À la veille de la réunion de l’Opep+, le prix du baril ne recule pas. Les nouveaux développements en Iran et au Moyen-Orient impactent le prix à la hausse, le plaçant à des niveaux très élevés. Dans la matinée d’hier, le Brent était à 109.03 dollars et le WTI se situait au- dessus, affichant 111.5 USD.
Cette rencontre des huit membres du cartel élargi, devrait porter sur la fixation des quotas de production pour le mois de mai. Contacté par El Moudjahid, Patrice Geoffron, directeur du Centre de géopolitique de l’énergie et des matières premières (Paris) estime que la réunion d’aujourd’hui «place l’organisation face à un paradoxe», indiquant que l’Opep+ «avait acté, en mars, une hausse de 206.000 barils/jour pour avril, mais tant qu’Ormuz reste fermé, ces volumes supplémentaires sont en grande partie inexportables». Pour le spécialiste en questions énergétiques, «approuver une nouvelle hausse serait un pari sur une résolution rapide du conflit ; geler la production resterait la posture la plus prudente». À ses yeux, «la question des surproductions irakiennes et kazakhstanaises risque, par ailleurs, de compliquer tout accord collectif». Pour l’universitaire, les déclarations de Trump d’«anéantir» l’île de Kharg - principal terminal d’exportation iranien - et d’y déployer des forces américaines pour «prendre le pétrole», alimentent une «volatilité extrême».
Chaque intervention présidentielle, explique M. Geoffron, «fait osciller les cours de plusieurs dollars, en quelques heures. Si Kharg était effectivement frappé, un Brent à 150-200 dollars ne relèverait plus du seul scénario catastrophe. À l’inverse, tout signal diplomatique sérieux ramènerait rapidement les prix vers 80-90 dollars». Au sujet du prix du baril, le directeur du Centre de géopolitique de l’énergie et des matières premières (Paris) souligne que la flambée des prix pétroliers, depuis fin février 2026, résulte, avant tout, de la fermeture du détroit d’Ormuz par l’Iran, qui perturbe près de 20% des approvisionnements mondiaux. Le Brent, explique-t-il, «a progressé d’environ 40% en un mois, pour frôler les 110-115 dollars, tandis que le WTI a bondi de plus de 10% en une seule séance, le 2 avril». Rappelons, dans ce registre, que lors de sa dernière réunion, le 1r mars, l’Opep+ a convenu d’une légère augmentation de la production de 206.000 barils par jour (bpj) pour avril, après avoir maintenu sa production stable, au premier trimestre, en raison des craintes de surproduction, au moment même où la guerre israélo-américaine contre l’Iran commençait à perturber les flux pétroliers en provenance de membres clés du groupe au Moyen-Orient.
À propos de la réunion, le cabinet de conseil Energy Aspects s’attend, quant à lui, à ce que le groupe annonce une nouvelle augmentation de 206.000 bpj, pour mai. «Mais, souligne Richard Bronze, cofondateur du cabinet, cela reste purement théorique tant que les perturbations liées au détroit d’Ormuz persistent», D’autre part, informe le site https://www.vietnam.vn/fr/, «l’OPEP a enregistré une forte baisse de sa production de pétrole brut, en mars 2026, de 7,3 millions de barils par jour, par rapport au mois précédent, ramenant l’offre totale du bloc à 21,57 millions de barils par jour». Il s’agit, a précisé la même source, «du niveau de production le plus bas enregistré par l’Organisation depuis le pic de la pandémie de la Covid-19, témoignant de graves perturbations de la chaîne d’approvisionnement énergétique mondiale».
F. I.