Au lendemain de l’élimination de l’Algérie en quart de finale de la Coupe d’Afrique des Nations face au Nigeria (2-0), la Fédération algérienne de football (FAF) est sortie de sa réserve. Dans un rapport officiel adressé à la Confédération africaine de football (CAF), l’instance fédérale a sévèrement mis en cause l’arbitre sénégalais Issa Sy et son équipe, estimant que leurs décisions ont pesé lourdement sur l’issue de la rencontre, assurent plusieurs sources d'information.
Rapport étayé à l’appui, vidéos et séquences clés en annexe, la FAF a dressé l’inventaire des fautes arbitrales jugées déterminantes. En tête de liste, une action litigieuse dans la surface nigériane, synonyme de penalty non sifflé. Une situation qui, selon la FAF, engage à la fois la responsabilité d’Issa Sy et celle de l’arbitre VAR, Atcho, lesquels se seraient abstenus de vérifier les images, en totale contradiction avec les protocoles en vigueur. Une omission d’autant plus troublante qu’elle donne le sentiment d’une consigne tacite de ne rien accorder à l’Algérie.
Au-delà de cette action décisive, la FAF pointe une gestion disciplinaire à sens unique. Six avertissements ont été distribués aux joueurs algériens, contribuant à les sortir progressivement de leur match, tandis que des fautes nigérianes, parfois à la limite de la correction, sont restées impunies. Un déséquilibre flagrant qui a nourri frustration et incompréhension sur le terrain.
Le rapport dénonce également l’attitude jugée hostile de l’arbitre sénégalais, qui a refusé de serrer la main aux joueurs algériens au coup de sifflet final. Un geste lourd de sens, que la FAF qualifie d’injustifiable et révélateur d’un parti pris manifeste. Pour l’instance algérienne, cette accumulation d’actes ne relève plus de la simple erreur humaine, mais d’une volonté assumée de nuire à l’équipe nationale et de l’écarter du dernier carré.
Une dérive arbitrale qui jette une ombre supplémentaire sur une compétition déjà secouée par de nombreuses polémiques. Reste désormais à savoir quelle suite donnera la CAF à cette plainte. Au vu de la répétition des scandales depuis le début du tournoi, les attentes demeurent mesurées. La confédération continentale, souvent accusée d’être sous l’emprise de cercles d’influence aux intérêts étroits, peine à restaurer sa crédibilité.
Mais pour la FAF, l’essentiel est ailleurs . Dénoncer, documenter et refuser le silence. Une démarche nécessaire, au minimum, pour que de tels errements ne deviennent pas la norme.
A.A.A.