Pour pallier la cherté de l’eau minérale : ruée sur l’eau de source

«Ça me revenait très cher. Pour une famille de quatre personnes, j’achetai par semaine une moyenne de dix fardeaux d’eau minérale, à 250 DA le fardeau. En quatre semaines, je dépensais une moyenne de 10 000, 00 DA rien qu’en eau minérale. Mon budget ne supportait plus cette dépense qui n’était pas essentielle et facilement remplaçable» révèle Nadir, enseignant dans le secondaire, qui précise «alors je me suis rabattu sur les sources de la région et ma famille ne s’en porte pas plus mal. Bien au contraire, maintenant ma famille exige l’eau de source de Noumérat, qui semble mieux que celle en bouteilles PET». Cette source se trouve au bord de la RN1, à quelques 20 km à la sortie sud de Ghardaïa vers le Grand Sud à partir de la fourche de Fouinis vers Ouargla d’un côté et El Menéa, In Salah, Timimoune et Tamanrasset de l’autre côté.

Ce qui lui confère une très grande affluence à tout moment, provoquant un sympathique embouteillage avec les camions de gros tonnages qui s’arrêtent pour s’approvisionner en cette eau limpide et très légère. «Moi, je vais à In Salah et il y a d’autres sources sur ma route, notamment à El Menéa, mais je préfère de loin l’eau de cette source qui vraiment me convient surtout pour mes problèmes gastriques. C’est la première chose qui me passe par le gosier après l’appel à la rupture du jeûne», avoue un vieux chauffeur de semi-remorque qui venait de remplir son jerrican et s’apprêtait à continuer sa route vers sa destination, In Salah, à 650 km plus au Sud. Nombreux sont les citoyens qui préfèrent s’approvisionner en eau de source qui est, selon eux, agréable et de meilleure qualité.

Dotée de deux robinets avec un bon débit, la source de Noumérat ne désemplit pas depuis le début du mois de Ramadhan, il paraît même, pour ceux ou celles qui ont l’habitude de la consommer, que cette eau est d’une qualité meilleure que celle en bouteille plastique. Ils prétendent même qu’elle possède des vertus thérapeutiques et guérit certaines affections rénales.

Nous comprenons dès lors l’afflux de citoyens en ce lieu à longueur de journées, et les chaînes interminables qui se forment pour remplir les bidons ramenés sans compter. D’autres sources existent aussi, mais sont bien moins fréquentées, car situées dans des endroits difficiles d’accès ou simplement peu connues du public.

À titre d’exemple, celle d’ El Aâdira, dans le périmètre agricole de Dhaïa Ben Dahoua, à 15 km au nord-ouest de Ghardaïa. Elle n’est pratiquement fréquentée que par la population de Dhaïa Ben Dahoua et quelques routiers de passage. Il y a aussi celle située à l’intérieur de la sublime palmeraie du K’sar de Béni Izguène qui débite une eau de qualité, mais située pratiquement à l’intérieur d’un ensemble d’habitations au milieu d’une verdure luxuriante, accessible par une petite route goudronnée.

L. K.

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