Fixant les caméras, d’un ton ferme et direct, Liamine Zeroual déclarait : «Je tiens à souligner, chers frères et sœurs, la ferme volonté de l'État de combattre ces groupes terroristes.» C’était un vendredi 24 janvier 1996. Ancien président de la République, disparu samedi dernier à l’âge de 84 ans, il laisse derrière lui l’image d’un dirigeant façonné par l’histoire et les épreuves. Dans une Algérie des années 1990, meurtrie par la violence, la peur était partout. Les villes et les villages vivaient au rythme des deuils. Dans ce contexte, Liamine Zeroual est devenu le visage d’un État déterminé à maintenir l’ordre et la stabilité. L’arrivée au pouvoir s’est faite dans la tempête. En 1994, le pays traversait l’une de ses périodes les plus difficiles. Les violences se multipliaient et la population craignait pour son avenir. Militaire de carrière et ancien moudjahid, Liamine Zeroual portait la discipline et le sens du devoir. Né le 3 juillet 1941 dans la wilaya de Batna, il rejoint très jeune la lutte pour l’indépendance. À 16 ans, il prend les armes dans les rangs de l’Armée de libération nationale (ALN). Cette expérience a forgé en lui un caractère solide, capable de décisions rapides et d’une grande endurance face à la pression. Lors de ses interventions publiques, le ton ferme et le regard direct laissaient une forte impression. La promesse de lutter contre le terrorisme islamiste et l’assurance que l’État ne céderait pas symbolisaient tout bonnement l’engagement à protéger la population et à restaurer la confiance. Élu président en 1995, sa mission consistait à renforcer l’État et à consolider ses institutions. Sa stratégie combinait entre la lutte contre la violence et le retour à une vie politique organisée.
En 1998, l’annonce de ne pas se représenter surprend. Après son départ, l’homme avait décidé de se retirer presque complètement de la scène publique. Le silence et la discrétion ont renforcé en lui le respect que portent de nombreux citoyens. Il était attaché au service de la patrie plutôt qu’à la visibilité médiatique. Avec sa disparition, une page importante de l’Histoire nationale se referme. Liamine Zeroual restera associé à une période où chaque décision pouvait influencer le destin du pays, dans un contexte difficile mais où la volonté de préserver l’État restait essentielle. Du maquis de la guerre de Libération au palais présidentiel, son parcours illustre une vie guidée par le devoir et la responsabilité. Dans la mémoire collective persistera l’image d’un dirigeant debout face aux épreuves, déterminé aussi à défendre l’État et à protéger la population.
A. F.