Le Makhzen décrète une nouvelle augmentation des prix des carburants : coup de grâce pour le pouvoir d’achat des Marocains

Le 1er avril dernier, les Marocains se sont réveillés sur une augmentation substantielle des prix des carburants à la pompe, après une première intervenue moins d’un mois auparavant.

L’économie marocaine est à court de ressources, et s’avère de plus en plus incapable de faire face à une demande sociale de plus en plus pressante et élargie, et dont les manifestations menacent régulièrement les assises du royaume. L’énergie, entre autre talon d’Achille d’une économie restée désespérément concentré sur les services, et excluant structurellement de l’activité et du développement, les larges pans ruraux du pays, s’affirme au fil des bouleversements mondiaux et régionaux comme une problématique insoluble pour la monarchie et son gouvernement.

Profondément déstabilisé par le non-renouvellement du contrat du Gazoduc Maghreb-Europe (GME), sur décision souveraine de l’Algérie, en octobre 2021, après l’accumulation des actes d’hostilité de Rabat, le Maroc déjà dépendant à prés de 95 % des importations en la matière, a vu subitement fondre ses ressources, alors que se confirmait une incapacité gouvernementale à amorcer un quelconque redressement économique et sociale dans le pays, et restaient sans apports des compromissions géopolitiques et diplomatiques contractées à contre courant des intérêts du peuple marocain et de la région.

Selon des sites spécialisés, le gouvernement se rabat désormais, plus qu’à tout autre moment, sur une importation massive du charbon pour assurer l’alimentation de ses centrales thermiques, révélant que toute la littérature officielle sur le développement des énergies renouvelables participait finalement de la pure propagande. Le 1er avril dernier, les Marocains se sont réveillés sur une augmentation substantielle des prix des carburants à la pompe, après une première intervenue moins d’un mois auparavant, leur inspirant de nouveaux motifs de colère après une suite interminables de manifestations et de mouvements de rues tout au long des dernières années, et revendiquant des mesures à même de stopper l’érosion de leur pouvoir d’achat et l’emballement de la spirale inflationniste.

Entre le 15 mars et le 1er avril dernier le prix du gasoil a en effet bondit de près de 4 dirhams supplémentaire, soit une véritable saignée pour la filière des transports et l’activité agricole. L’argument de la volatilité des marchés internationaux comme conséquence de l’escalade au Moyen-Orient, ne passe pas auprès d’une société qui relève avec assiduité depuis de longs mois, les profondes inégalités sociales dans le pays, la prolifération du chômage et la paupérisation généralisée, y compris dans des catégories professionnelles théoriquement protégées de la précarité, dont les médecins et les enseignants.

La répression du mouvement Gen Z 212 dont les manifestations ont ébranlé le royaume en septembre 2025, charriant le profond malaise d’une jeunesse sans horizon, reste également une plaie politique ouverte qui finit de consacrer une rupture totale de confiance avec le Makhzen.
«Des hôpitaux, pas des stades !», avait scandé les jeunes manifestants a quelques mois de cette Coupe d’Afrique maudite, dont l’issue et les récents rebondissements scandaleux à l’échelle du continent et de la planète football, interviennent comme une justice rendue à ces centaines de manifestants lourdement condamnés, et dizaines d’autres tués dans les manifestations.

M. S.

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