Entretien réalisé par : Rédha Maouche
Élu, mardi après-midi, à la tête de la Fédération algérienne des sports équestres (FAE), Sid- Ali Allali aura la lourde tâche d'achever le mandat olympique 2025-2028. Suite à la démission de Fawzi Sahraoui, en décembre dernier, ce cavalier international toujours en activité prend les rênes d'une instance qui a traversé des zones de turbulences, lors des deux précédents mandats. Dans cet entretien express, le nouveau patron de la FAE dévoile sa feuille de route, ses priorités et ses ambitions, pour redonner au sport équestre algérien ses lettres de noblesse.
El Moudjahid : Comment s'est déroulée votre élection à la tête de la FAE suite à cette période de transition ?
Sid-Ali Allali : Après la démission de Fawzi Sahraoui de la présidence, le bureau fédéral, dont je faisais déjà partie, m’a accordé sa confiance pour assurer l’intérim, conformément aux statuts de la fédération et avec l’aval de la tutelle. J’ai donc géré cette phase transitoire jusqu’à la tenue des Assemblées générales extraordinaire (AGEX) et élective (AGE). Grâce au soutien du ministère de la Jeunesse et des Sports, nous avons pu organiser cette AGE mardi, au Centre de regroupement des équipes nationales de Souidania (Alger). Tout s'est déroulé dans la plus grande transparence, en présence d'un huissier de justice et d'un représentant du ministère.
Au départ, nous étions trois candidats. Samir Bradi (club d’Oran) s’est retiré de la course la veille, m'expliquant qu'il me jugeait plus qualifié et expérimenté pour le poste, ce qui m'a honoré. Par ailleurs, le dossier de Mohamed Chalabi (club de Bordj El Kiffan) a été rejeté par la commission de candidature pour non-règlement de cotisations. Étant finalement l'unique candidat en lice, j’ai été élu avec un plébiscite de 39 voix sur 40. Je tiens à remercier chaleureusement les membres de l’Assemblée générale qui m'ont confié la mission de mener à terme ce mandat olympique 2025-2028.
Quels sont vos objectifs majeurs pour relancer les sports équestres en Algérie ?
Il faut savoir que je suis un cavalier international toujours en activité. J’ai commencé à la base avant de gravir tous les échelons du monde du cheval, je connais donc parfaitement le terrain. Ma priorité sera de relancer l'ensemble de nos disciplines à travers tout le territoire national, en accordant une attention toute particulière au bien-être du cheval et aux différents staffs qui travaillent souvent dans l’ombre.
Sur le plan compétitif, notre premier grand objectif sera la préparation des Jeux Méditerranéens de 2026 en Italie. Nous avons également en ligne de mire les éliminatoires pour la Coupe du monde d’endurance. Enfin, nous tenons à valoriser notre patrimoine en relançant la spécialité de la Fantasia à travers son championnat et ses différents festivals, sans oublier d'accompagner une discipline en plein essor : le Tent pegging (Ndlr, le ramassage de chevilles), qui suscite un engouement exceptionnel dans le sud du pays.
Concrètement, par quels moyens comptez-vous redorer le blason du sport équestre algérien ?
Par le travail, tout simplement. Nous allons mettre en place un vaste programme de formation. Cela inclura de nombreux regroupements dédiés aux jeunes catégories, car elles représentent l'avenir de notre sport. Il est également impératif d'organiser des stages de perfectionnement et de remise à niveau pour tous les acteurs qui encadrent la discipline : les juges, les chefs de piste, les maréchaux-ferrants ou encore les vétérinaires. L'objectif est de professionnaliser notre encadrement afin de disposer de staffs hautement compétents. C'est à ce prix que l'équitation algérienne retrouvera la place qu'elle mérite.
R. M.