L’Algérie, pays méditerranéen à la riche tradition culinaire, s’appuie depuis longtemps sur un panel varié d’épices qui parfument sa cuisine ; du cumin au poivre, du ras el hanout au curcuma. Si elle a longtemps dépendu des importations pour certaines épices, notamment le safran, l’épice la plus chère au monde, le pays a progressivement lancé des initiatives pour développer ses propres cultures locales.
Dans un contexte où le pays cherche à diversifier ses productions agricoles et à valoriser ses ressources naturelles, plusieurs initiatives récentes ont encouragé l’introduction et l’implantation de cultures d’épices jusque-là peu ou pas exploitées à grande échelle sur le territoire national. Au cœur de cette transformation, un produit cristallise toutes les attentions : le safran.
Considéré comme l’épice la plus précieuse au monde, le safran (Crocus sativus L.) représente un potentiel économique considérable. Sa culture, exigeante mais peu consommatrice d’eau comparativement à d’autres spéculations agricoles, présente des atouts pour les zones arides et semi-arides.
Depuis les années 2010, des tentatives de culture ont été menées dans différentes régions du pays, notamment dans les Aurès et l’Ouest algérien.
Des expériences pilotes ont démontré que les conditions pédoclimatiques de certaines zones permettaient l’adaptation du bulbe, avec des floraisons encourageantes dès les premières campagnes. Des travaux agronomiques universitaires ont permis d’élaborer des itinéraires techniques adaptés aux réalités locales, avec des rendements expérimentaux estimés à plusieurs kilogrammes par hectare. Si ces chiffres demeurent modestes à l’échelle nationale, ils confirment néanmoins la faisabilité de la culture.
Plus récemment, les pouvoirs publics ont engagé une réflexion structurée autour d’une stratégie nationale de développement du safran, portée conjointement par les ministères de l’Agriculture et de l’Enseignement supérieur. Cette stratégie vise à encadrer la production, améliorer la qualité, structurer la transformation et organiser la commercialisation. L’objectif est double : capter la valeur ajoutée localement et positionner progressivement l’Algérie sur un segment de niche à fort potentiel d’exportation.
K. H.