Sous la douceur d’une nuit ramadhanesque, l’Institut culturel italien d’Alger s’est transformé, mercredi soir, en un véritable écrin musical d’une soirée animée par Wahab Djazouli, dans une atmosphère chaleureuse, où la musique s’est mêlée aux rires, aux pas de danse et aux youyous. Dès les premières lueurs du crépuscule, les invités ont investi les lieux dans une élégance décontractée. Le décor, ouvert sur la mer scintillante, invitait au rêve et promettait un voyage musical hors du temps. La voix profonde et nuancée de Wahab Djazouli a immédiatement capté l’attention des hôtes, en installant une émotion palpable. Très vite, la soirée a pris des allures de fête populaire. Les rythmes algérois se sont enchaînés avec Ya Dzaïr zinek khtef âkli, Dzaïr masha’Allah et Manaârefch we ana sghiyer. Sur la piste improvisée, les convives se sont levés spontanément, entraînés par l’énergie communicative de l’artiste. Les générations se mêlaient, dansant côte à côte, tandis que les applaudissements et les youyous rythmaient chaque refrain. La parenthèse andalouse, ouverte avec Qom tara, a apporté une touche de raffinement, avant un retour aux sonorités algéroises, avec Nasek ya znet lebha. L’orchestre a ensuite surpris le public avec des accents de salsa, transformant l’esplanade en véritable piste de danse sur Ya bnat El-djazaïr. Le chaâbi algérois a naturellement repris ses droits, avec Fi wast kol lebnat, Jet echta ou jet leryah et l’incontournable Dor biha ya chibani, déclenchant une vague de nostalgie et d’enthousiasme parmi les amateurs du genre. Dans un esprit d’ouverture musicale, Wahab Djazouli a offert au public un détour vers la chanson internationale, avec Emmenez-moi, de Charles Aznavour, suivi de Sway, de Michael Bublé, et de Quand je vois tes yeux, de Dany Brillant, accompagnés de rythmes latins qui ont relancé la danse avec entrain. L’émotion a atteint son apogée, avec les titres Assendou et Zwit rwits, du regretté Idir, repris avec ferveur par une foule conquise. La soirée s’est poursuivie avec une élégante fusion de styles hawzi et assimi, à travers El-qalb bet sali, Ana twiri et Ana lik ya lala, avant que les sonorités du malouf et du zandali ne viennent refermer ce voyage musical avec finesse. Organisée, dans le cadre des soirées ramadhanesques, cette rencontre artistique a également été l’occasion de souhaiter la bienvenue à la nouvelle directrice de l’Institut, Paola Cordone. Entre patrimoine musical, ouverture culturelle et convivialité, cette nuit musicale aura offert bien plus qu’un simple concert : un moment de communion festive, où la musique, la danse et la bonne humeur ont uni les invités dans une même célébration.
S. O.