Ghardaïa : le tapis tradionnel séduit les touristes

Profitant, en cette belle saison printanière, des deux semaines de vacances scolaires, beaucoup de familles, de jeunes et des groupes arrivés dans le cadre de voyages organisés ont déferlé par centaines, voire par milliers, sur la vallée du M’zab. Ils sont partout, en ville, dans les k’sour, dans les venelles de la vieille médina de Ghardaïa et même un peu plus loin, à Seb Seb, pour ses dunes dorées et à Zelfana pour ses eaux thermales, communes situées respectivement à 65 km et 75 km au sud de Ghardaïa.

Énormément de familles, accompagnées de leurs enfants, émerveillées par la beauté architecturale de Ghardaïa, déambulent à longueur de journée, ne cessant de prendre partout des photos, immortalisant leur passage dans le berceau des Rostémides. Mais le lieu le plus fréquenté est, sans conteste, l’emblématique place du vieux marché de Ghardaïa, autour de laquelle se concentrent, sous les vieilles arcades, les plus anciennes boutiques et échoppes d’artisanat et d’épices de toutes sortes et au milieu de laquelle sont installés quelques vendeurs de dattes, de cacahuètes, de terfess (truffes du désert) et de petits bibelots souvenirs de Ghardaïa.

Les après-midi, sauf le vendredi, c’est le sublime K’sar de Béni Izguène, lieu de naissance du poète de la révolution, Moufdi Zakaria, l’auteur de notre hymne national Kassamen qui est le plus visité avec sa curiosité de marché de vente à la criée, et sur ses hauteurs, l’imposant et magnifique K’sar de Tafilelt, considéré, à juste titre, comme la huitième merveille du M’zab. Cet afflux de touristes a donné à la ville un air de kermesse avec les centaines de voitures immatriculées de toutes les wilayas du pays, et plusieurs bus d’agences de voyages, créant de nombreux embouteillages au cœur de cette étroite ville, érigée au fond d’une cuvette naturelle. Même les deux jours de pluies intenses qui se sont abattues sur tout le territoire de la wilaya de Ghardaïa n’ont pas découragé ces voyageurs à faire le déplacement. Ce qui a fait dire à El Hadj Bakir, un commerçant de tapis installé sur la place du vieux marché «c’est une aubaine pour nos commerces que ces vacances». Il précise, avec un grand sourire : « Nos compatriotes dépensent beaucoup en achat de tapis et de souvenirs de Ghardaïa, ce qui nous permet d’écouler une bonne partie de nos marchandises et donc de faire de bonnes affaires».

Un guide du K’sar de Ghardaïa note : «À longueur de journée, nous accompagnons des groupes vers le cœur du K’sar, en leur narrant son histoire millénaire». Une dame, originaire de Mostaganem, habituée selon elle, à venir régulièrement en vacances à Ghardaïa s’est dite surprise et déçue que cette année. « Il n’y a pas d’animation avec les habituels troupes folkloriques avec leurs célèbres karabila et surtout leurs tenues traditionnelles aux couleurs chatoyantes».

L. K.

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