À l’approche de l’Aïd, Alger s’illumine et s’anime dans une effervescence festive. Entre vitrines et boutiques, les familles se pressent pour choisir la tenue idéale, donnant lieu à une véritable frénésie d’achats.
À la tombée de la nuit, les rues commerçantes d’Alger s’illuminent et se remplissent peu à peu d’une foule animée. Devant les vitrines éclairées, parents et enfants s’arrêtent, observent, comparent, puis franchissent les portes des boutiques. À une dizaine de jours de l’Aïd, les préparatifs battent déjà leur plein dans la capitale, où l’achat des vêtements de fête reste l’une des traditions les plus vivaces.
Dans les artères les plus fréquentées, cette effervescence se fait particulièrement sentir. Didouche-Mourad, Larbi-Ben-M’hidi, El-Biar ou encore Chéraga voient défiler chaque jour des familles venues chercher la tenue qui accompagnera la célébration de cette journée tant attendue. Car, pour beaucoup d’Algériens, porter un habit neuf le jour de l’Aïd ne relève pas simplement du plaisir. Il s’agit d’un rituel profondément ancré dans les habitudes familiales, transmis de génération en génération. Si les rues commerçantes restent relativement calmes durant la matinée, l’atmosphère change radicalement à partir de la soirée.
Après le ftour, les magasins s’animent et la fréquentation augmente sensiblement. Dans certaines boutiques, les clients défilent jusque tard dans la nuit. «La plupart des familles viennent après le ftour. Les enfants sont encore à l’école, donc la journée est moins propice aux achats», explique un commerçant rencontré au centre-ville. En ce week-end, l’activité s’est intensifiée encore davantage. Beaucoup profitent de ces moments de repos, pour consacrer quelques heures à la recherche de la tenue idéale. Conscients de cette dynamique, plusieurs commerçants ont d’ailleurs adapté leurs horaires. «Nous restons ouverts tard en soirée, car c’est à ce moment-là que les clients sont les plus nombreux», indique un vendeur dans un magasin de Chéraga. Pour attirer la clientèle, les commerçants ont renouvelé leurs rayons et multiplié les modèles afin de répondre à une demande variée. «Nous essayons de proposer plusieurs gammes de prix, pour que chacun puisse trouver quelque chose selon son budget», souligne un vendeur à El-Biar. Dans les boutiques, les ensembles pour enfants se situent généralement entre 5.000 et 9.000 dinars. Les chaussures, quant à elles, sont proposées entre 3.000 et 5.000 dinars.
Pour les adolescents, les vitrines mettent, notamment, en avant des jeans bleu foncé inspirés des tendances vintage, proposés entre 4.500 et 7.000 dinars. Les blousons sont affichés à partir de 5.000 dinars, tandis que les pulls se situent autour de 3.000 dinars. Du côté des filles, les rayons offrent également une grande diversité d’articles, allant des vestes et robes, aux chemises et jupes, avec des prix qui varient selon la qualité et l’enseigne. Les baskets figurent parmi les articles les plus demandés. Leur prix varie fortement selon la qualité et la marque, allant de 3.000 dinars, pour les modèles les plus accessibles, à plus de 12.000 dinars, pour les versions haut de gamme. Cette année, certaines tendances se distinguent clairement dans les choix vestimentaires des adolescents. Le style inspiré des années 1970 semble faire un retour remarqué dans les collections. Jeans larges, pantalons baggy et vestes au look vintage attirent particulièrement les jeunes clients. «C’est une tendance qui plaît beaucoup en ce moment. Les jeunes recherchent ces styles rétro», confirme un commerçant à El-Biar.
Chez les garçons, les ensembles sportifs restent également très prisés, notamment pour leur côté pratique et leur large disponibilité. Les femmes aussi célèbrent l’Aïd avec élégance. Au-delà des achats destinés aux enfants, cette période est également l’occasion pour de nombreuses femmes de s’offrir une nouvelle tenue. Après un mois consacré à la préparation du Ramadhan et aux soins de leur famille, certaines profitent de l’Aïd, pour se faire plaisir. Dans les boutiques, les robes d’intérieur et les djebas occupent une place importante dans les rayons. «C’est ma petite récompense après un mois de Ramadhan bien chargé», confie Lynda, rencontrée dans un magasin à Didouche-Mourad. Pour d’autres clientes, l’objectif est également de recevoir la famille dans une tenue élégante. «L’Aïd est un moment de partage. On aime accueillir les invités dans une belle tenue», explique une acheteuse, en parcourant les rayons. Face à l’affluence qui accompagne les préparatifs de l’Aïd, un dispositif de sécurité a été déployé dans plusieurs artères commerçantes de la capitale. Dans les quartiers les plus fréquentés, policiers et gendarmes sont mobilisés, afin de réguler la circulation et veiller au bon déroulement des déplacements des citoyens. Leur présence est particulièrement visible aux abords des grandes artères et des zones commerciales, où la circulation devient plus dense à mesure que les achats s’intensifient.
