L’armée sioniste a annoncé hier avoir frappé plus de 3.500 cibles depuis le déclenchement de l’agression contre le Liban, il y a exactement un mois, plongeant le pays dans l’une de ses plus graves crises. Selon le ministère libanais de la Santé, plus de 1.345 personnes ont été tuées et plus de 4.040 autres blessées depuis le début des hostilités, dont 53 membres du personnel médical, alors que les menaces sionistes s’étendent désormais à un plan d’occupation durable du sud du pays, assorti de déplacement massif forcés de prés de 600.000 habitants de la zone. Comme en 2024, ce sont plus d’un million de Libanais qui ont dû s’engager sur les routes de l’errance depuis le 2 mars dernier, sans perspectives de retour pour la plupart et sans prise en charge à la hauteur de leurs souffrances, vu les difficultés auxquelles reste confronté le gouvernement. Le réseau humanitaire international est à son tour débordé par la demande.
C’est ce que souligne Stéphane Dujarric, porte-parole du secrétaire général de l’ONU, affirmant que l’ampleur des besoins humanitaires dans le pays dépasse largement les ressources disponibles. «Nous n’avons reçu que 94 millions de dollars sur les 308 millions que nous avions sollicités lors du récent appel d’urgence. Nous avons un besoin urgent de financements supplémentaires pour maintenir et intensifier nos opérations», a-t-il alerté, mercredi lors d’un pont de presse. Tom Fletcher, coordonateur des secours d’urgence des Nations unies, en visite au Liban, s’est à son tour alarmé de l’ampleur de la crise humanitaire et des risques de son aggravation au moment où le pays est livré en pâture au bellicisme sioniste. Si l’essentiel des déplacés se contente de chercher refuge intra muros, plus de 200.000 d’entre-eux ont pris le risque de traverser les frontières vers la Syrie, pays qui reste de même sous la menace d’agression israélienne.
«Le Liban fait preuve d’une résilience remarquable, mais l’ampleur des déplacements pousse le pays à ses limites», a avertit à son tour Amy Pope, directrice générale de l’Organisation internationale pour les Migrations (OIM) à l’issue d’une visite dans le pays à la fin de la semaine. La responsable de l’OIM témoigne avoir constaté des endroits dans le sud du Liban «qui sont intégralement rasés», estimant que «même si la guerre se termine demain, ces destructions resteront, et il faudra reconstruire». Chose que le gouvernement sioniste menace ouvertement d’empêcher. «Sans un soutien international urgent, beaucoup trop de personnes risquent de se retrouver privées de l’aide dont elles ont besoin. Les attaques contre des personnes déplacées qui cherchaient simplement à se mettre en sécurité sont inacceptables, et les civils doivent être protégés à tout moment» a-t-elle par ailleurs dénoncé jeudi.
L’Organisation internationale rapporte sur site qu’«environ 10 % des personnes déplacées vivent actuellement dans des hébergements collectifs à travers le Liban, souvent des écoles publiques et des bâtiments administratifs, où jusqu’à sept familles peuvent se partager une seule salle de classe, sans intimité, sans chauffage, sans possibilité d’hygiène ni produits de première nécessité».
M. S.