Plaquettes et poches de sang : la mobilisation indispensable durant le mois de Ramadhan

  • Chaque Ramadhan, les réserves de sang s’amenuisent, alors que les besoins restent vitaux

Chaque année, durant la période du mois de Ramadhan, les services hospitaliers constatent une baisse des dons de sang. Le jeûne, la fatigue et certaines appréhensions liées à la santé freinent une partie des donneurs réguliers, alors que les besoins restent constants dans les blocs opératoires, les services d’oncologie et les urgences. Les responsables des structures de transfusion soulignent que les réserves connaissent souvent une tension particulière durant ce mois. Pourtant, les interventions chirurgicales programmées ne sont pas suspendues et les patients atteints d’anémie sévère nécessitent des transfusions régulières. «Une seule poche de sang peut sauver jusqu’à trois vies, grâce à la séparation des différents composants sanguins», a souligné le Dr Ali Foudil, insistant sur l’importance des dons de plaquettes.
«Ces dernières doivent être renouvelées en permanence dans les stocks, car leur conservation ne doit pas dépasser cinq jours».

Sur le plan national, l’Algérie enregistre près de 1,5% de dons par rapport à sa population, dépassant ainsi le seuil minimal de 1% recommandé par l’Organisation mondiale de la santé. «Toutefois, ce taux ne reflète pas les variations saisonnières, notamment durant le Ramadhan, période où la baisse des collectes peut fragiliser l’équilibre des stocks», ajoute le Dr Foudil. Les chiffres publiés en 2023 par l’Organisation mondiale de la santé mettent en évidence les disparités mondiales : 31,5 dons pour 1.000 habitants dans les pays à revenu élevé, 16,4 dans les pays à revenu intermédiaire supérieur, 6,6 dans les pays à revenu intermédiaire inférieur et seulement 5 dans les pays à faible revenu.

Ces données montrent que la disponibilité du sang dépend largement de l’organisation du système transfusionnel et de la culture du don volontaire. En Algérie, une part importante des dons reste liée au système de «contrepartie», où la famille et l’entourage d’un patient se mobilisent pour fournir les poches nécessaires. Cette solidarité répond aux urgences, mais ne garantit pas la constitution de réserves stables, particulièrement en période sensible. Le don de sang peut être effectué sans risque après la rupture du jeûne. De nombreux centres adaptent leurs horaires en ouvrant en soirée pour faciliter la participation des citoyens.

Des campagnes de sensibilisation sont également relayées par les médias pour rappeler que le sang ne se fabrique pas et qu’il ne peut être remplacé par aucun produit artificiel. Durant le Ramadhan, le don de sang demeure l’un des gestes les plus concrets pour sauver des vies.

A. F.

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