Surnommée «Rempart des gazelles», Sour El Ghozlane s’étend au cœur de la wilaya de Bouira et compte environ 70 000 habitants. Selon plusieurs historiens, son histoire remonte à la préhistoire, mais la ville prend un rôle majeur au IIᵉ siècle sous le nom d’Auzia, fondée en 33 av. J.-C. sous le règne d’Auguste. Capitale des Hauts-Plateaux, Auzia se distingue par sa structure administrative et militaire et par ses édifices religieux et culturels. La cité jouait un rôle stratégique aux portes du Sahara et fut le théâtre de plusieurs révoltes numides, notamment celles de Takfarinas et du rebelle Firmus vers 365 ap. J.-C.
Elle accueillait une importante garnison romaine et atteignit le rang de municipalité, avant de devenir colonie. «De nombreux vestiges et inscriptions latines ont été retrouvés sur le site et sont conservés au musée», a souligné Mme Rouane, archéologue de formation et conservatrice du patrimoine culturel auprès de la Direction de la culture et des arts de la wilaya de Bouira. «Des édifices, a-t-elle précisé, ont fait l’objet de travaux de restauration confiés à des entreprises spécialisées». Avec l’arrivée des souverains ottomans, la ville changea de nom pour devenir Sour El Ghozlane. Les Turcs y construisirent un fort destiné à contrôler les tribus et à surveiller le marché local. Sous la colonisation française, un poste militaire fut établi en 1846, baptisé Aumale en hommage au Duc d’Aumale, avec l’aménagement d’infrastructures civiles et religieuses.
A. F.