De son ralliement, très jeune, au sein de l’Armée nationale populaire, à sa dernière apparition publique, le 19 octobre 2023, lorsqu’il avait participé à une marche de solidarité en soutien à la population de Ghaza, que de chemin parcouru par le défunt Liamine Zeroual. Un homme qui a assurément marqué l’histoire de l’Algérie de par son aura, ses prises de positions fermes et son intégrité incontestée, couplées à un patriotisme de première heure, comme en témoigne son engagement dans la guerre de Libération nationale alors qu’il n’avait pas encore atteint 16 ans.
Né le 3 juillet 1941, à Batna, Liamine Zeroual est âgé de 21 ans quand l’Algérie arracha son indépendance. Il s’engagera, dès lors, au sein de l’Armée nationale populaire et bénéficiera d’une formation militaire de haut niveau, que ce soit en Égypte, en ex-URSS ou encore en France, avec à la clé de nombreux diplômes décrochés dans des Écoles militaires (Moscou, Paris,…), ce qui lui avait permis d’exercer différentes fonctions au sein de l’ANP et de gravir les échelons, jusqu’à devenir ministre de la Défense nationale, en 1993, après s’être élevé, en 1988, au rang de général et promu commandant des Forces terrestres, une année plus tard. Mais avant d’atteindre cette importante fonction, le moudjahid avait occupé plusieurs postes militaires et dirigé des établissements de formation stratégique telles l'Ecole d’application des armes de Batna (1974-1975) et l'Académie militaire de Cherchell, à Tipasa, (1981-1982). Il avait également exercé les fonctions de commandement au niveau des 6e, 3e et 5e Régions militaires en étant désigné commandant des régions militaires de Sahara, à Tamanrasset en 1982, de Béchar aux frontières marocaines, en 1984 et enfin de Constantine, en 1987. Peu connu durant son parcours militaire, l’homme préférant toujours la discrétion, loin des feux de la rampe, Zeroual sera cependant contraint, début 1994, de composer avec un autre statut, celui d’une personnalité publique. Après avoir fait valoir ses droits à la retraite, en 1989, et occupé brièvement le poste d’Ambassadeur de l’Algérie en Roumanie, Liamine Zeroual s’est en effet, retiré complètement de la vie militaire et politique, mais il sera appelé par la patrie pour occuper le poste de président de l’Etat, à la suite de la conférence nationale, tenue le 30 janvier. Il remplacera Ali Kafi, suite à la dissolution du Haut comité d’Etat (HCE) et va ainsi assurer la période de transition. Le contexte de l’époque était très difficile et le pays était en proie à un terrorisme aveugle et barbare qui menaçait les fondements même de l’Etat algérien. En quelques mois, le défunt président Zeroual a su gagner l’estime du peuple algérien qui, rapidement, voyait en lui un homme intègre, droit, fidèle à ses principes et profondément attaché à sa patrie, tant bien qu’il sera brillamment élu président de la République, un certain 16 novembre 1995, dans ce qui sera connu comme étant la première élection présidentielle pluraliste de l’histoire de l’Algérie. Zeroual n’ira toutefois pas au bout de son mandat et organise des élections anticipées, en 1999. Humble et discret qu’il était depuis son enfance, il le sera jusqu’à son dernier souffle.
S. A. M.