«Si le conflit s’étire au-delà de 40 jours, avec des coûts d’intrants élevés et les faibles marges actuelles des agriculteurs, ceux-ci devront choisir : cultiver la même chose avec moins d’intrants, planter moins, ou passer à des cultures moins demandeuses d’engrais.» La mise en garde provient d’un porte-parole de l’organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, FAO, s’alarmant des effets attendus du conflit en cours au Moyen-Orient. Le conflit a en effet renchéri les engrais, dont 30% transitaient par le détroit d’Ormuz, en sus des impacts liés à la hausse du coût du gaz nécessaire à leur production.
Plusieurs pays subissent par ailleurs des tensions sur leurs marchés énergétiques qui menacent la paix sociale. En Thaïlande, le Premier ministre a fustigé vendredi les négociants en pétrole pour leurs «profits excessifs», accusant ceux qui stockent du carburant d’être responsables des pénuries et de la hausse continue des prix. Au Bangladesh, qui importe 95% de ses besoins en pétrole et gaz, le gouvernement a instauré hier une réduction des horaires de travail ainsi qu’une diminution de la consommation d’énergie, en raison de la hausse des hydrocarbures.
L’Egypte applique carrément «un couvre feu commercial» pour diminuer la consommation électrique depuis une semaine. Au Japon, les compagnies aériennes envisagent d’augmenter leurs surtaxes carburant face à la flambée des coûts énergétiques, suivant de nombreuses compagnies internationales qui ont déjà relevé les leurs depuis la paralysie du détroit d’Ormuz. En Australie des centaines de stations-service sont à court de carburant dans les zones rurales, a reconnu hier le ministre de l’Énergie.
M. S. et agence