L’Algérie est en deuil. Une vague d’émotion et de respect a touché tout le pays à l’annonce de la disparition de Liamine Zeroual. Plus qu’un ancien président, c’est une conscience nationale qui s’éteint, un repère moral qui disparaît, laissant derrière lui une empreinte indélébile dans le cœur des Algériens. Des hommages solennels, à la hauteur de l’homme qu’il fut, lui ont été rendus par l’État. Un hommage officiel marqué notamment par les paroles et la considération du président Abdelmadjid Tebboune, qui témoignent de l’estime particulière qu’il portait au défunt et de la place qu’il occupait dans l’histoire de la nation. Mais au-delà des cérémonies, c’est dans les mots simples des citoyens venus lui dire au revoir, dans cette émotion sincère et collective que se mesure réellement la grandeur de cet homme. Il fut de ces hommes rares, forgés dans l’épreuve, qui ne cherchent ni la gloire ni les privilèges, mais qui répondent présent lorsque la nation les appelle. Durant l’une des périodes les plus sombres de la décennie 1990, il a eu la lucidité et la détermination d’ouvrir la voie au dialogue et à la réconciliation nationale. Là où beaucoup prônaient uniquement l’affrontement, il a compris que l’avenir du pays passait aussi par l’apaisement et le rassemblement. Cette vision, audacieuse pour son temps, a jeté les bases d’un retour progressif à la paix. Son amour pour l’Algérie n’était pas un discours, mais une conduite. Il n’a jamais confondu pouvoir et domination. En quittant volontairement la magistrature suprême, il a offert une leçon de dignité politique dont l’écho résonne encore aujourd’hui. Il a prouvé qu’on pouvait servir l’État sans se servir de lui. Et même bien après avoir quitté le pouvoir, il est resté fidèle à cette ligne de conduite. Ce fut le cas en 2019, alors que le destin de l’Algérie se jouait dans l’ombre, que les tensions étaient à leur comble, il a su garder la distance et la hauteur qui le caractérisaient, refusant de s’inscrire dans des logiques qui ne correspondaient ni à ses principes ni à l’idée qu’il se faisait de l’intérêt du pays. Une position forte et encore une fois courageuse qui a renforcé encore davantage le respect que lui portait le peuple. Liamine Zeroual était profondément respecté pour ce qu’il incarnait : la droiture, la sincérité, la modestie et un attachement indéfectible à l’intérêt supérieur de la nation. Il parlait peu, mais ses actes portaient loin. Il incarnait une certaine idée de l’Algérie : une Algérie forte, souveraine, mais aussi juste et rassemblée. La disparition de Liamine Zeroual laisse un héritage précieux : celui d’un homme dont la droiture, la sagesse et le sens du devoir doivent continuer à inspirer les générations présentes et futures. L’héritage de Liamine Zeroual n’est pas seulement à honorer, il est à suivre.
El Moudjahid