Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a estimé, dans une déclaration lue en son nom par le Premier ministre, Sifi Ghrieb, ce samedi 14 février 2026, à l’occasion de la 39e session ordinaire de la Conférence des chefs d’État et de gouvernement de l’Union africaine, qui se tient dans la capitale éthiopienne Addis-Abeba, que « les ingérences étrangères illégitimes demeurent parmi les principaux facteurs d’instabilité et d’entrave aux processus de règlement des différends et de construction démocratique sur notre continent, ce qui appelle à une position africaine unie et ferme, fondée sur notre responsabilité commune envers nos peuples ».
Lors de ce discours, relatif au rapport du Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine concernant l’état de la paix et de la sécurité en Afrique, le Président a énuméré les différentes crises et défis qui se présentent au continent.
Il a cité, entre autres, « la détérioration persistante de la situation sécuritaire et humanitaire à l’est de la République démocratique du Congo, marquée par une recrudescence des violences menaçant l’unité de ce pays », réaffirmant le « soutien total » de l’Algérie « à la souveraineté et à l’intégrité territoriale de la RDC », ou encore la région du Sahel et « les menaces terroristes » qui « s’entremêlent avec la criminalité transnationale organisée, sur fond de crises économiques et de défis climatiques qui accentuent la fragilité des États et des sociétés ».
Il est également question de la Libye, réitérant le « soutien constant » de l’Algérie « au processus politique libyo-libyen et aux efforts continentaux et onusiens visant à rapprocher les positions des parties libyennes » et saluant « la signature par le Président du Conseil présidentiel libyen de la Charte de réconciliation nationale », ainsi que du Soudan, exprimant la « profonde tristesse face à la tragédie humanitaire et aux violations sans précédent ».
Par ailleurs, a-t-il ajouté, « l’Algérie suit également avec une vive préoccupation les tensions et manœuvres en cours dans la région de la Corne de l’Afrique ».
Pour ce qui est du processus de décolonisation au Sahara occidental, le Président de la République a affirmé que l’Algérie « réaffirme son soutien aux efforts des Nations unies en vue d’aboutir à une solution politique juste, durable, applicable et mutuellement acceptable, conformément aux objectifs et principes de la Charte des Nations unies ainsi qu’aux résolutions pertinentes du Conseil de sécurité », soulignant « l’importance de poursuivre un engagement constructif dans le processus politique sous l’égide des Nations unies, en appui au rôle de l’Envoyé personnel du Secrétaire général, afin de renforcer la paix, la sécurité et la stabilité dans la région ».
Des défis qui exigent « l’activation complète de l’architecture africaine de paix et de sécurité »
Des défis qui exigent, a-t-il affirmé, « l’activation complète de l’architecture africaine de paix et de sécurité et la traduction du principe -- des solutions africaines aux problèmes africains -- en réalité concrète, à travers le soutien au retour à l’ordre constitutionnel et au renforcement du dialogue politique, l’opérationnalisation de la Force africaine en attente et la garantie de l’autonomie financière des opérations de maintien de la paix, notamment par le soutien au Fonds africain pour la paix, afin d’assurer l’indépendance de notre décision politique ».
En conclusion, a-t-il encore déclaré, « l’Algérie réaffirme son attachement constant aux principes consacrés dans les textes fondateurs de l’Union africaine et dans la Charte des Nations unies, notamment à travers son appartenance au Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine, et sa détermination à soutenir les solutions pacifiques aux conflits africains ainsi qu’à renforcer les efforts collectifs de lutte contre le terrorisme et l’extrémisme violent, dans un esprit de solidarité africaine, seule voie pour bâtir une Afrique sûre, stable et prospère ».
Le Président a tenu, par ailleurs, à l’entame de son intervention, a saluer « les efforts de Son Excellence le Président de la République arabe d’Égypte, M. Abdel Fattah Al-Sissi, durant sa présidence du Conseil de paix et de sécurité ce mois-ci, ainsi que l’important rapport qu’il a présenté, dans un contexte délicat marqué par des complexités géopolitiques et des pressions sécuritaires croissantes, qui mettent à l’épreuve notre volonté collective d’ancrer la paix et la stabilité sur l’ensemble de notre continent ».
Un contexte, a-t-il ajouté, qui « constitue une source d’inquiétude grandissante quant à ses répercussions négatives sur la paix, la sécurité et le développement en Afrique, et nous appelle à redoubler d’efforts et à agir, main dans la main, dans un esprit élevé de responsabilité et de solidarité ».