Détroit d’Ormuz : bras de fer et tractations

Le Royaume-Uni a été à l’initiative, jeudi, d’une réunion par visioconférence regroupant des représentants d’une quarantaine de pays se disant disposés à se mobiliser pour garantir la sécurité du transport maritime via le détroit d’Ormuz. Donald Trump avait, mardi, signifié que la question était loin d’être du ressort exclusif des Etats-Unis et qu’il appartenait au pays impactés par le blocage de s’impliquer. La constitution d’une «coalition multinationale», a été annoncée avec pour mission de poursuivre la «mobilisation collective de l’ensemble (des) outils diplomatiques et économiques» afin de permettre une «ouverture sûre et durable» d’Ormuz. Yvette Cooper, la cheffe de la diplomatie britannique, ajoute que la démarche inclut éventuellement le recours aux moyens militaires en matière de «déminage et d’escorte», mais «une fois que le conflit se sera apaisé». Soit, la même position mise en avant par l’ensemble européen depuis le début de la crise et excluant une implication militaire dans le contexte de l’escalade en cours.

Le Qatar, qui continue à privilégier les voies de la négociation, a indiqué avoir entrepris des contacts avec l’Allemagne, ajoutant que les deux parties se sont entendues sur «l’importance de convaincre les parties au conflit des atouts de la voie diplomatique». Une toute autre option est défendue par certains pays de la région. Un projet de résolution, parrainé par le Conseil de coopération du Golfe (CCG), est soumis depuis plus d’une semaine à l’appréciation des 15 membres du Conseil de sécurité de l’ONU, visant notamment, dans sa dernière version, à valider l’alternative de recourir à des «moyens défensifs» pour assurer la sécurité des navires dans le détroit. Option que la Russie et la Chine continuent à ne pas partager. D’où sans doute le report de la séance de vote prévue aujourd’hui.

Dans un communiqué rendu public la veille, la diplomatie iranienne avait prévenu que «toute action provocatrice» à travers le Conseil de sécurité «ne fera que compliquer davantage la situation». Enfin, Pékin s’est dit jeudi disposé à coopérer avec les pays du Moyen-Orient «pour favoriser la fin du conflit, rétablir la paix et instaurer une stabilité durable» dans la région, alors que Moscou renouvelle sa disponibilité à contribuer à la résolution de la crise. Le porte-parole du Kremlin a en effet indiqué que «la Russie poursuit ses contacts et est prête à apporter sa contribution pour que la solution militaire s’oriente vers une issue pacifique le plus rapidement possible».

M. S.

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