L’Opéra d’Alger Boualem Bessaih a accueilli, jeudi soir, l’un des rendez-vous artistiques les plus marquants de la saison culturelle.
Une soirée dédiée aux grands chefs-d’œuvre lyriques et au dialogue algéro-tunisien, placée sous le thème « Illuminations symphoniques », une célébration de la lumière musicale, l’éclat des grandes œuvres du répertoire et le pouvoir du dialogue culturel à travers un concert d’exception, porté par l’orchestre symphonique de l’Opéra d’Alger sous la direction du maestro Lotfi Saidi. La salle affichait complet, réunissant mélomanes avertis, amateurs passionnés et familles venues partager une expérience artistique de haut niveau. Sur scène, les musiciens de l’orchestre symphonique de l’Opéra d’Alger formaient un ensemble d’une remarquable cohésion. Cordes souples et vibrantes, cuivres puissants et percussions maîtrisées composaient une architecture sonore équilibrée et expressive. Sous la baguette précise et sensible de Lotfi Saidi, l’orchestre devenait un véritable organisme vivant, respirant au rythme des œuvres, révélant un travail rigoureux et une profonde maturité artistique.
La présence du ténor tunisien Hassen Doss, a constitué l’un des temps forts de cette soirée. Il a partagé la scène avec des artistes algériens, incarnant ainsi l’esprit de fraternité et d’échange culturel qui a marqué l’ensemble du concert. Cette collaboration a donné au thème « Éclats symphoniques » toute sa dimension humaine et symbolique. La soirée s’est ouverte avec l’Ouverture du Barbier de Séville de Gioachino Rossini, interprétée avec vivacité et élégance, installant immédiatement un climat de fête et de raffinement. Ont suivi les suites 1 et 2 de Carmen de Georges Bizet, portées par une énergie dramatique saisissante, où l’orchestre a su restituer toute la richesse rythmique et émotionnelle de cette œuvre mythique. La Farandole et le Prélude de Carmen ont prolongé ce voyage sonore avec éclat. Les œuvres de Giuseppe Verdi ont occupé une place centrale dans le programme.
La ballade de Rigoletto, La donna è mobile, le prélude de La Traviata, De’ miei bollenti spiriti et le célèbre Brindisi ont été interprétés avec intensité et sensibilité par Hassen Doss, soutenu avec finesse par l’orchestre. L’interprétation de Una furtiva lagrima de Gaetano Donizetti a constitué l’un des moments les plus émouvants de la soirée. Le public a accueilli chaque nuance avant de saluer la performance par une ovation prolongée. Avec Nessun Dorma de Giacomo Puccini, le ténor tunisien a électrisé la salle, offrant une interprétation magistrale, empreinte de force et d’émotion.
Le ténor algérien Billel Sahraoui s’est illustré avec brio dans l’Air du Toréador, imposant une présence scénique affirmée et une projection vocale solide. La soprano Syrine Khiari a, quant à elle, touché le public par son interprétation délicate de Voi che sapete de Wolfgang Amadeus Mozart, alliant finesse, élégance et sensibilité. Le programme, riche et savamment construit, proposait un véritable panorama musical. Aux grandes pages de l’opéra italien et français se sont ajoutées des œuvres populaires et contemporaines. Le duo formé par Syrine Khiari et Hassen Doss dans Time to Say Goodbye de Francesco Sartori a symbolisé l’esprit de partage et de communion artistique. Funiculì, Funiculà de Luigi Denza et O Sole Mio, interprété par le trio, ont apporté une touche festive, chaleureuse et fédératrice. La musique du film Le Parrain, la partie piano, ainsi que les pièces du patrimoine telles que Lamouni Li Gharou Menni et Kattoussat Ermade, ont renforcé le lien entre musique savante et identité culturelle, donnant à la soirée une profondeur particulière et une forte résonance émotionnelle.
La présence d’un artiste tunisien partageant la scène avec des talents algériens, accompagnés par l’orchestre de l’Opéra d’Alger, a donné à cet événement une portée symbolique forte. Elle a illustré, avec élégance, le rôle de la musique comme langage universel, capable de rapprocher les peuples et de construire des ponts durables entre les cultures. Au terme de la soirée, l’enthousiasme du public confirmait le succès total de ce rendez-vous artistique. Ce concert a fait rayonner la musique comme une lumière partagée, porteuse d’émotion, de mémoire et d’avenir pour la scène culturelle algérienne.
S. O.