour les pays en développement et les plus pauvres, prônant l'effacement partiel ou la conversion en investissements directs et viables. En guise d'action concrète, il a rappelé que l'Algérie « soucieuse de contribuer à trouver des solutions à cette problématique, a pris l'initiative d'effacer la dette de 18 pays africains afin d'alléger le fardeau de l'endettement de ces pays frères ». Sur ce même chapitre, le chef de l’Etat a pointé la complexité technique des politiques d'évaluation des risques des institutions financières, qui alourdit le service de la dette, et a appelé à des réformes profondes « susceptibles de trouver une issue aux pays qui gémissent sous le poids de la dette souveraine ». Deuxièmement, l’Algérie se joint aussi, affirme le président de la République, aux voix réclamant une réforme des organisations financières internationales. Il a plaidé pour une révision des mécanismes décisionnels afin d'assurer une représentation juste et équitable des pays en développement et de l'Afrique, tenant compte de leur poids démographique et économique croissant. Troisièmement, dans le domaine des énergies renouvelables, il a affirmé que l'Algérie n'a cessé de plaider pour la mobilisation de financements et de ressources afin d'aider les pays pauvres dans leur transition vers l'énergie verte. « L’Algérie appelle à la concrétisation de partenariats bilatéraux et internationaux entre les États membres du G20 et les pays partenaires, axés sur la transition énergétique, car nous pouvons ensemble réaliser un bond historique dans ce domaine », a-t-il précisé. Quatrièmement, l’Algérie a exprimé son soutien à toutes les initiatives visant à augmenter les financements pour la prévention des risques majeurs et la réponse rapide aux catastrophes. Soulignant qu'aucun pays n'est à l'abri, le chef de l’Etat a enjoint les institutions financières internationales à réfléchir à un mécanisme de financement dédié, activable sur demande d’un pays sinistré.

Le Président Tebboune a souligné que solidarité et responsabilité collective sont essentielles, appelant à réformer les institutions financières internationales et alléger la dette des pays en développement.

Le Président Tebboune a rappelé l’engagement de l’Algérie dans le développement régional et international

K. A.

------------------------------------------------

Adhésion de l’UA au G20 : une opportunité pour le continent

Le Président de la République a salué « avec une grande satisfaction l'adhésion de l'Union Africaine au G20 », y voyant une opportunité de mieux défendre les intérêts du continent et de faire connaître la perspective africaine sur les questions économiques internationales. « Le partenariat gagnant-gagnant entre les deux parties, j'entends par là l'Afrique et le G20, trouvera sa place naturelle au sein de la Zone de Libre-Échange Continentale Africaine (ZLECAf) qui revêt une importance particulière pour les États africains en termes de développement de l'intégration et de la coopération régionale, ainsi que de promotion d'une croissance inclusive et durable pour le continent », a-t-il spécifié. Sur un autre volet, l’Algérie rejoint, indique le Président Tebboune, les appels internationaux pour lutter contre les flux financiers illicites en provenance d'Afrique et pour une exploitation équitable des ressources minérales pour le développement du continent. « Ces ressources se trouvent sur des terres africaines et appartiennent avant tout aux Africains », a-t-il martelé.

K. A.

------------------------------------------------

Pour construire un avenir meilleur pour le peuple palestinien : « l’Algérie rejoindra toute initiative lancée par le G20 »

« Le monde a été témoin pendant deux années d'atrocités à Ghaza et en Cisjordanie, qualifiées d'anéantissement systématique et complet contre le peuple palestinien, devant lequel l’humanité est restée impuissante », a souligné le Président Tebboune dans son discours, lu en son nom par le Premier ministre au Sommet du G20. Il a déploré l'incapacité du Conseil de Sécurité et des condamnations internationales à arrêter ces massacres. « De nombreuses réunions du Conseil de Sécurité et les condamnations internationales n'ont pas pu arrêter cette destruction et ces massacres horribles, malgré deux années de famine et de tuerie systématiques », a-t-il rappelé. Aujourd'hui, porté par un espoir d'avenir meilleur pour le peuple palestinien, le Président Tebboune a salué les rôles du Secrétaire Général de l'ONU et des pays épris de paix. En ce sens, il a adressé des remerciements particuliers à Donald Trump, président des États-Unis, Cheikh Tamim bin Hamad Al Thani, Émir du Qatar, Abdel Fattah Al-Sissi, président de l'Égypte et Recep Tayyip Erdoğan, président de la Turquie « pour les efforts soutenus qu'ils ont déployés et qui ont permis de mettre un terme à ce triste génocide contre le peuple palestinien », a-t-il souligné. Il a estimé que l'immense destruction à Ghaza exige une mobilisation internationale pour reconstruire et redonner espoir. Ayant qualifié la persécution du peuple palestinien de fait rare dans l'histoire humaine, il a exprimé l'espoir que le G20 serait à l'avant-garde d'une mobilisation générale pour bâtir un avenir meilleur pour les Palestiniens, annonçant que l'Algérie se joindrait à toute mesure entreprise en ce sens.

K. A.

 

Sur le même thème

Multimedia