Dans une démarche résolument tournée vers l'apaisement et la concertation, le ministre de la Santé, Mohamed Seddik Aït Messaoudène, a consacré la journée de jeudi 5 février 2026 à une série de rencontres avec les partenaires sociaux.
Au cœur de ces échanges, qui se sont tenus au siège de la tutelle à Alger : l'amélioration des conditions socioprofessionnelles des praticiens et la refonte, tant attendue, du système de santé national. Cette journée marathon a débuté par une séance de travail avec le Syndicat national des médecins généralistes de la santé publique (SNMG/SP). Accompagné des cadres de l'administration centrale chargés du dialogue social, le ministre a reçu la délégation conduite par le Dr Maaskri Abderrahmane. L'objectif affiché par la tutelle était clair : réhabiliter la médecine générale comme porte d'entrée incontournable du parcours de soins.
Le Professeur Aït Messaoudène a tenu, en préambule, à rendre un hommage appuyé à l'ensemble des corps médicaux, saluant l'abnégation dont ils font preuve quotidiennement au service des citoyens. Mais au-delà des protocoles, les discussions entrent rapidement dans le vif du sujet. Le ministre a prêté une oreille attentive aux revendications portées par le SNMG/SP, notamment celles relatives à la révision des statuts particuliers. Pour la tutelle, le médecin généraliste constitue la «pierre angulaire» de l'édifice sanitaire, un statut qui doit se traduire concrètement par une amélioration de l'environnement de travail.
Un point crucial a été soulevé lors de cette matinée : l'exercice du droit syndical. Sur ce dossier raisonnable, le ministre s'est voulu intransigeant. Il a formellement instruit ses services de veiller à ce qu'aucune forme de restriction ou de pression ne soit exercée à l'encontre des délégués syndicaux, rappelant que le respect des libertés syndicales, dans le cadre de la loi, est une ligne rouge à ne pas franchir. Par ailleurs, l'accent a été mis sur la formation continue et la valorisation des compétences, leviers indispensables pour offrir de véritables perspectives de carrière aux généralistes. La dynamique de concertation s'est poursuivie, dans l'après-midi, avec l'accueil des représentants de la structure syndicale des spécialistes, le Syndicat national des praticiens spécialistes de la santé publique (SNPS/SP), présidé par le Dr Mohamed Idir. Ce second tour de négociations a permis d'aborder les spécificités liées à la pratique spécialisée dans le secteur public. Le ministre a reconnu le rôle pivot des spécialistes dans la chaîne de soins et leur impact direct sur la qualité de la prise en charge des patients, souvent confrontés à des pathologies lourdes. Le président du syndicat a dressé un tableau sans concession des réalités du terrain, évoquant les lourdes organisations organisationnelles et la nécessité de revoir le régime indemnitaire.
La question des examens professionnels, pour la promotion en grade, a également été mise sur la table, le syndicat plaidant pour des mécanismes plus fluides et transparents. En réponse, le Professeur Aït Messaoudène a réitéré l'engagement de l'État à accompagner les spécialistes. Il a notamment insisté sur des solutions innovantes, pour pallier les déficits de couverture sanitaire, mettant en avant les dispositifs de jumelage inter-hôpitaux et de parrainage. Ces mécanismes, selon la vision ministérielle, ne doivent pas être de simples palliatifs, mais de véritables vecteurs de transfert de compétences et de partage d'expertise entre les grands centres hospitaliers et les structures de proximité. En clôturant ces deux séances, le ministre de la Santé a voulu rassurer : ces rencontres ne sont pas une fin en soi, mais le prélude à un partenariat durable.
En accordant le dialogue au centre de sa méthode, le ministère espère désamorcer les tensions sociales pour se concentrer sur l'urgence de l'heure : offrir aux Algériens une santé publique performante, humaine et équitable. Il a également réaffirmé le rôle pivot que jouent le médecin généraliste et le spécialiste au sein des établissements de santé, appelant à poursuivre le travail dans un esprit de responsabilité et de complémentarité, aux côtés des différents acteurs.
M. M.
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AMTEX Oran : L’Algérie s’affirme comme hub régional du tourisme médical
La ville d'Oran, capitale de l'ouest algérien, est devenue, depuis jeudi, le point de ralliement des acteurs majeurs de la santé et de l'investissement médical. Le coup d'envoi de la cinquième édition du Salon international de la santé, du tourisme thérapeutique et de l'investissement médical (AMTEX) a été donné en présence d'un parterre de responsables, d'experts et de 42 exposants venus de six pays. Cet événement se tient sous l'égide du ministère du Tourisme et de l'Artisanat. Lors de la cérémonie d'ouverture, Youssef Zouaoucha, directeur central au ministère du Tourisme, a tracé les contours d'une ambition claire, à savoir transformer le potentiel naturel de l'Algérie en un levier de croissance pérenne. Selon lui, la promotion du tourisme médical, et singulièrement du thermalisme, figure désormais au sommet des priorités de l'État. L'Algérie entend capitaliser sur ses immenses richesses thermiques, pour répondre à une demande sociale en pleine mutation, où le soin s'allie désormais au bien-être et aux loisirs. Cette vision ne se limite pas à la simple exploitation des ressources. Il s’agit d’une véritable mutation structurelle. Le responsable a souligné que ce créneau représente un secteur prometteur capable de conjuguer haute performance des services de santé et attractivité des destinations nationales. En stimulant l'investissement durable et la création de richesse, ce segment participe activement au renforcement de la position de l'Algérie sur l'échiquier international du tourisme de santé. Sur le plan opérationnel, Nadia Amer-Khodja, sous-directrice au sein du même ministère, a révélé l'existence d'un plan de développement rigoureux. Ce schéma directeur, structuré sur le court, moyen et long terme, définit des objectifs précis et identifie les partenaires clés pour moderniser la filière. L'enjeu est de structurer l'offre pour qu'elle réponde aux normes mondiales, tout en valorisant l'utilisation des eaux thermales comme ressource thérapeutique de premier plan. L'aspect international du Salon, avec la participation des délégations de Turquie, de Tunisie, d'Inde, de Jordanie et de Mauritanie, témoigne de l'intérêt croissant pour le marché algérien. Le Dr Yasser Badour, directeur de la manifestation, a, d'ailleurs, rappelé que l'objectif d'AMTEX est de positionner le pays comme un pôle régional de référence. Le Salon offre un espace de dialogue stratégique pour promouvoir l'excellence médicale et mettre en lumière les opportunités offertes dans la médecine spécialisée, la thalassothérapie et les services de santé innovants. Pendant deux jours, AMTEX se veut être un catalyseur de partenariats. Entreprises de santé, investisseurs et experts internationaux multiplient les échanges pour favoriser le transfert d'expertise et l'amélioration du parcours de soins. Dans une Algérie en pleine transformation, ce Salon démontre que la santé et le tourisme forment désormais un duo indissociable pour bâtir une économie forte et résiliente, tournée vers l'innovation et l'excellence.
M. M.