Un colloque scientifique et historique sur la résistance de la grande combattante Lalla Fatma N’Soumeur, intitulé «Lalla Fatma N'soumeur, un modèle de la femme algérienne résistante» a été organisé jeudi dernier au siège de la wilaya de Béjaïa par le Haut Conseil Islamique (HCI) en coordination avec la wilaya de Béjaïa.
Cette rencontre scientifique a été présidée par le professeur Mebrouk Zidelkhir, en présence du secrétaire général du Haut Commissariat à l'amazighité (HCA) Assad Si El Hachemi, du représentant de la grande mosquée d’Alger, du wali, du président de l’APW, des autorités de la wilaya, du recteur de l’université Abderrahmane-Mira et des membres et cadres du HCI, ainsi que d’une sélection de chercheurs et de professeurs. Lors de son intervention, le wali Kamel Eddine Kerbouche a souligné l’importance capitale de telles initiatives scientifiques qui contribuent à ancrer la mémoire nationale et à renforcer les valeurs historiques auprès des jeunes générations, réitérant le soutien des autorités de la wilaya à tous les efforts visant à valoriser le patrimoine historique et culturel national. Le secrétaire général du HCA, Si El Hachemi Assad, s’est longuement attardé sur le combat courageux de la combattante Lalla Fatma N’soumeur face aux troupes colonialistes. Si El Hachemi a souhaité coordonner, à l’avenir avec le HCI, l’organisation de tels événements à travers les wilayas du pays. L’orateur a également appelé à élaborer un lexique des femmes combattantes et moudjahidate algériennes qui ont fait face au colonialisme avec courage et abnégation. Le président du HCI, Mabrouk Zidelkhir, qui a ouvert les travaux du colloque, a souligné «l’importance de cette journée d’étude qui met en lumière l’une des figures féminines les plus marquantes de l’histoire de l’Algérie, la moudjahida Lalla Fatma N’soumer, considérée comme un symbole de la résistance, de la ténacité et du sacrifice pour la patrie. Une résistance qui marque très fort l’engagement des combattantes algériennes à travers la mise en valeur du rôle pionnier de la femme algérienne aux différentes époques de l’histoire». Ainsi, «Fadhma Sid Ahmed Ou Méziane», communément appelée Lalla Fatma N’soumer, est née en 1830 à Ouerdja dans la région d’Aïn El Hammam (wilaya de Tizi Ouzou) et morte en 1863 à Tablat, est une figure du mouvement de résistance algérien au cours des premières années de la colonisation de l’Algérie par la France de 1854 à juillet 1857, elle mène une résistance contre les Français. Capturée par les forces françaises, elle est emprisonnée jusqu'à sa mort six ans plus tard. Son père est le chef d’une école coranique dans une zaouïa où elle suit l’enseignement habituellement réservé aux garçons. Fatma s’impose progressivement dans le monde de la médiation et de la concertation politico-religieuse. Forte de sa lignée, elle exerce une grande influence sur la société kabyle. En 1849, accompagnée de son frère Sidi Tahar, avec qui elle se rend au village de Soumeur, Lalla Fatma N'soumeur entre dans la résistance et se rallie à Si Mohammed El-Hachemi, qui participe à l’insurrection du cheikh Boumaza. En 1850, elle soutient le soulèvement du cheikh Boubaghela venu de la région des Babors. En 1854, elle remporte sa première bataille face aux forces françaises à Tazrout. Le 11 juillet 1857, Lalla Fatma est arrêtée. Le conférencier Ouatmani Settar, professeur d’histoire à l’université de Béjaïa, a abordé «la résistance particulière de cette femme qui est inégalée car elle incarnait surtout un courage à mobiliser les femmes algériennes pour se placer derrière les hommes combattants en apportant tout le soutien afin de résister dans leur combat face aux troupes coloniales. Dans son village, les gens la voyaient comme une sorte de protection.
Elle est arrêtée dans le village Takhlijt entouré de femmes. Les Français l’ont exilée parce qu’elle jouait un grand rôle dans la résistance. C’est pratiquement la seule femme résistante exilée durant la période coloniale».
M. L.