La CAF fait encore des siennes. L’instance de Patrice Motsepe cède une fois de plus aux caprices de Fouzi Lakjaâ et du Maroc. À la surprise générale, la confédération africaine de football dribble tout le monde et annonce le report de la CAN féminine-2026.
Après l’annonce du royaume chérifien de son intention de se désister de l’organisation de la compétition, plusieurs pays, à l’image de l’Afrique du Sud, avaient fait part de leur souhait d’abriter le tournoi continental. Ainsi, à seulement douze jours du coup d’envoi initialement prévu de la Coupe d’Afrique des Nations féminine, la CAF a officialisé, jeudi, le report de la compétition à l’été prochain. Une décision tardive qui met fin à plusieurs semaines de spéculations, mais qui suscite également de nombreuses critiques sur la gestion du dossier par l’instance continentale. Initialement programmée du 17 mars au 3 avril 2026, la phase finale du tournoi se disputera finalement du 25 juillet au 16 août 2026 au Maroc. Dans un communiqué publié sur son site officiel, la CAF explique que cette reprogrammation intervient «à la suite de discussions avec ses partenaires, la FIFA et d’autres parties prenantes», afin d’assurer le succès de la compétition, «compte tenu de certaines circonstances imprévues», sans apporter davantage de précisions.
Une décision de dernière minute aux conséquences lourdes
L’annonce intervient toutefois à un moment particulièrement tardif. À moins de deux semaines du début prévu de la compétition, les sélections qualifiées avaient déjà lancé leurs préparatifs finaux, programmé des stages et arrêté leurs plans de déplacement. Pour plusieurs observateurs, ce changement de calendrier de dernière minute reflète un manque de planification et de visibilité dans l’organisation de la principale compétition continentale féminine. Cette décision intervient à la demande du pays hôte, qui a insisté pour un report à l’été. Une requête à laquelle la CAF semble avoir donné suite, au risque de fragiliser sa crédibilité. Même si la CAF tient à assurer que «les préparatifs se poursuivent et que toutes les parties restent confiantes quant à la réussite du tournoi», ce report de dernière minute risque néanmoins de laisser des traces, tant auprès des sélections concernées que des observateurs du football africain.
Des arguments difficiles à soutenir
L’argument implicite d’un besoin de temps supplémentaire pour l’organisation paraît toutefois difficile à défendre. Le Maroc a, en effet, accueilli, il y a à peine deux mois, la Coupe d’Afrique des Nations masculine, un événement d’ampleur comparable qui s’est déroulé dans les mêmes infrastructures.
Les stades, les installations d’entraînement, les capacités d’hébergement et l’ensemble de la logistique nécessaires à l’organisation d’une compétition continentale sont donc déjà en place. Dans ce contexte, plusieurs analystes estiment que la question des préparatifs ne saurait justifier à elle seule un report aussi tardif, d’autant plus que les sélections participantes ont, de leur côté, engagé des moyens importants pour préparer l’échéance initiale. Au-delà des considérations organisationnelles, cette décision alimente ainsi le débat sur la gouvernance du football africain et sur la capacité de ses instances à garantir stabilité, transparence et équité dans la gestion des grandes compétitions.
L’Algérie dans le groupe du pays hôte
Pour rappel, la sélection algérienne féminine participera, pour la septième fois de son histoire, à la phase finale de la CAN. Les Vertes évolueront dans le groupe A, aux côtés du pays hôte, du Sénégal et du Kenya, avec des rencontres prévues à Rabat au stade Moulay-El-Hassan.
Lors de la précédente édition, disputée en 2025, les protégées du coach Farid Benstiti avaient signé une performance historique, en atteignant, pour la première fois, les quarts de finale, avant de s’incliner face au Ghana, à l’issue de la séance de tirs au but (0-0, 2-4 tab).
R. M.
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Répartition des groupes :
-Groupe A (Rabat – Stade Moulay-El Hassan) : Maroc, Algérie, Sénégal, Kenya.
-Groupe B (Rabat – Stade Al-Madina) : Afrique du Sud, Côte d’Ivoire, Burkina-Faso, Tanzanie.
-Groupe C (Casablanca – Stade Larbi-Zaouli) : Nigeria, Zambie, Égypte, Malawi.
-Groupe D (Fès) : Ghana, Cameroun, Mali, Cap-Vert.