La ligne ferroviaire minière ouest reliant Béchar, Béni Abbès, Tindouf et Gara Djebilet, sur un linéaire de 950 km, entièrement achevée, constitue l’un des symboles majeurs des réalisations nationales dans le domaine des grandes infrastructures de base et un levier stratégique pour le développement économique du Sud-ouest du pays.
Réalisé en un temps record de moins de 24 mois, ce vaste projet ferroviaire a su relever avec succès les défis imposés par l’environnement saharien des régions traversées, a indiqué, samedi, le directeur général de l’Agence nationale d’études et de suivi de la réalisation des investissements ferroviaires (ANESRIF), M. Azzeddine Fridi, maître d’ouvrage principal du projet.
Il a précisé que ce chantier d’envergure a nécessité une mobilisation technique et logistique exceptionnelle, tant pour les travaux de base que pour les ouvrages d’art et l’organisation des chantiers sur un tracé long et contraignant.
L’ampleur des travaux de terrassement constitue l’un des faits marquants de ce projet, avec plus de 75 millions de mètres cubes de remblais, déblais et opérations de nivellement réalisés, a-t-il souligné. Ces travaux ont permis la préparation d’une plateforme ferroviaire répondant aux exigences de stabilité géotechnique et de sécurité nécessaires pour supporter les charges élevées des convois ferroviaires lourds.
De son côté, le directeur central de la communication de l’ANESRIF, M. Abdelkader Mazzar, a mis en avant le respect de normes rigoureuses en matière d’exploitation et de sécurité, garantissant la durabilité et la fiabilité de cette infrastructure stratégique face aux conditions climatiques sévères du Sud-ouest.
La nouvelle ligne ferroviaire s’est également distinguée par la réalisation de 45 ponts ferroviaires, totalisant près de 20 km de longueur, dont le pont de l’Oued Daoura. Avec ses 4,11 km, ce dernier figure parmi les ouvrages d’art ferroviaires les plus imposants et les plus longs en Algérie et sur le continent africain, a-t-il précisé.
Par ailleurs, le projet a intégré la construction de 50 passages routiers ainsi que de 1.439 ouvrages hydrauliques destinés au drainage des eaux, contribuant à la sécurisation et à la pérennité de la ligne.
Dans le même cadre, sept nouvelles gares ferroviaires ont été réalisées à Abadla, Hammaguir, Hassi Khebi, Tabelbala, Oum Lassel, Tindouf et Gara Djebilet, selon une conception architecturale moderne et fonctionnelle, adaptée aux spécificités des régions concernées.
Le projet comprend également la réalisation de 28 unités d’intersection à vocation logistique, destinées à optimiser la circulation ferroviaire, assurer des services techniques modernes et renforcer le transport des minerais, des marchandises et des voyageurs vers et depuis les régions du Sud-ouest.
La concrétisation de cette infrastructure stratégique a reposé sur une mobilisation sans précédent des compétences nationales. Pas moins de 20 entreprises, sociétés et bureaux d’études algériens spécialisés ont participé à la réalisation du projet, garantissant une maîtrise technique conforme aux standards de qualité requis pour des projets de cette envergure, a indiqué M. Mazzar.
Le projet est structuré en trois sections. La première, reliant Béchar à Hammaguir via Abadla sur 200 km, a été réalisée par des entreprises publiques nationales, dont Cosider-Travaux Publics, Seror-Est, ENGOA, Cosider-Ouvrages d’Art, EPTP-Alger, EPTP-Béchar et Infrarail. La seconde section, reliant Tindouf à Oum Lassel sur 175 km, a également été confiée à des entreprises publiques, notamment SEROR, Infrarail, SAPTA, Infrafer, GCB et la SNTP. La troisième section, longue de 575 km, reliant Hammaguir à Oum Lassel, Tindouf et Gara Djebilet, a été réalisée dans le cadre d’un partenariat entre le groupe chinois CRCC et Cosider-Travaux Publics.
Selon les données techniques du projet, cette nouvelle ligne constitue une référence nationale en matière de réalisation de projets ferroviaires lourds. Elle représente un maillon essentiel pour le soutien des grands projets miniers, notamment celui de Gara Djebilet, et pour le renforcement de l’efficacité du réseau national de transport à moyen et long termes.
À l’approche de sa mise en exploitation officielle, il est prévu la circulation quotidienne de 24 trains minéraliers dans les deux sens, en plus de deux trains de marchandises pouvant atteindre une vitesse de 80 km/h et de deux trains de voyageurs roulant à une vitesse maximale de 160 km/h, venant ainsi compléter le trafic ferroviaire sur cet axe stratégique.