La nouvelle du décès de l’ancien président de la République, Liamine Zeroual, a suscité une vive émotion à Tizi Ouzou, où de nombreux citoyens ont exprimé leur profonde tristesse et leur reconnaissance envers un homme d’État qui a marqué une période charnière de l’histoire nationale.
Dans les rues de la ville comme dans les villages de la wilaya, les habitants évoquent unanimement la mémoire d’un dirigeant respecté pour sa probité, son intégrité et son sens élevé de l’État.
«C’était un homme propre, un patriote sincère engagé au seul service de l’Algérie et de son peuple», a confié le député Meziane Djouzi, ancien chef de la Délégation exécutive communale (DEC)de Yakouren, durant la présidence du défunt Zeroual. Durant la décennie noire du terrorisme, Liamine Zeroual a «su faire preuve de fermeté face à la menace obscurantiste, tout en œuvrant à préserver les fondements de la République», a témoigné l’ancien DEC, affirmant qu’il a «tenu bon quand le pays était au bord du gouffre en raison de la nébuleuse terroriste». «Je salue, en cette triste occasion, son courage politique et son attachement indéfectible aux institutions républicaines», a-t-il témoigné, en précisant que c’est grâce aux hommes de la trempe de Liamine Zeroual que l’Algérie n’a pas abdiqué face à la horde terroriste et ses sponsors.
«L’Algérie vient de perdre l’un de ses hommes d’État les plus intègres et les plus courageux : le Président Liamine Zeroual, moudjahid, officier d’exception et chef d’État respecté», a ajouté l’ancien DEC. «J’ai eu l’honneur de servir l’État en tant que président de la Délégation exécutive communale (DEC) de Yakourène, wilaya de Tizi Ouzou, entre 1993 et 1998, au cœur de la décennie noire. Durant cette période, l’Algérie affrontait une violence aveugle», a-t-il affirmé, en rappelant que chaque jour, l’administration locale faisait face à la menace, aux assassinats ciblés, aux faux barrages et aux intimidations …
C’est dans ce contexte d’effondrement annoncé, ajoute l’ancien DEC, que Liamine Zeroual fut appelé à la tête de l’État, puis élu à une écrasante majorité par un peuple en quête de stabilité.
Son arrivée à la présidence a marqué un tournant décisif. Avec courage et lucidité, le Président Zeroual a refusé toute capitulation devant l’extrémisme et sous son autorité, et avec la force de l’Armée nationale populaire, la riposte a été organisée contre le terrorisme, en créant les Patriotes, les Groupes de légitime défense (GLD) et la Police communale, permettant de protéger des milliers de villages et de sauver des centaines de milliers de vies, selon Meziane Djouzi, témoin de cette période sombre de l’histoire de notre pays. «Je peux témoigner, en tant que responsable local, que sans cette stratégie ferme et coordonnée, la République aurait pu tomber entre les mains du fanatisme. Durant dix années de calvaire, Zeroual a tenu, il n’a jamais cédé, et il a protégé l’État algérien avec un sens du devoir exceptionnel», a-t-il asséné, avec une forte émotion, en affirmant avec certitude que «son action durant la décennie noire restera gravée dans l’histoire comme l’un des piliers du sauvetage de la République».
Comme cet ancien DEC et patriote, beaucoup de citoyens se souviennent aussi du rôle déterminant qu’a joué le défunt Président durant ces années les plus sombres. Tous sont unanimes à souligner son intransigeance et sa fermeté inébranlable face aux groupes terroristes armés et leurs sponsors, ayant failli ébranler les fondements républicains de l’Algérie. «Zeroual a incarné une image rare de responsabilité et de modestie au sommet du pouvoir», a affirmé un retraité rencontré au Centre-ville, rappelant, lui aussi, le rôle majeur qu’a joué le défunt dans le rétablissement de l’ordre et de la paix en Algérie. Dans les cafés et les espaces publics, les discussions tournent autour d’un précieux héritage consistant en la résilience face à n’importe quelle menace. En effet, le défunt Liamine Zeroual est, pour la majorité des Algériens, celui qui, malgré la violence ambiante, a tenté d’ouvrir des perspectives de sortie de crise, en privilégiant le dialogue, tout en refusant toute compromission avec les groupes extrémistes. À Tizi Ouzou, région marquée elle aussi par les tragédies de cette période, la figure de Zeroual reste associée à une certaine idée de l’État, ferme, juste et déterminé à faire face à toute situation, aussi périlleuse soit-elle, comme fut celle de la décennie noire du terrorisme. En cette circonstance douloureuse, nombreux sont ceux qui appellent à préserver la mémoire d’un homme qui aura servi l’Algérie «avec honneur et dignité».
Des hommages spontanés continuent de s’exprimer sur les réseaux sociaux, traduisant l’attachement d’une population à une personnalité qui, au-delà des divergences, aura su rassembler autour des valeurs essentielles de la République.
B. A.