Ghardaïa : De nouvelles techniques d’irrigation privilégiées

Chaque année, des autorisations de forage de puits sont attribuées à des citoyens, principalement des agriculteurs, aux fins d’irrigation des nombreuses exploitations agricoles de la région. Pour ce qui est de l’eau potable, sans risque pour la santé, adaptée à la consommation humaine, elle est puisée par des entreprises publiques et distribuée à la population par l’Algérienne des eaux.

Pour un cadre de l’A.D.E de Ghardaïa, il est très important d’inculquer à la population «la culture de la consommation rationnelle et responsable de l’eau et de renforcer la prise de conscience de la société sur l’importance de cette ressource vitale, notamment en période estivale». Il est aussi très important de veiller à l’économie des eaux d’irrigation, source vitale pour le développement de l’agriculture et à privilégier les techniques d’irrigation localisées. Pour préserver la ressource hydrique dans la wilaya de Ghardaïa, des investissements importants des pouvoirs publics ont permis d’améliorer les performances techniques des réseaux d’AEP par la réduction des fuites sur plus de 1.600 km linéaires du réseau de distribution, la qualité de l’eau et aussi d’optimiser la distribution sur le territoire de la wilaya de Ghardaïa. L’ADE de Ghardaïa, qui a hérité de 17 forages à l’indépendance du pays, en 1962, gère actuellement un réseau de distribution de plus de 1.600 km, avec près de 150 forages et 94 réservoirs. A Ghardaïa, plusieurs ouvrages hydrauliques ont été lancés, notamment un château d’eau de 1500 m³ dans la commune de Métlili, un autre de 1.000 m³ à Bounoura et un troisième dans le quartier de Benghanem, à Ghardaïa, alors qu’un autre forage a été mis en service dans le quartier Moumou à Beni Izguen. À Guerrara, trois forages ont été réalisés dans le périmètre de Koudiet Echouf, renforçant ainsi l’approvisionnement en eau des habitants de cette région semi-aride. D’autres forages sont en cours à Bouhraoua sur les hauteurs de la ville de Ghardaïa. les Mozabites qui s’installèrent et fondèrent leurs sept cités millénaires, dans ce qui deviendra la vallée du M’zab, pour assurer leur survie, commencèrent d’abord par apprivoiser l’hostilité naturelle du terrain et des éléments climatiques en creusant des puits pour donner naissance à des palmeraies et des vergers verdoyants leur assurant ainsi une subsistance et indépendance alimentaire. Défiant sans cesse les aléas de la nature, au demeurant inhospitalière, ils mettront toujours un point d’honneur à mettre au cœur de leurs préoccupations le besoin d’eau. Pour cela, ils creusèrent des puits mais aussi et surtout ils réalisent des barrages et des partages d’eau de pluie qu’ils captent grâce au génial système ancestral d’irrigation, ingénieusement conçu pour capter, stocker et répartir les eaux pluviales et les eaux de crue de l’oued M’zab. Ce patrimoine constitue le témoignage du savoir-faire des aïeux permettant aux palmeraies et jardins familiaux de la région d’être irrigués judicieusement et rationnellement et ce grâce à la disponibilité de cette eau captée en surface et de l’eau puisée du sous-sol saharien.

L. K.

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