La wilaya de Tipasa s’affirme aujourd’hui comme un espace pilote dans la mise en œuvre de politiques innovantes dédiées à la préservation des ressources marines, à la faveur d’un partenariat structurant entre l’Algérie et le Japon. Cette coopération, inscrite dans une vision stratégique de promotion de l’économie bleue, se traduit sur le terrain par des actions concrètes visant à concilier exploitation rationnelle et durabilité écologique.
Au cœur de cette dynamique figure le projet d’implantation de récifs artificiels dans la commune de Damous, à l’extrême ouest de la wilaya. Lancée dans le cadre d’un programme expérimental appuyé par l’Agence japonaise de coopération internationale (JICA), cette initiative s’inscrit dans un dispositif élargi touchant également plusieurs wilayas du littoral, notamment Skikda, Tizi Ouzou et Oran. L’objectif principal est de favoriser la reconstitution des stocks halieutiques tout en atténuant la pression exercée sur les zones côtières, dans un contexte où une grande partie de la flotte nationale demeure dépendante de la pêche artisanale.
Le choix du site de Damous repose sur des critères scientifiques et environnementaux précis, faisant de cette zone un terrain propice à l’expérimentation. Le projet est encadré par des experts japonais, en étroite collaboration avec les autorités locales et les institutions sectorielles, garantissant ainsi le respect des normes techniques et écologiques requises. Cette approche concertée permet d’assurer une mise en œuvre rigoureuse et adaptée aux spécificités du littoral algérien.
Fort d’une expertise reconnue dans le domaine des récifs artificiels, le Japon met à profit son expérience pour accompagner l’Algérie dans l’appropriation de techniques modernes de gestion des écosystèmes marins. Cette coopération ne se limite pas au transfert de technologies, mais englobe également un important volet d’échanges scientifiques et professionnels. La participation régulière à des manifestations spécialisées, telles que le Salon international de la pêche et de l’aquaculture (SIPA), ainsi que l’organisation d’ateliers thématiques, témoignent de la volonté commune de renforcer les capacités nationales dans ce domaine stratégique.
Parallèlement, la formation des ressources humaines constitue un axe majeur de cette coopération. À Tipasa, les établissements et instituts spécialisés dans la pêche et l’aquaculture ont récemment clôturé leur année pédagogique par la remise de plus de 12.000 attestations dans diverses filières, allant de la navigation maritime à la maintenance navale, en passant par les techniques d’aquaculture. Cet effort de qualification s’inscrit dans une stratégie globale visant à améliorer la performance du secteur et à encourager l’insertion des jeunes dans ces métiers porteurs.
Dans le même sillage, la modernisation des dispositifs d’accès à la formation a été engagée à travers la mise en place d’une plateforme numérique dédiée à l’inscription dans les centres spécialisés. Cette initiative vise à simplifier les démarches administratives et à élargir l’accès aux opportunités de formation, notamment pour les jeunes souhaitant s’orienter vers les métiers de la mer.
Les premières retombées de ce programme, expérimenté initialement dans la wilaya d’Oran, sont jugées particulièrement encourageantes. L’installation de récifs artificiels a permis de créer de nouveaux habitats favorables à la reproduction des espèces marines, contribuant ainsi à la régénération des ressources halieutiques et à la réduction de la pression sur le littoral. Fort de ces résultats probants, le projet est appelé à être étendu progressivement à d’autres régions côtières, avec pour ambition une généralisation à l’échelle nationale.
Il importe de souligner que la coopération algéro-japonaise dans le secteur de la pêche et de l’aquaculture repose sur une relation de confiance établie depuis la fin des années 1980. Cette collaboration durable a permis la mise en œuvre de nombreux programmes de formation et d’échange, tant en Algérie qu’à l’international, contribuant au renforcement des compétences et à la modernisation du secteur.
À travers l’exemple de Tipasa, ce partenariat illustre une démarche intégrée alliant expertise internationale, développement local et préservation de l’environnement. Il ouvre également des perspectives prometteuses en matière d’investissement dans l’aquaculture, un segment appelé à jouer un rôle clé dans le renforcement de la sécurité alimentaire et la diversification de l’économie nationale.
S. E.