L’adoption par le Parlement sioniste, le 30 mars dernier, de la loi autorisant l’exécution des prisonniers palestiniens continue à susciter des mouvements d’indignation à travers le monde.
Ainsi, après les premières réactions officielles contre cet «apartheid judiciaire», le week-end a été une occasion pour les peuples de se mobiliser et s’indigner contre cette loi scélérate.
Au Maroc, des villes comme Tanger, Oujda et Nador ont été le théâtre de marches imposantes, à contre-courant de la politique de compromission du Makhzen avec l’entité sioniste. Les manifestants ont lié le sort des détenus à la préservation des Lieux saints, rappelant, avec ferveur, que le peuple marocain et celui de Palestine ne forment qu’une seule et même voix. Plus au Sud, à Nouakchott, en Mauritanie, la jeunesse estudiantine a défilé sous les couleurs de la Palestine, tandis qu’à Mogadiscio, en Somalie, les érudits profitaient du sermon du vendredi pour mettre en garde contre les répercussions d’une telle loi sur la stabilité régionale. En Syrie, la colère est montée avant-hier, des cours de la Grande mosquée des Omeyyades, à Damas jusque dans les rues d’Idlib, où des milliers de citoyens ont dénoncé le gouvernement sioniste, tout en réaffirmant leur soutien indéfectible à la bande de Ghaza.
À Istanbul, c’est sur la place Taksim que la colère des Turcs s’est exprimée, qualifiant la situation de génocide et appelant la communauté internationale à briser le silence.
Même en Europe, la contestation a pris des formes hautement symboliques, notamment à Oslo, où des cordes de potence accrochées à la façade de l’Opéra de la ville ont muettement crié l’urgence de sanctions internationales.
De son côté, l’avocat Khaled Mahajneh, figure centrale et héroïque de la défense des droits de l'homme en Palestine occupée, a alerté sur l’entrée en vigueur immédiate de cette loi raciste, en rappelant que la pression populaire est le dernier rempart contre l’irréparable.
Hier encore, d’autres manifestations d’indignation et de dénonciation de cette loi ont eu lieu en Italie, en Grande-Bretagne, en Norvège, mais aussi en Turquie, au Maroc, en Maurétanie pour la deuxième journée consécutive, alors qu’à Ghaza, des sit-in sont organisés dans les zones de refuge, notamment au camp de Bureij, où les familles de prisonniers affirment que toute application de cette loi constituerait une «ligne rouge».
Pour rappel, selon l'association Addameer, (la conscience), qui active en soutien aux prisonniers, le nombre de détenus palestiniens a franchi le seuil critique des 9.500 personnes, dont plus de 3.400 en détention administrative, sans procès.
Avec l’adoption de la «loi de la potence», cette législation permet désormais d'imposer la mort à la simple majorité des juges sionistes.
Selon le Club des prisonniers palestiniens, plus de 2.500 condamnés se retrouvent ainsi dans le couloir de l'ombre, transformant les tribunaux militaires en une véritable machine à exécuter légalisée.
Y. Y.