Quartier à forte concentration commerciale : grande affluence nocturne à Theniet El-Makhzen

Les familles sortent, déjà, en masse pour les achats de l’Aïd. Le jour, c’est une situation des plus normales avec une circulation très fluide, sauf aux heures de pointe. Mais le soir, juste après la rupture du jeûne, surtout après la sortie des fidèles des mosquées après les tarawih, c’est une autre ville qui se met en mouvement laissant peu à peu place à l’ambiance de la fête de l’Aïd El Fitr. Ainsi, subrepticement, quelques minutes après la rupture du jeûne, des centaines de familles envahissent les magasins et autres places commerçantes de la ville pour effectuer les traditionnels achats de l’Aïd.

D’abord c’est les commerçants, ou plutôt les vendeurs informels, qui les premiers prennent place sur les grandes artères, notamment le long des 2 000 mètres que constitue l’Avenue du 1er Novembre, tacitement et pratiquement interdite à la circulation automobile à partir de 21 heures et transformée ainsi en piétonnière qui longe de part en part le populeux et populaire quartier de Theniet El Makhzen, étalant à même le sol toutes sortes de marchandises, de qualité médiocre et quelquefois plus que douteuse exposées à la vente à des prix modérés. Les propriétaires de magasins, n’ouvrent eux, qu’après les prières surérogatoires (tarawih), moment où les familles sortent en masse, arrivant à pied ou en voiture de tous les quartiers de Ghardaïa pour se rendre au centre-ville où sont concentrés les magasins, notamment de chaussures et de prêt-à-porter. Mais c’est surtout l’espèce de bazar à ciel ouvert de Theniet El Makhzen, l’un, voir le plus haut lieu de l’informel local, où des centaines de familles convergent chaque soir pour dénicher les meilleures affaires, que constitue cette braderie sans nom où sont étalés dans un enchevêtrement de tables et de tréteaux toutes sortes de marchandises de contrebande et de produits chinois de bas de gamme, allant du simple ustensile de cuisine jusqu’aux chaussures en passant par les vêtements et robes de femmes, sans omettre les produits suspects et douteux, tels les parfums et les produits de beauté appelés pudiquement, cosmétiques.

C’est une véritable marée humaine, qui remonte du boulevard Didouche Mourad vers le Bazar du jour, en créant un embouteillage monstre au bas du Ksar de Mélika où les véhicules sont stationnés anarchiquement, mais dans une ambiance bon enfant. Tout se vend et tout s’achète, faisant le bonheur des commerçants, surtout ceux de l’informel, dont les produits à bas prix s’arrachent comme des petits pains.

Beaucoup de familles de Guerrara, située à 120 km au nord-est du chef-lieu de wilaya, de Berriane, (45 kms), de Metlili (45 kms) et même d’ailleurs, sont aussi venues ce week-end à Ghardaïa, chez des membres de leurs familles pour procéder à quelques achats pour que les enfants gardent leur sourire innocent. Des familles de Berriane et de Metlili, font la navette chaque soir de leurs lieux de résidence jusqu’à Ghardaïa, en avalant les 45 km de bitume pour venir aussi s’échapper du stress et des journées passées dans l’enfermement du foyer.

L. K.

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