Des patrouilles sont également déployées, pour assurer la sécurité des passants et fluidifier le trafic. Cette mobilisation vise à permettre aux familles d’effectuer leurs achats dans un climat serein, tout en facilitant la circulation dans des zones fortement sollicitées à l’approche de l’Aïd. Si l’effervescence des achats traduit la joie qui accompagne l’approche de l’Aïd, elle rappelle également qu’un certain nombre de familles ne disposent pas toujours des moyens nécessaires pour acheter des vêtements neufs à leurs enfants. C’est pourquoi plusieurs associations et initiatives citoyennes organisent chaque année des opérations de solidarité, afin de distribuer des habits aux familles les plus modestes.
Des gestes qui permettent à de nombreux enfants de vivre pleinement la joie de cette fête et qui perpétuent l’esprit de partage et de générosité qui caractérise l’Aïd.
K. H.
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Promotions, remises et offres spéciales : les commerçants misent sur les bonnes affaires
À quelques jours de l’Aïd-El-Fitr, les rues commerçantes d’Alger vibrent sous l’effervescence des achats de dernière minute. Dans les marchés, les galeries marchandes et les centres commerciaux, l’animation est palpable. Parents et enfants arpentent les allées des boutiques, s’arrêtent devant les vitrines et prennent le temps d’examiner les nouvelles collections à la recherche de la tenue idéale, pour célébrer cette fête tant attendue. Pour les commerçants, cette période représente l’un des moments les plus importants de l’année.
L’activité commerciale connaît un véritable pic à l’approche de l’Aïd. Amine, propriétaire d’une boutique de prêt-à-porter pour enfants, affirme que la dernière ligne droite du Ramadhan est particulièrement intense. L’activité s’intensifie, surtout en soirée, lorsque les familles sortent faire leurs achats après la rupture du jeûne. Certains parents n’hésitent pas à acheter jusqu’à deux tenues différentes pour chaque enfant. Selon lui, les promotions jouent un rôle essentiel, pour attirer les clients. Il indique que des réductions allant de 30% à 70% sont proposées afin d’écouler le stock, tout en permettant à un maximum de clients, notamment ceux aux revenus modestes, de profiter de prix plus accessibles. Même constat pour Malek, vendeur dans un centre commercial. Il explique que les commerçants attendent cette période avec impatience, car elle représente une part importante de leur chiffre d’affaires annuel. Les familles viennent souvent en groupe et souhaitent offrir à chaque enfant une tenue complète pour célébrer la fête.
Dans les magasins, les enfants ne cachent pas leur excitation. Entre essayages de chaussures, robes ou costumes, l’ambiance est joyeuse et animée. Beaucoup s’imaginent déjà porter leurs nouveaux habits le matin de l’Aïd, un moment particulièrement attendu. Taoues raconte en souriant : «Mon fils tenait absolument à choisir lui-même ses chaussures. Pour les enfants, cette étape est presque aussi importante que la fête elle-même.» Afin d’attirer les clients et d’écouler leurs collections, certains magasins multiplient les promotions à l’approche de la fête. Dans plusieurs boutiques de prêt-à-porter pour enfants, des remises intéressantes permettent aux familles de trouver des tenues complètes à des prix plus accessibles.
Dans l’une d’elles, une tenue pour garçon, composée d’un pantalon, d’un pull et d’une veste destinée aux enfants de six mois à cinq ans, est proposée à 3.900 DA au lieu de 6.500 DA. Du côté des fillettes, certaines robes accompagnées d’une veste sont affichées à 3.000 DA, tandis que d’autres modèles sont proposés à 1.900 DA seulement. Les ballerines, très prisées pour compléter la tenue de l’Aïd, sont quant à elles vendues à 1.800 DA au lieu de 3.000 DA. Entre les rayons colorés et les étalages soigneusement organisés, les clients prennent le temps d’observer, de comparer et d’hésiter avant de faire leur choix. Il n’est pas rare de voir des familles repartir avec plusieurs articles, profitant de ces réductions pour renouveler la garde-robe des enfants.
R. B.