Visite de travail et d’amitié de Mme GIorgia Meloni à Alger - Crise énergétique et recompositions géopolitiques : Les enjeux d’une visite très attendue

Cette visite intervient dans un contexte international marqué par des tensions persistantes accentuant les déséquilibres sur les marchés énergétiques mondiaux. Dans ce cadre, l’Italie continue de s’appuyer sur l’Algérie, qui s’est imposée comme un partenaire fiable dans l’approvisionnement en gaz naturel.

Dans un contexte international marqué par des recompositions géopolitiques et énergétiques, la visite officielle de la cheffe du gouvernement italien, Giorgia Meloni, revêt une importance stratégique, en ce qu’elle vise à donner une nouvelle impulsion à un partenariat bilatéral en pleine densification. Si la coopération énergétique en constitue l’un des piliers majeurs, notamment à travers le rôle structurant du gaz naturel dans les échanges entre les deux pays, la visite ambitionne avant tout d’élargir et de consolider les bases d’une relation globale, fondée sur la complémentarité économique et la convergence des intérêts. Elle s’inscrit ainsi dans une démarche visant à renforcer les équilibres du partenariat, tout en ouvrant de nouvelles perspectives de coopération dans plusieurs secteurs clés. Dans ce cadre, les objectifs de cette visite portent sur l’approfondissement du dialogue politique, la consolidation des échanges économiques et l’encouragement des investissements croisés. Cette visite intervient également dans un contexte international marqué par des tensions persistantes et des incertitudes sur les marchés de l’énergie. La fermeture du détroit d’Ormuz au Moyen-Orient, un passage stratégique par lequel transitent environ 20% de la production mondiale de pétrole, accentue les déséquilibres sur les marchés énergétiques mondiaux. Dans ce cadre, l’Italie continue de s’appuyer sur l’Algérie, qui s’est imposée comme un partenaire fiable dans l’approvisionnement en gaz naturel. Au-delà de cette dimension, les échanges entre Alger et Rome s’inscrivent dans une dynamique de coopération élargie, portée par une intensification des relations économiques et industrielles. Les discussions entre le groupe Sonatrach et la société italienne Eni se poursuivent en vue du renouvellement des contrats de fourniture à long terme arrivant à échéance en 2027, avec pour objectif d’adapter les modalités de partenariat aux évolutions du contexte international et aux besoins du marché. En parallèle, le recours au gaz naturel liquéfié s’inscrit dans une logique de flexibilité accrue, permettant d’ajuster les approvisionnements en fonction des fluctuations de la demande. Sur le plan des échanges commerciaux, les relations algéro-italiennes ont atteint 12,98 milliards d’euros en 2025. Selon les données de l’agence italienne Agenzia Nova, les exportations italiennes vers l’Algérie se sont établies à 3,2 milliards d’euros, en hausse de 13,8 % par rapport à 2024, tandis que les importations italiennes ont reculé à 9,78 milliards d’euros (-12,9 %), dont 8,1 milliards d’euros liés au gaz naturel, représentant environ 83 % du total. Au cours des dernières années, l’Algérie s’est affirmée comme un partenaire économique et énergétique de premier plan pour l’Italie, en particulier depuis les recompositions des circuits d’approvisionnement européens. Cette relation repose sur des mécanismes structurés de coopération et sur une volonté commune d’inscrire les échanges dans une dynamique durable, à même d’accompagner les mutations économiques et industrielles des deux pays. À ce sujet, l’expert en économie, Brahim Guendouzi, a indiqué que la «coopération algéro-italienne est en train d’entrer dans une nouvelle phase qualitative, marquée par un approfondissement du partenariat et une dynamique accrue des investissements». Cette évolution s’inscrit notamment dans le cadre de projets structurants dans le domaine énergétique, à l’image du corridor «SoutH2», dédié au transport de l’hydrogène vert entre l’Algérie et l’Europe via l’Italie, a-t-il dit. Soulignant qu'«au-delà de l’énergie, cette nouvelle étape est également caractérisée par un renforcement des consultations politiques autour de la conjoncture internationale et régionale, ainsi que par une évaluation des actions déjà menées par les opérateurs économiques des deux pays». Dans cette perspective, il ajoute que «les deux parties cherchent à capitaliser sur les acquis existants tout en identifiant de nouvelles opportunités de coopération, tant sur le plan commercial qu’industriel». Et ce, afin de consolider un «partenariat stratégique appelé à se diversifier davantage dans les années à venir», a-t-il conclu.

