Décès de l’ancien Président, le moudjahid Liamine Zeroual — Témoignages d’Oran : une trajectoire d’exception

La disparition de Liamine Zéroual ravive, avec une intensité particulière, la mémoire d’une période charnière de l’histoire nationale. À la tête de l’État dans un contexte de crise profonde, il avait su incarner une autorité empreinte de sobriété, de fermeté et de sens du devoir. Aujourd’hui, historiens, moudjahidine, politologues et citoyens anonymes saluent unanimement un homme d’État qui, au cœur de la tourmente, a contribué à préserver les fondements de la République, à défendre la souveraineté nationale et à maintenir l’Algérie debout. À travers ces témoignages croisés, se dessine le portrait d’un dirigeant dont l’empreinte demeure indélébile dans la mémoire collective.

  • Fouad Soufi, Ancien sous-directeur des Archives nationales :
    « Une position digne et souveraine »

Intervenant en sa qualité d’intellectuel et d’historien, Fouad Soufi retient, avant tout, de Liamine Zéroual la position d’un homme qui a su redonner à l’Algérie sa place sur la scène internationale, à un moment où son image était profondément altérée. Selon lui, le défunt Président «a réussi à remettre en marche la machine diplomatique algérienne», en démontrant que l’Algérie ne se résumait pas aux violences dont elle était victime. Il évoque, notamment certaines prises de position fermes du chef de l’État sur la scène internationale, illustrant une attitude digne et souveraine, refusant toute forme de pression ou d’ingérence, en faisant preuve d’indépendance dans ses décisions, notamment face aux pressions de certaines institutions internationales.

  • El-Hadj Freha , Moudjahid et ancien responsable du bureau de l’ONM :
    « Un homme intègre »

Pour El-Hadj Freha, le mot qui résume le mieux la personnalité de Liamine Zéroual est sans équivoque : «l’intégrité». «Si je devais associer son nom à un seul qualificatif, ce serait celui d’homme intègre», a-t-il insisté, appuyant fortement sur ce trait qu’il considère comme fondamental.
Il ajoute : «Je le considère parmi les meilleurs Présidents qu’ait connus l’Algérie», saluant à la fois son sens de l’État, sa probité morale et son engagement au service du pays dans une période critique.

  • Fouad Zenati, Politologue :
    « Il a sauvé l’Algérie »

Selon lui, le défunt Président fait partie des figures marquantes de l’Algérie post-indépendance. Il a rappelé que son passage à la tête de l’État est intervenu «dans une phase extrêmement difficile», où le pays faisait face à des défis majeurs, tant sur le plan interne qu’international.
Pour lui, Liamine Zeroual a été l’un des hommes qui ont contribué à sauver l’Algérie, ses institutions et sa cohésion sociale. Évoquant son action sur la scène internationale, il a souligné que, malgré la gravité de la situation sécuritaire, l’Algérie n’a jamais été absente. «Le Président a représenté le pays dans de nombreux forums internationaux, que ce soit aux Nations unies, dans le monde arabe ou en Afrique», a-t-il rappelé.
Il a insisté également sur son rôle dans la défense de la souveraineté nationale, en s’opposant aux pressions extérieures et en œuvrant, avec les institutions de l’État, à la préservation de l’économie nationale et de l’indépendance du pays.

- - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - 

Une mémoire vivante dans le regard des citoyens

Dans la rue, dans les foyers ou sur les lieux de travail, nombreux sont ceux qui évoquent le souvenir d’un homme ayant répondu à l’appel du devoir à un moment décisif de l’histoire nationale. Sofiane, étudiant en architecture, se remémore «les grandes mobilisations populaires lors des élections organisées sous sa présidence, dans l'un des moments les plus difficiles de notre histoire post-indépendance», qu’il considère comme un moment fort d’unité nationale. «C’était une manière pour les Algériens de dire que l’État devait rester debout, coûte que coûte», a-t-il confié.
De son côté, El-Hadj Slimane, retraité, a insisté sur la dimension humaine du défunt Président. «Il parlait peu, mais chaque mot avait du sens. C’était un homme sage, lucide, avec une grande moralité», témoigne-t-il.
Khadija, enseignante, a évoqué, quant à elle, une figure marquante de résilience nationale. «Il a dirigé le pays à une époque où l’Algérie était à feu et à sang. Il a su faire face au terrorisme et préserver l’image du pays à l’étranger», a-t-elle souligné. Enfin, Samira, artisane, retient l’image d’un dirigeant qui a su être présent lorsque l’Algérie était au bord de l’effondrement. «Beaucoup le voient comme celui qui a été là à un moment décisif. Il a su tenir bon», a-t-elle affirmé.

A. S.

Sur le même thème

Multimedia