Les cours du pétrole ont nettement décroché. Le baril de brent, référence européenne, a perdu 3,22% pour s'établir à 87,12 dollars. Même tendance pour le WTI, la référence américaine.
Sur la semaine, le recul du brut avoisine les 10%, «sur fond de perspectives économiques de plus en plus sombres et d'une recrudescence des cas de Covid en Chine», commente Craig Erlam, analyste d'Oanda. Côté experts, on explique ce recul par la force du dollar américain mais aussi par les prévisions de récession aux États-Unis annoncées par la banque JPMorgan. En effet, l'institution table ainsi sur une anémie économique dans la première puissance mondiale à partir de l'année prochaine. L'éventuelle situation pourrait ainsi peser sur la demande de brut. Les analystes de Commerzbank, eux, ont indiqué que le marché garde en tête «la préoccupation liée à la demande» chinoise, sur fond de flambée des cas de coronavirus, «qui rendent peu probable l’allégement des restrictions sanitaires». Bien que l'embargo européen sur l'or noir russe approche à grands pas, le marché s'inquiète de la demande chinoise. La recrudescence de la Covid fait craindre de nouvelles restrictions sanitaires qui auraient un effet négatif sur la consommation de pétrole. Les cas de la Covid en Chine ont presque atteint leur plus haut niveau depuis le début de la pandémie. Aussi, d'après Bloomberg News, l'administration américaine a l'intention d’avertir «en privé» les représentants permanents de l'Union européenne (UE) avant la réunion prévue mercredi prochain, 23 novembre, de cette proposition du G7. Ce dernier compte mettre en œuvre, à partir de décembre, un plafonnement du prix du pétrole russe et encourage une «large coalition» de pays à y participer. Rappelons qu’un peu plus tôt dans la semaine, l'Organisation de pays exportateurs de pétrole (Opep) avait revu à la baisse ses prévisions de croissance de la demande. L'agence internationale de l'énergie va dans le même sens dans son rapport mensuel sur le pétrole. L’AIE cite une série d’écueils dont «la faiblesse persistante de l'économie chinoise, la crise énergétique en Europe, un dollar fort, tout cela pèse lourdement sur la consommation». En parallèle, l'offre devrait chuter pour le reste de l'année après avoir augmenté en octobre. Non seulement l'Opep et ses alliés ont l'intention de réduire leur production pour limiter les risques de surplus, mais en plus l'embargo européen sur le pétrole russe doit entrer en vigueur le 5 décembre prochain.
Fouad Irnatene