Au-delà de la seule question énergétique, Alger et Rome cherchent à inscrire leur coopération dans une dynamique plus globale et durable.

S. B.

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Au-delà du gaz : Un partenariat très diversifié

Les relations entre l’Algérie et l’Italie connaissent une dynamique particulièrement soutenue, portée par une volonté commune de consolider un partenariat stratégique multidimensionnel. Au-delà des échanges traditionnels, les deux pays s’emploient à diversifier et approfondir davantage leur coopération dans plusieurs domaines clés. Sur le plan politique, le dialogue entre Alger et Rome se distingue par sa régularité et sa convergence de vues sur de nombreuses questions régionales et internationales. Les consultations de haut niveau se multiplient, traduisant une confiance mutuelle et une coordination accrue, notamment en matière de stabilité en Méditerranée, de gestion des flux migratoires et de promotion du multilatéralisme. La coopération économique, quant à elle, tend à s’élargir à de nouveaux secteurs à forte valeur ajoutée. Les autorités des deux pays encouragent les investissements croisés et le développement de partenariats industriels, notamment dans les domaines des infrastructures, de l’agroalimentaire, de l’industrie pharmaceutique et de l’innovation. Il convient de préciser, dans ce sillage, que dans une logique de partenariat gagnant-gagnant, le secteur automobile constitue un axe stratégique de coopération et d’investissement, illustré notamment par l’implantation de l’usine Fiat à Oran à l’ouest du pays. Parallèlement, d’autres filières industrielles offrent des perspectives tout aussi porteuses, à l’image de la sidérurgie ainsi que l’exploitation du marbre et des pierres ornementales. À cet égard, un accord conclu en juillet dernier entre l’Agence italienne pour le commerce extérieur et Sonarem-Ettakwine, spécialisée dans la formation, prévoit la création d’un centre algéro-italien dédié au développement des compétences dans les métiers du marbre. Les technologies de l’information et de la communication (TIC) figurent également parmi les axes prometteurs de la coopération algéro-italienne, avec un intérêt croissant pour le développement des infrastructures numériques, l’innovation et le transfert de savoir-faire. Par ailleurs, la formation professionnelle constitue un levier stratégique de ce partenariat, à travers la mise en place de programmes conjoints visant à renforcer les compétences en favorisant ainsi l’employabilité des jeunes. L’Italie figure parmi les partenaires commerciaux de premier plan de l’Algérie, tandis que les entreprises italiennes manifestent un intérêt croissant pour les opportunités offertes par le marché algérien. Et dans ce contexte, le patronat algérien, à travers le Conseil du renouveau économique algérien (CREA), s’emploie activement à renforcer les passerelles avec ses homologues italiens. En multipliant les rencontres d’affaires et les forums bilatéraux, le CREA met en avant les atouts du climat d’investissement en Algérie ainsi que les réformes engagées dans notre pays, aux fins d’en améliorer l’attractivité. Il offre ainsi aux entreprises italiennes de réelles perspectives d’investissement, notamment dans l’industrie, les services et les projets structurants. Par ailleurs, les échanges culturels et humains constituent un pilier essentiel de cette relation. Les initiatives visant à promouvoir la langue, le patrimoine et la coopération universitaire se multiplient, contribuant à renforcer les liens entre les sociétés civiles. Les programmes d’échanges académiques et les projets conjoints dans le domaine de la recherche témoignent d’une volonté partagée d’investir dans le capital humain.

S. G.

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La coopération s’étend au domaine militaire

La coopération bilatérale s’étend également au domaine militaire. À ce titre, la visite en Italie, en 2024, du Général d’Armée Saïd Chanegriha, Chef d’Etat-Major de l’Armée nationale populaire, reflétait «le niveau d’excellence» atteint par la coopération militaire entre les deux pays. Une coopération fondée sur la confiance et la convergence de vues stratégique. Il faut dire que l’amitié entre l’Algérie et l’Italie est une épopée tissée au fil des décennies, marquée par des moments de solidarité indéfectible et une contribution historique. Cette alliance s’est enracinée dans le passé, se nourrissant de l’engagement de l’Italie durant la guerre de Libération nationale, et s’est renforcée dans les moments les plus sombres de l’histoire algérienne.

M. A. O.

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