L’espace virtuel facteur d’un développement réel

La maîtrise des nouvelles technologies numériques et son intégration dans l’espace économique et socioculturel constitue une des batailles qu’il est impératif de remporter pour faire partie du cercle très restreint des décideurs de demain sur l’échiquier économique et politique international. Le cyberespace est devenu aujourd’hui une zone de prédilection et d’influence multidimensionnelle. L’adoption d’Internet dans notre quotidien, nous astreint à assister, parfois impuissants, à une métamorphose spectaculaire d’un réseau de transmission de données entre des ordinateurs, vers un espace, sans frontières, de confrontation géopolitique capable d’influencer sur le processus de développement des pays, d’influencer des élections d’Etats souverains et basculer des sociétés dans le chaos. L’hégémonie de certaines puissances dans ce secteur et leur pouvoir grandissant fait que le concept de souveraineté numérique s’est imposé comme une fatalité dans des domaines aussi divers que variés. L’auto-détermination informationnelle à différentes échelles : individuelle comme pour la protection des données personnelles, nationale avec la souveraineté des Etats dans le cyberespace, et transnationale avec la défense des intérêts économiques et politiques, est une notion vitale pour la survie d’une nation. L’Algérie en tant que pays émergent, n’échappe pas à cette évidence. Depuis quelques années, le pays a entamé un cap dans son développement où l’apport des nouvelles technologies de l’information et de la communication est un impératif dans le processus de croissance économique. Ce nouvel environnement technologique s’est imposé, conséquence d’une globalisation souvent au désavantage des pays du Sud, comme une stratégie « à mettre au service du développement global et durable de notre continent, riche de ses capacités d'innovation et de ses énergies humaines créatrices. » Et c’est dans cette stratégie, que l’Algérie a initié le mégaprojet de la « Dorsale transsaharienne à fibre optique » qui s’inscrit dans le cadre de l’initiative du nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique « NEPAD » reliant six pays : l’Algérie, le Niger, le Nigeria, le Tchad, le Mali et la Mauritanie. Cette dorsale est également une prouesse fondamentale de grande valeur qui vient appuyer les initiatives de complémentarité dans le continent africain notamment les pays frontaliers de l’Algérie. Il a pour objectif de contribuer aussi à réduire les déséquilibres de développement dans les pays africains à travers l’encouragement de l’innovation parmi les jeunes non connectés à internet auparavant, pour leur permettre de promouvoir leurs produits et services dans le monde, et répondre ainsi aux objectifs 9 et 10 du développement durable définis par l’ONU dans son plan d’action 2030.

El Moudjahid

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